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mercredi 23 mai 2018

Que sont devenues les "femmes" d'Alain Juppé



QUE SONT DEVENUES LES « FEMMES » D’ALAIN JUPPÉ

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright ©  Temps et Contretemps

            

          Alors que l’élection d’Alain Juppé comme président de la République était pliée pour tous les observateurs, nous avions voulu à l’époque citer les femmes qui participaient à ses côtés à la vie politique française. Elles n’étaient plus des alibis, ni des potiches mais au contraire incontournables au sein des structures politiques. On prédisait aux femmes qui entouraient Alain Juppé un avenir politique de premier ordre, s’il était élu à la présidence. Mais le sort en a voulu autrement. Elles ont toutes suivi une trajectoire politique ou professionnelle différente après la surprise de l’élection d’Emmanuel Macron, parfois loin de la politique.



            Christine Marie Albanel, née le 25 juin 1955 à Toulouse, a suivi des études de lettres à la Sorbonne à Paris puis a obtenu l’agrégation en lettres modernes. Elle devint de 1979 à 1981, l’attachée de presse d’Anne-Aymone Giscard d’Estaing, en tant que chargée de mission au secrétariat général de l’Élysée. Après mai 1981, elle intégra les effectifs de l’enseignement secondaire mais Denis Baudouin la fit venir à l’Hôtel de ville de Paris pour écrire les discours de Jacques Chirac. Elle fit partie du cabinet de Jacques Chirac, nommé premier ministre en 1986, pour continuer à écrire ses discours. Elle rédigea ainsi le discours du Vel’ d’Hiv de juillet 1995 par lequel Jacques Chirac reconnaissait la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs, ainsi que l’hommage à François Mitterrand prononcé au soir de sa mort le 8 janvier 1996. De mai 2007 à juin 2009, elle fut ministre de la Culture et de la Communication dans les gouvernements Fillon I et Fillon II. Elle intégra France Télécom (devenu ensuite Orange) le 1er avril 2010 en tant que directrice exécutive chargée de la communication interne.

            Aurore Bergé, née le 13 novembre 1986 à Paris, est diplômée de l’Institut d'Études politiques de Paris et titulaire d’un master en affaires publiques. Elle a occupé le poste de directrice conseil chez Hopscotch. Élue des Yvelines, conseillère nationale de l’UMP, elle a été charge des enjeux numériques dans la refonte des statuts du parti. Malgré son jeune âge, elle a fait preuve d’une étonnante maturité. Elle voue une admiration à Etienne Pinte, «homme d’une grande humanité, très proche de Philippe Seguin», qui a su voter en faveur de l’IVG et de l’abolition de la peine de mort, contre son parti. Elle s’est levée contre «sa famille» politique pour défendre ce qu’elle croyait juste. C’est véritablement sa prise de position en faveur du mariage gay qui va la propulser sous le feu des projecteurs. Elle brandit son métier de communicante comme «porte-étendard de son indépendance». Elle avait choisi Alain Juppé parce qu’elle était «trop européenne pour accepter que l’on accuse Bruxelles, trop amoureuse de son pays pour tomber dans le déclinisme et le french bashing, trop libérale pour se retrouver dans la défense de rentes de situation et de privilèges». Après la défaite de Juppé, elle a rejoint Emmanuel Macron dès sa campagne électorale et a été élue à l'Assemblée nationale dans la circonscription des Yvelines. Aurore Bergé est membre de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation de l'Assemblée nationale et vice-présidente du groupe d'amitié France-Israël.

            Virginie Calmels, née le 11 février 1971 à Talence (Gironde), chef d'entreprise, ancienne dirigeante des groupes de médis Canal+ et Endémo, est actuellement première adjointe au maire de Bordeaux. Elle est diplômée de l'École supérieure de commerce de Toulouse (promo 93), d'études supérieures comptables et financières (DESCF) en 1994, d'expertise comptable et de commissariat aux comptes en 1998 ainsi que de l'Advanced Management Program (AMP) de l'Institut européen d'administration des affaires (Insead promo 2002). Elle a rejoint Laurent Wauquiez pour devenir première vice-présidente des Républicains et vice-présidente déléguée, numéro-2, depuis décembre 2017, ce qui rendit ses relations conflictuelles avec Alain Juppé.

          Claude Chirac, est née le 6 décembre 1962 à Paris. Elle est la fille cadette de Jacques Chirac et de Bernadette Chirac. Après avoir intégré Sciences Po Paris, elle a fait des études d'économie à l'Université Panthéon-Assas. En 1988, sous la houlette de Jean-Michel Goudard, elle entama chez Euro RSCG une carrière de chef de publicité. En 1989, elle a rejoint son père à sa permanence politique pour le conseiller dans sa fonction de maire de Paris. À partir de mai 1995, elle devient la conseillère en «communication-opinion» de son père, devenu président de la République. Présente dans toutes les manifestations ainsi que dans les déplacements officiels ou privés, elle a eu une influence importante sur le président de la République dans certains choix politiques. En 2007, elle s'était éloignée de Nicolas Sarkozy pour retourner au privé comme directrice de la communication de Kering, fondé par François Pinault, un ami proche de Jacques Chirac. En 2011, elle a épousé Frédéric Salat-Baroux, ancien secrétaire général de la présidence de la République sous Chirac. Son fils Martin Chirac a milité pour En Marche. Claude Chirac s’est éloignée de la politique.

            Marie Guévenoux, née en 1976, titulaire d'un master en communication, est une ancienne attachée parlementaire d'Alain Madelin (président du parti Démocratie libérale). C'est en 2003 que le chemin de Marie Guévenoux a croisé celui d'Alain Juppé. A 26 ans, elle fut choisie pour animer le mouvement des Jeunes populaires de l'UMP. Celle qui avait commencé comme attachée parlementaire d'Alain Madelin puis était passée par les cabinets de Jean-Louis Borloo et de Xavier Darcos, avait reçu une mission stratégique auprès d’Alain Juppé :  organiser la conquête des dons financiers, véritable nerf de la guerre dans la mesure où le parti était est sans le sous. Elle a été élue en 2017 députée La République en marche dans la 9e circonscription de l’Essonne.


            Marie-Laure Harel, née en 1984, plus jeune conseillère de Paris, avait pris position en faveur du mariage homosexuel, en désaccord avec la ligne de son parti. Elle a commencé la politique extrêmement jeune, à 22 ans, en intégrant le cabinet de Nicolas Sarkozy, alors qu’elle n'avait pas bouclé ses études de droit public. Après avoir fait la campagne de 2007 aux côtés de Nicolas Sarkozy, elle intégra le cabinet présidentiel de 2007 à 2012 où elle fut chargée de mission sur l'industrie. En 2008, à 24 ans, elle a été élue au Conseil de Paris. Proche de Nicolas Sarkozy, mais elle avait fait le choix de rejoindre Alain Juppé. Mais à la primaire, elle avait préféré soutenir la candidature de NKM au premier tour dans un «choix de cœur», puis Alain Juppé au second tour.  Conseiller de Paris En Marche, élue LR du 3eme arrdt, elle est employée dans un groupe aéronautique européen. Proche de Xavier Bertrand, elle a rejoint en décembre 2017 les rangs de La République en marche en quittant Les Républicains

            Fabienne Keller, née le 20 octobre 1959 à Sélestat (Bas-Rhin), est sénatrice depuis 2004 après avoir été maire de Strasbourg de 2001 à 2008. Ancienne élève de l'École polytechnique (X 1979) et de l'École nationale du génie rural, des eaux et des forêts, elle est également diplômée d'un master en économie de Berkeley. Elle était pratiquement toujours vue aux côtés d’Alain Juppé lors de ses déplacements, faisant d’elle une conseillère de premier plan dans la campagne. Le 28 septembre 2014, elle a été réélue sénatrice LR mais a quitté Les Républicains en 2018 pour participer à la création d'Agir, la droite constructive.

            Nathalie Kosciusko-Morizet (souvent désignée par ses initiales NKM), née le 14 mai 1973 dans le 15e arrondissement de Paris, est diplômée de l’École polytechnique (X1992), et membre du Corps des ingénieurs du génie rural et des eaux et forêts. Elle a obtenu une maîtrise en administration des affaires (MBA). Elle fut maire de Longjumeau de 2008 à 2013, députée de l'Essonne de 2002 à 2017 et présidente du groupe Les Républicains au conseil de Paris. Elle fut Secrétaire d’État chargée de l’Écologie, chargée de la Prospective et du Développement de l’Économie numérique et enfin ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. Elle fut aussi secrétaire générale adjointe de l’UMP et porte-parole de Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2012. Bien qu’elle participât à la primaire de la Droite, en concurrence avec Alain Juppé, elle n’a jamais caché sa proximité avec lui et une certaine complicité. Certains l’accusent de s’être présentée pour enlever 2 à 4% de voix à Sarkozy. Après la victoire d'Emmanuel Macron, une vingtaine d'élus, proches d'Alain Juppé et de Bruno Le Maire, avaient signé un appel à accepter la «main tendue» du nouveau président. Elle refusa de signer l’appel et fut donc battue aux élections de 2017. En janvier 2018, elle a annoncé qu'elle arrêtait la politique pour rejoindre Capgemini aux Etats-Unis.

            Valérie Pécresse, née le 14 juillet 1967 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), a été élève de HEC Paris, dont elle a été diplômée en 1988. Elle intégra ensuite l'ÉNA (promotion Condorcet, 1990-1992), d'où elle est sortie deuxième. De 1992 à 1998, elle fut en parallèle professeur de droit constitutionnel à Sciences Po Paris et à HEC Paris. Elle fut nommée, en juillet 1998, conseillère chargée des études et de la prospective auprès du président de la République française, Jacques Chirac. À l'occasion des élections législatives de 2002, elle fut élue députée des Yvelines, puis réélue en 2007, mais quitta ses fonctions après son entrée au gouvernement. Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de 2007 à 2011, elle mena la réforme de l'autonomie des universités. Elle fut ensuite ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'État et porte-parole du gouvernement de 2011 à 2012. Le 18 décembre 2015, elle a été élue présidente du conseil régional d'Île-de-France, la plus grande région d’Europe. En juillet 2017, elle créé le mouvement Libres au sein de LR, pour se positionner au sein de LR, qu’elle a refusé de quitter, comme une opposante au président Laurent Wauquiez.

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Que deviendrions-nous sans vous ? Merci donc d'essayer de mettre en nos mémoires défaillantes ces souriantes jeunes femmes, emblématiques de la France qui réussit, et qui pour la plupart sont déjà passées directement de Juppé à Macron. Ce qui prouve que pour être femmes, elles n'en ont pas moins le sens de leur avenir politique que n'importe quel Darmanin ou Le Maire.
Une petite remarque cependant : le petit-fils de Jacques Chirac se nomme Martin REY-CHIRAC. Son père, Thierry REY, est le champion du monde de Judo de 1979 et le champion olympique des Jeux de Moscou de 1980. Il a donc toutes les raisons de pouvoir porter fièrement le nom de son père.

Très cordialement.

denis sabrié a dit…

Que des privilégiées du système !!!de la haute bourgeoisie hautaine et à des années lumières de la réalité de la base de ce pays !, à vomir !