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vendredi 25 mai 2018

Pas de plan banlieues par Gérard AKOUN



PAS DE PLAN BANLIEUES

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM

            

          «Pas de plan banlieues» a déclaré Emmanuel Macron, une claque pour Jean-Louis Borloo et pour tous ceux, responsables politiques, animateurs sociaux et culturels, responsables d’association qui ont travaillé à l’élaboration du rapport «vivre ensemble, vivre en grand pour une réconciliation nationale». Un rapport, faut-il le rappeler, demandé à Jean-Louis Borloo par Emmanuel Macron, il y a environ six mois.



            Ce rapport, soutenu par de nombreux élus de banlieues et des intellectuels, avait été remis au Premier Ministre à la fin du mois d’avril et on pouvait s’attendre à ce qu’un certain nombre de ses propositions soient reprises et annoncées avec solennité dans un discours que ferait le Président de la République au cours d’un évènement programmé à l’Elysée «la France, une chance pour chacun».
            Mardi en présence de six cent personnes, des élus, des membres du gouvernement, des habitants de quartiers populaires, des dirigeants d’entreprises, des hauts fonctionnaires….  Emmanuel Macron, après avoir prévenu qu’il ne prononcerait pas de discours, s’est néanmoins exprimé pendant une heure et demie dans une allocution en mode stand up et en perpétuel mouvement. Il faut être moderne ! Il a déclaré de prime abord : «qu’il n’allait annoncer ni un plan ville ni un plan banlieue. Quelque part ça n’aurait aucun sens que deux mâles blanc (lui-même et J.L Borloo) ne vivant pas dans ces quartiers, s’échangent l’un un rapport et l’autre disant on m’a remis un plan, je l’ai découvert. C’est pas vrai, ça ne marche plus comme ça. c’est une stratégie aussi âgée que moi» entendez vieille de quarante ans, date du premier plan banlieue de Raymond Barre sous le septennat de Giscard.  «Il faut changer de philosophie et de méthodes» a dit le président.
            S’il fallait faire du neuf, pourquoi s’être adressé à Jean-Louis Borloo, un homme de l’ancien monde, il fut ministre sous Chirac et Sarkozy, pour ensuite lui reprendre la main d’une manière qui manquerait d’élégance quelles que soient les précautions oratoires prises pour ne pas l’humilier lui et ceux qui ont travaillé avec lui : les élus locaux, les associations de terrain, les services de l’Etat ? Emmanuel Macron a-t-il pris ombrage du regain de popularité de Jean-Louis Borloo, a-t-il eu l’impression que la résolution des problèmes des banlieues serait inscrite à l’actif de l’ancien ministre de la ville ? Ils sont nombreux à l’affirmer !
            Le président de la République a tenu à rappeler, pour ne pas être en reste, les différentes mesures, déjà prises durant la première année de son quinquennat en faveur des banlieues défavorisées, le dédoublement des classes de CP, l’apprentissage, la création d’une police de sécurité du quotidien…. Il ne veut pas, a-t-il répété, d’un plan Marshall pour les banlieues. Il faudrait le chiffrer mais il fera de nombreuses propositions au mois de juillet en matière de sécurité et de justice et en matière d’aménagement et de logements, des mesures concrètes qui bénéficieront aux habitants si elles sont budgétisées. Il s’est attaché à donner les grandes lignes de «la politique d’émancipation et de dignités qu’il entend coconstruire» il veut «faire république, combattre le discours raciste et antisémite qui est en train d’empirer dans les banlieues et pour cela déployer des «référents laïcité» dans les écoles «mais il refuse que l’islam soit spécifiquement ciblé» ; pas d’amalgame il ne parle même pas d’islamisme radical ou de salafisme. Il veut construire une société de «vigilance» sans basculer dans «la délation», lutter contre les trafics de drogue et de stupéfiants dans les cités. Et afin «de bâtir ensemble un engagement de l’Etat et de chacun», Emanuel Macron lancera un site internet «la France une chance» qui permettra aux citoyens d’alerter les pouvoirs publics sur ce qui ne marche pas.
Conseil présidentiel pour l'Afrique

            Emmanuel Macron a créé un Conseil présidentiel des villes, composé de vingt-cinq personnalités originaires en grande majorité des banlieues, des acteurs de terrain qui auront pour mission d’alimenter sa réflexion sur les quartiers prioritaires. Ces personnes, choisies par Emmanuel Macron, sont impliquées dans la vie de leur quartier ou se sont engagées pour les quartiers alors qu’elles ont une envergure nationale. Elles ne sont ni élues, ni politiques. Leur statut est en phase avec la conception verticale du pouvoir d’Emmanuel Macron ; il ne supporte pas les corps intermédiaires représentatifs, ils le gênent en s’interposant entre le peuple et lui. Il préfère des femmes et des hommes qui lui sont redevables de la parcelle de pouvoir qu’ils détiennent. En l’occurrence il est bien servi !
            Que peut-il rester du rapport Borloo qui était chiffré ?  Et du thème de la réconciliation nationale, dont nous avons tant besoin ? Peu de choses me semble-t-il alors que Jean-Louis Borloo était convaincu qu’Emmanuel Macron pouvait être «le Président des banlieues» !

5 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Après ce pied-de-nez à Borloo salué par toute la presse, Emmanuel Macron est allé présider un déjeuner réunissant les grands patrons du Net, de Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, en passant par ceux de Microsoft, Samsung, Uber Intel, mais aussi Free, Orange, SNCF, Sanofi, BNP Paris-Bas...
C'est dire si notre Président aura été à son affaire, lui qui aime tant se mettre en scène devant des par-terres de grands de ce monde, signalant ainsi à ceux qui ne l'auraient pas encore compris, à quel monde, lui, Macron, "mâle blanc", appartenait.

Véronique ALLOUCHE a dit…

Adieu les articles qui nous sommaient de bien voter.
Adieu l’époque des articles élogieux sur un homme inconnu de tous. Pas tout à fait cependant puisqu’il fut ministre sous Hollande avec les résultats qu’on connaît.
Vous êtes déçu? Qu’attendiez-vous d’un homme dont la suffisance n’a d’égale que sa grandiloquence alors que la France a besoin plus que jamais de retrouver un peu de sérénité.
Attendons paisiblement le prochain attentat afin de donner «au mâle blanc » une occasion de plus de se sublimer dans les mots creux. Et tant pis pour les futures victimes qui n’auront pas bénéficié de ce que chacun attend : la loi rien que la loi. La même pour tous sans complaisance.
Bien cordialement

Jacques BENILLOUCHE a dit…

La différence entre un journaliste et un militant c’est que le journaliste évolue en fonction des faits et n’est pas systématique dans ses prises de position.

C’est cela un bon journaliste qui n’est pas aveuglé par ses propres convictions et qui reste honnête dans ses papiers.

Donc le voir évoluer dans ses articles, c’est la preuve que c’est un bon analyste.

denis sabrié a dit…

Encore une foi, ce Président français se comporte comme les autres, il accueille les "grands de ce monde" et bannit les pauvres de son pays, "les sans dents" comme disait son prédécesseur..! 150 000 S.D.F., 10 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté...Et qu'es ce que dit Emmanuel Macron..? pas de plan banlieu mais un peu plus de policiers, ça fait rêver..?! et surtout rigoler les bandes armées de Kalachnikovs qui ont encore sévit à Marseille, deuxième ville de France..
La France est dans un trou sans fond, à tous les niveaux et c'est pas demain, que la Liberté, l'Egalité et la fraternité reviennent changer la donne...

Véronique ALLOUCHE a dit…

@marianne Arnaud
Je ne veux pas vous paraître désagréable mais vous faites une erreur de jugement.
Les juifs vivaient sur cette terre, preuve en est la Résolution de l’ONU en 1947 du partage du territoire pour les deux peuples.

Ce que l’on nomme la loi du retour , votée à la Knesset en 1950, c’est donner vocation à tout juif de la diaspora d’immigrer en Israël afin de rejoindre les leurs.
Quant aux palestiniens qui n’ont jamais admis la Résolution de l’ONU, tout démontre que « leur droit au retour » passe par la disparition pure et simple d’Israël.
Bien à vous
Véronique Allouche