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mardi 17 juillet 2018

Conte oriental par Michèle MAZEL



CONTE ORIENTAL

La chronique de Michèle MAZEL



Karim et son père

C’est une histoire qui se passe au soleil d’Israël. Un fait divers comme il y en a hélas un peu partout dans le monde. Un gamin de sept ans est kidnappé en plein jour de la maison de ses parents (rassurez-vous l’histoire finit bien.) L’affaire fait grand bruit. La presse s’émeut, la frimousse d’un petit garçon rieur fait la une de tous les quotidiens et des journaux télévisés. Les forces de l’ordre se mobilisent et une vaste chasse à l’homme se déclenche.



Vidéo du rapt


Il ressort très vite qu’il ne s’agit pas d’un rapt à caractère politique. La vérité est plus sordide :  une sombre histoire d’argent que les parents du gosse n’auraient pas payé ; las d’attendre, le créditeur aurait décidé d’employer les grands moyens : «Vous voulez votre fils, moi je veux mes sous. Faisons affaire. En attendant je le garde en otage». Informée, la police arrête l’homme soupçonné d’être le commanditaire de l’opération et trois de ses comparses. Il jure ses grands dieux qu’il est innocent mais la justice décide de son maintien sous les verrous.
Problème : nul ne sait où est retenu l’enfant. Ce qui donne un aspect particulier à cet épisode, c’est que la famille de l’enfant habite à Qalansawe, un gros bourg peuplé d’Arabes israéliens. Bref, la famille, le commanditaire putatif et les ravisseurs sont tous des Arabes israéliens. Tout laisse à penser dès le premier jour que lesdits ravisseurs ont «mis l’enfant en sécurité» et hors d’atteinte de la police israélienne - dans les territoires de l’Autorité palestinienne dont la frontière se situe à deux pas.
Député Ayman Odeh leader de la liste arabe

C’est alors qu’interviennent des intermédiaires inattendus – arabes eux aussi - dont certains appartiennent à un milieu pas très recommandable mais qui cherchent à mettre rapidement fin à cet épisode – soit par bonté de cœur, soit parce que l’omniprésence des policiers nuit à leurs activités et aux trafics qui ont lieu plus ou moins ouvertement de part et d’autre de la frontière. Alors que des négociations feutrées se déroulent en coulisse, le chef de file des députés de la liste arabe unie se rend sur place pour organiser une «manifestation spontanée» et se livre devant les caméras de télévision à une diatribe enflammée contre les autorités israéliennes qui ne font rien à ses dires : «S’il s’agissait d’un juif, s’exclame-t-il, toute la police serait à la manœuvre, des hélicoptères sillonneraient le ciel».


Manifestation à Qalansawe

Il sait pourtant, comme le savent les parents et tous les habitants de la ville – ainsi bien évidemment que les services de police – que le jeune Karim – c’est son nom – ne se trouve pas en Israël ; d’ailleurs son père est parti à Ramallah discuter avec les dirigeants palestiniens et demander leur intervention. Quant à la mère, interviewée par une chaîne de télévision israélienne, elle ne critique en rien les Israéliens et se déclare convaincue qu’ils font de leur mieux.  La manifestation tourne court.

En fin de compte les efforts conjugués de la police, des agents du Shabak – la célèbre agence de sécurité israélienne – et des hommes de bonne volonté portent fruit et moins de trois jours après son enlèvement le gamin retrouve ses parents. La suite appartiendra aux tribunaux. Quant au député si combatif, il ne lui viendra sûrement pas à l’idée de présenter des excuses.  Verrait-il d’un mauvais œil ce bel exemple de coopération parfaitement apolitique entre Juifs et Arabes israéliens ?

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Où on nous montre qu'un conte oriental peut être aussi, un conte moral.

MG a dit…

Ayman Odeh est dans son rôle avec sa parfaite mauvaise foi. C'est même pour cela qu'il a été élu. A souligner que les médias n'ont pas incriminé Sara Netanyahu. Seraient-ils en train de baisser leur garde ?