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dimanche 24 juin 2018

Wauquiez personnifie la droite la plus bête du monde


WAUQUIEZ PERSONNIFIE LA DROITE LA PLUS BÊTE DU MONDE
Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps
          

          Nul ne comprend l’acharnement de Laurent Wauquiez à bouder les grands leaders des Républicains ou à les décourager de le rejoindre. Les grandes figures, à l’instar de Valérie Pécresse, d’Alain Juppé, de Christian Estrosi ou de Xavier Bertrand, n’ont pas quitté les LR mais ne participent plus aux délibérations. Ils se sont mis en réserve du parti en attendant des jours plus glorieux. Certes Wauquiez a été élu démocratiquement, à une forte majorité, mais il n’est pas Nicolas Sarkozy pour incarner à lui-seul les Républicains. Homme brillant intellectuellement, premier en tout dans les Universités, il s’avère être un piètre politique, imbus de sa personne.




            Le résultat de la présidentielle et l’échec de François Fillon le hantent et il a tiré les conclusions qu’il devait s’éloigner des éléments modérés du parti pour tailler dans l’électorat du Front National, le seul dans lequel il peut puiser des militants pour se refaire une santé. Il veut faire comme Mitterrand qui a asséché le parti communiste au profit du parti socialiste. Mais n’est pas Mitterrand qui veut.
            Il veut aussi s’inspirer de la stratégie de Nicolas Sarkozy qui avait investi, dans les années 1990, le RPR après avoir trahi et laissé des cadavres sur son passage. Les amis de Jacques Chirac avaient été écartés et les Barons du gaullisme renvoyés à leurs souvenirs tout en commençant à chasser sur les terres de l’extrême-droite sous l’influence de son conseiller, Patrick Buisson, l’ancien frontiste. Sarkozy avait détruit le vieux RPR pour mieux le faire ressusciter sous sa férule, après avoir écarté les concurrents potentiels afin de se hisser au poste suprême. 

Certains avaient jaugé Wauquiez au départ et c’est pourquoi ils s’étaient éloignés de la gouvernance ; ils avaient compris que c’était un «tueur». La preuve, l’élimination manu militari de Virginie Calmels, naïve en politique, experte en télé-réalité, et qui a donc cru à ses histoires de fées. Elle était persuadée qu’elle pouvait rassembler toutes les sensibilités et toutes les classes sociales pour faire revivre le parti gaulliste alors qu’une grande majorité de son électorat s’est ralliée à Macron, bien installé au centre-droit.
Laurent Wauquiez et Laurence Trochu, présidente du mouvement Sens commun

Elle croyait pouvoir marier le gaullisme et le populisme et faire cohabiter les ultra-catholiques de «sens commun» avec la bonne bourgeoisie française multiculturelle, devenue au fil du temps moins calotine. Il est difficile de s’inspirer des thèses du FN alors que les électeurs préfèrent l’original à la copie. Wauquiez n’a pas suffisamment fait ses preuves dans ce milieu extrême pour convaincre les frontistes de le rejoindre.
Virginie Calmels s’est trompée en tout point en voulant gérer un parti comme on gère une entreprise. Les LR ne sont pas dirigés par un Conseil d’Administration qui décide collégialement mais représentent une institution avec un chef unique et omnipuissant, qui a droit de vie et de mort politique sur ses militants. Elle s’est suicidée politiquement en contestant en public la stratégie du leader du parti, jusqu’à mettre en évidence son isolement et son manque d’autorité. Elle l’a poussé à l’ultime mesure vexatoire, le licenciement sans préavis et la mise dans un carton de ses affaires personnelles comme cela se fait dans le monde des affaires. Certains en viennent à penser qu’elle a volontairement provoqué le clash car elle avait finalement compris qu’elle n’avait plus prise sur le chef du parti.



Elle savait pourtant qu’elle avait des atouts personnels pour Wauquiez. Une mixité au sommet avec une femme «neuve» en politique et moderne qui lui apportait une bonne crédibilité ; une proximité avec les juppéistes dont une grande partie a choisi le camp de Macron, et enfin et surtout une connaissance du monde des dirigeants d’entreprises tentés d’adouber Macron. Elle n’avait pas encore atteint le degré de maturité politique pour être une concurrente, mais en devenant une victime, elle a gagné ses galons de femme politique avec qui il faudra compter dorénavant. Pire, elle pourrait rejoindre le camp des ennemis de Wauquiez au sein des Républicains.


Les vrais hommes politiques, qui ont le cuir tanné, réfléchissent avant de s’emporter. Ils arrivent toujours à transformer un revers politique en une victoire. La décision brutale de Wauquiez montre qu’il a beaucoup à apprendre, ce qu’on n’apprend pas à Normale Sup ni à l’ENA, mais dans les antichambres des ministères. Calmels pourrait devenir la NKM de Wauquiez qui avait savonné la planche de Sarkozy pour le faire perdre aux primaires. Wauquiez a tort de croire qu’il a affaire à une «petite» ennemie parce que la victoire ne peut être qu’au bout du chemin du rassemblement de toutes les tendances. D’ailleurs Sarkozy l’a compris en appelant ces jours-ci Wauquiez à l’union. Mais il est difficile de convaincre un homme habitué aux trahisons, comme celle à l’égard de son mentor centriste Jacques Barrot.
Peu d’observateurs politiques misent aujourd'hui sur son avenir politique au sein d’une droite toujours à la recherche de son leader charismatique et de son programme innovant. Face à la droite la plus bête du monde, Emmanuel Macron a encore beaucoup de bons jours devant lui. 
      

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Le problème du président Macron, à qui vous voyez encore "de beaux jours devant lui", ne viendra pas de Wauquiez, qui déjà ne représente plus que lui-même et un dernier carré de fidèles, pour combien de temps encore ? Il viendra de "ces gens qui ne sont rien", qu'il se plaît à humilier les traitant soit d'illettrés, soit d'alcooliques et même de fainéants - ces Français - à qui il veut faire partager son mépris pour les "mâles blancs" multipliant les déclarations dans ce sens. A Jean-Louis Borloo qui lui présente un nouveau plan-banlieue, n'a-t-il pas dit : "Que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s'échangent l'un un rapport, et l'autre disant "on m'a remis un plan, je l'ai découvert. Ce n'est pas vrai. Cela ne marche pas comme cela."
Alors, comment cela pourra-t-il marcher ? Si les "mâles blancs" sont discrédités pour trouver les solutions pour ramener les territoires perdus de la République dans la République, qui devra s'en charger ?
Et Barbara Lefèbvre, professeur d'histoire-géographie et essayiste, dans un article de Valeurs Actuelles de dire : "L'élément de langage "racisé" du Président indique l'action de sa politique. Il nous dit que la France doit opter pour le tribalisme racialiste car ici ou là la sécession est actée."
Eh bien, cette politique-là, les Français ne l'accepteront jamais !

Très cordialement.

Elizabeth GARREAULT a dit…

Bien pour l'analyse. Un seul bémol, madame Calmels est peu connue, n'a pas de troupes ni d'ancrage territorial. Je crains fort pour elle et son avenir politique. À mon sens, tu surestimes son pouvoir de nuisance. Cela dit, il est clair que Wauquiez s'est tiré une balle dans le pied mais entre sa droite qui louche vers Le Pen et son centre qui trouve Macron très bien, son électorat est bien mince.