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mercredi 13 juin 2018

L'immobilité algérienne par Dov ZERAH



L’IMMOBILITÉ ALGÉRIENNE

Le point économique de Dov ZERAH




Après des années difficiles, la remontée des cours des hydrocarbures constitue une bouffée d’oxygène pour une économie algérienne en difficultés. Pour rappel, le prix du pétrole brut a baissé de 110$/baril en 2013 à 30$/baril fin 2015, avant de remonter régulièrement, malgré un repli courant 2017, pour atteindre depuis peu les 75$.
L’embellie a entrainé une hausse 25% des recettes pétrolières. Selon les autorités, sur les deux premiers mois 2018, elles se sont élevées à 7,1 milliards$ contre 5,7 sur la même période en 2017.

               Au cours des dernières années, la baisse des rentrées pétrolières a été le résultat de la combinaison de deux reculs, celui des prix, et celui de la production, en baisse régulière depuis 2013, de 1,17 millions de barils/jour à 1,05 en 2017. Représentant plus de la moitié des ressources budgétaires et 95% des exportations, la baisse des cours a creusé le déficit budgétaire et diminué les réserves de changes du pays. 
Comme la quasi-unanimité des pays pourvus en hydrocarbures, l’Algérie est victime de la malédiction du pétrole. Depuis la première découverte d’hydrocarbures, il y a soixante ans, cette bénédiction du sous–sol a entrainé la facilité collective, n’a pas permis une véritable diversification de l’économie…sans insister sur les prédations diverses et variées. Au lieu d’assurer un développement pérenne de l’économie, le pays a subi les évolutions du prix des hydrocarbures.

N’oublions pas que ce grand pays de près de 2,4 millions de km² n’est pas uniquement riche en hydrocarbures ; il dispose aussi, nonobstant la partie désertique, de très grandes capacités agricoles qui en faisait «le grenier de l’empire romain».
Pour faire face à la baisse des ressources budgétaires, les autorités ont fait marcher la planche à billets, ce qui a entrainé inflation et dépréciation du dinar algérien. Cela explique l incitation du Fonds monétaire international (FMI) à :
-        Cesser le financement monétaire des déficits publics, et recourir à l’emprunt sur les marchés internationaux, ce que l’Algérie rechigne à faire pour ne pas aliéner son indépendance
-        Profiter du regain des cours pétroliers pour remettre un peu d’ordre dans l’économie.

Il faut en effet conjurer un chômage officiellement à près de 12%, et une inflation à 5% en moyenne annuelle. C’est pourquoi, le FMI recommande :
-        Un assainissement des finances publiques, avec notamment la remise en cause des nombreuses subventions qui permettent de calmer les mécontentements populaires ; sans être exhaustive, la liste est longue, essence, électricité, logement…
-        La conduite de réformes structurelles, avec notamment une plus grande libéralisation de l’économie pour favoriser le développement du secteur privé
-        La remise en cause du marché parallèle des changes, et la limitation des importations.
La conduite d’une telle politique de rigueur est d’autant plus difficile que cette fragile situation économique s’inscrit dans un climat politique délétère. Agé de 81 ans, Abdelaziz Bouteflika est président depuis près de 20 ans. Il y a quelques jours, a couru une nouvelle rumeur de son décès qui a enflammé la toile. Elle a été démentie.
Au-delà de la véracité ou non de cette information, la réalité est que les très rares apparitions du président en public démontrent une mobilité très réduite. Quant à ses capacités intellectuelles, seuls des comptes rendus de diplomates permettent de considérer que ses moments de lucidité sont réduits et son élocution difficile…Cela fait six ans que cela dure…
Comment interpréter et commenter les tentatives de certains proches du pouvoir de pousser à nouveau sa candidature pour les prochaines présidentielles de 2019. En tout état de cause, cette situation crée des incertitudes et nourrit un immobilisme si caractéristique du régime militaire algérien, ce qui est loin d’être positif pour l’économie, et pour satisfaire ses 42 millions d’habitants dont une jeunesse qui n’a pas connu la guerre civile des années quatre-vingt-dix et dont le seul objectif est de quitter le pays. L’Algérie est un des pays au monde connaissant la plus forte émigration.
Eu égard l’ensemble de ces éléments tant politiques qu’économiques, on ne se met à rêver d’une Algérie qui aurait eu une gouvernance plus rigoureuse dans la durée…

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

S'il est question de nous faire rêver, pourquoi évoquer "le grenier de l'empire romain" plutôt que de citer Boualem Sansal qui en 2002 écrivait : "En un siècle à force de bras les colons ont, d'un marécage infernal, mitonné un paradis lumineux. Seul l'amour pouvait oser pareil défi... Quarante ans est un temps honnête, ce nous semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous qui sommes ses enfants."

Et puisque nous en sommes à Boualem Sansal, pourquoi ne pas pousser le rêve encore plus haut, encore plus loin, en publiant cette merveilleuse lettre du 24 mai 2012, adressée à ses : "Chers frères, chers amis, d'Algérie, de Palestine, d'Israël et d'ailleurs " ?

https://www.huffingtonpost.fr/boualem-sansal/je-suis-alle-a-jerusalem_b_1539894.html?ref=france