Après l’affichage du premier article, le chargement des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.

ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


 

samedi 23 juin 2018

La Syrie au ban des nations par Michèle MAZEL



LA SYRIE AU BAN DES NATIONS ?

La chronique de Michèle MAZEL


Assad à Paris 14 juillet 2008

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Comment, la Syrie aurait commis des crimes contre l’humanité ? Ce pays n’est-il pas dirigé par un ophtalmologiste particulièrement clairvoyant qui compte le président Poutine et l’Ayatollah Rouhani parmi ses amis les plus chers ? N’a-t- il pas été reçu avec tous les honneurs par le président Sarkozy qui voyait en lui un partenaire privilégié pour son projet de l’Union pour la Méditerranée ? N’est-ce pas lui qui se trouvait à la tribune officielle au défilé du 14 juillet 2008 à Paris ?  


C’était peut-être avant le début de la guerre civile – mais peu après l’assassinat de Rafik Hariri – ami personnel de Jacques Chirac -  dont beaucoup de commentateurs lui attribuaient la responsabilité. Et voilà qu’en ce mercredi 20 juin 2018, on apprend qu’une commission d’enquête indépendante créée par le fameux Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies - juste avant que les Etats-Unis n’en annoncent leur retrait - affirme que les forces du régime de Damas engagées dans la lutte pour la Ghouta orientale se seraient livrées à des actes qui «s’apparentent à des crimes contre l’humanité !»  
Ce n’est certes pas la première fois que semblables accusations sont portées contre Bachar Assad, mais elles avaient jusqu’ici été repoussées avec succès, la Russie n’hésitant pas à mettre son veto à tous les projets de résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU visant le fidèle allié qui lui a permis de se réimplanter au Moyen- Orient après des années d’absence.  Moscou ne dispose-t-il pas aujourd’hui d’une base navale sur la Méditerranée et d’une base aérienne ?
Al Shayrate

Plusieurs fois montré du doigt pour avoir utilisé l’arme chimique contre son propre peuple, le régime syrien a toujours démenti et a échappé à des sanctions de l’organisation internationale. Exaspérée, la Maison Blanche de Donald Trump avait fait cavalier seul et bombardé en avril 2017 la base syrienne d’Al Shayrate d’où avaient décollé les avions ayant attaqué à l’arme chimique la ville de Khan Sheikhoun.
Un an plus tard presque jour pour jour, Washington Londres et Paris envoyaient leurs missiles sur des cibles à Damas associées au programme chimique syrien  et aux installations de stockage de cet armement interdit pour protester contre l’usage d’armes chimiques à Douma dans la Ghouta orientale dans le cadre des efforts des forces gouvernementales pour reprendre le contrôle de cette région aux mains des rebelles. Volant une nouvelle fois au secours de son allié, la Russie avait alors tenté de faire condamner l’attaque occidentale par le Conseil de Sécurité, mais huit pays ont voté contre et les Etats-Unis n’ont pas eu à faire usage de leur droit de veto. 
Pourtant c’est bien sur les événements de la Gouta orientale et le siège prolongé subi par plus d’un quart de million de civils que portent les conclusions de la Commission d’enquête :  «Par les bombardements généralisés et systématiques de zones et de sites habités par des civils, et le refus permanent d'accès à la nourriture et aux médicaments aux civils assiégés pendant la période donnée, les forces pro-gouvernementales ont perpétré un crime contre l'humanité, par ces actes inhumains causant de graves souffrances physiques et mentales».

Gageons que ces conclusions qui n’ont qu’un effet déclaratoire, n’empêcheront pas le président syrien de dormir sur ses deux oreilles. Et ne nous attendons surtout pas à des démonstrations monstres dans les rues de Paris contre «le boucher de Damas».

1 commentaire:

David a dit…

M. Benillouche, les manifs sont réservées à Israël. Triste privilège !