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mardi 12 juin 2018

Quand le ballon ne tourne pas rond par Michèle MAZEL



QUAND LE BALLON NE TOURNE PAS ROND

La chronique de Michèle MAZEL

                 
Lionel Messi

          Tous les billets avaient été vendus ; autobus, autocars et même trains supplémentaires devaient conduire les supporters au célèbre stade Teddy Kollek de Jérusalem, le samedi 9 juin. Israël attendait Messi mais Messi ne viendra pas. Que voulez-vous, un artiste de ce talent ne peut pas prendre de risques, à quelques jours de la coupe du monde de football qui s’ouvre le 14 juin.



Stade Teddy Kollek

            Quels risques ? Sur ce point les avis divergent. Pour les uns, Messi aurait reçu des menaces de mort ; pour les autres, ce sont ses proches qui auraient été visés ; pour d’autres enfin, c’est la pression – purement morale à leurs dires – des Palestiniens et de leurs partisans de par le monde qui a fait revenir le joueur de l’équipe d’Argentine à de meilleurs sentiments : accepter de participer à un match amical avec l’équipe d’Israël à Jérusalem serait cautionner la prétention des sionistes à y voir leur capitale.  
            Si le match avait été programmé dans une autre ville, il n’y aurait donc pas eu de problème ? Rien n’est moins sûr. À l’annonce du match, le Comité argentin de solidarité avec la Palestine, affilié au mouvement BDS, avait adressé toutes affaires cessantes une supplique à la Fédération argentine de Football où elle écrivait notamment : «Nous appelons l’Argentine à ne pas jouer en Israël». Bref, Israël attendait Messi mais Messi ne viendra pas. 
            Le journal l’Équipe qui ne fait pas de politique, comme on le sait, a annoncé ainsi la nouvelle dans son édition du 6 juin : «Le match de préparation au Mondial entre Israël et l’Argentine prévu samedi à Jérusalem a été annulé suite à l’appel de la Fédération palestinienne. Elle avait demandé à Lionel Messi de ne pas y participer, craignant une récupération politique de l’Etat hébreu». Vous avez bien lui : tenir ce match à Jérusalem pourrait faire l’objet d’une récupération politique.

            Ce ne sont donc pas les maillots ensanglantés aux couleurs de l’Argentine, agités par les protestataires, ou les menaces proférées à l’encontre de l’équipe qui ont conduit à l’annulation du match, mais le sens politique bien connu des joueurs de football de l’équipe. Evidemment, c’est plus facile à accepter ainsi. Il ne faut donc pas s’attendre à voir les commentateurs sportifs condamner en termes vigoureux l’utilisation de moyens de pression inadmissibles pour faire annuler une sympathique manifestation sportive.  
            Pour la petite histoire et pour tous ceux qui ont la mémoire courte ou ne suivent pas de près les avatars du football, il convient de souligner tout de même qu’il y a tout juste vingt ans, le 15 mai 1998, l’équipe nationale d’Argentine avait rencontré l’équipe nationale d’Israël à Jérusalem, dans ce même stade Teddy Kollek. Devant des supporters enthousiastes et incrédules et au terme d’un match épique c’est Israël qui avait remporté la victoire par deux buts à un. 
            Faut-il le dire, Israël a fait de Jérusalem-Ouest sa capitale depuis 1948 et c’est de plus dans la partie ouest de la ville que se trouve le stade Teddy Kollek. Il n’a pas changé d’emplacement depuis. Comment alors expliquer ce revirement ? En cherchant bien, des commentateurs ont trouvé. À l’époque, les Etats-Unis n’avaient pas transféré leur ambassade à Jérusalem ! On pourrait aussi ajouter qu’à l’époque personne n’avait menacé de mort les joueurs de l’équipe d’Argentine.  

3 commentaires:

Georges KABI a dit…

Je ne sais pas qui a pris la decision de changer l'emplacement du match. Mais celui ou celle qui a pris cette decision n'a pas pris toutes les consequences de son geste.
Je n'aime pas le foot, mais j'ai tellement d'amis et de connaissances qui sont fanatiques sur cela que cela me fait de la peine pour eux.

Marianne ARNAUD a dit…

Sans vouloir vous offenser, attendre un Messi qui ne vient pas, c'est un peu une habitude en Israël, non ?

Michelle Mazel a dit…

Et vous croyez que je n'y avais pas pensé?