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mardi 15 mai 2018

Netanyahou superstar dans les sondages



NETANYAHOU SUPERSTAR DANS LES SONDAGES
Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps


            
          Certes les sondages ont une durée de vie limitée à celle des roses. Mais ils donnent une image ponctuelle de l’atmosphère politique du moment. Il est vrai que tout réussit en ce moment au premier ministre. Son invitation exceptionnelle par Vladimir Poutine, le 9 mai 2018, au défilé annuel de la Journée de la Victoire et à la cérémonie de dépôt de couronnes sur la Place Rouge, aux côtés du président serbe Aleksandar Vučić, fut une grande marque d’amitié. Portant le ruban Saint-Georges, les deux invités politiques étaient assis aux côtés de Poutine lors de la parade militaire, de quoi largement échanger leurs impressions au sujet de la situation brûlante en Syrie.



            Il s’agit d’une année bénite avec l’ouverture le 14 mai 2018 de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem même s’il s’agit d’un transfert symbolique du seul bureau de l’ambassadeur. Le reste des services continuera à siéger rue HaYarkon le temps de la construction des nouveaux locaux qui prendra près de quatre ans, à l’avènement d’un prochain président, pas forcément Trump. La neutralisation partielle ou totale des bases et des missiles iraniens en Syrie dans une passivité totale russe et européenne valant accréditation implicite. La réussite du Mossad qui a subtilisé des preuves du programme nucléaire iranien. Enfin, on peut rajouter la victoire d’Israël à l’Eurovision qui lui est à tort attribuée. 

          On ne parle plus des affaires judiciaires du premier ministre tandis qu’aucune tête ne dépasse dans l’opposition dont les représentants font de la pure figuration.  La droite peut fêter sa victoire dans les rues de Jérusalem aux côtés des intégristes juifs et des évangélistes américains.
            Les sondages de Maariv du 14 mai donnent 36 sièges au Likoud en augmentation de six députés par rapport à la Knesset actuelle. Le Likoud n'a jamais connu pareil résultat depuis 2003, après la deuxième Intifada. Tous ses autres concurrents sont loin derrière et ne peuvent donc aspirer qu'à un strapontin dans une prochaine coalition. Yaïr Lapid arrive à tirer son épingle du jeu en progression avec 17 sièges contre 11, alors que les précédents sondages le mettaient presque à égalité avec le Likoud. Il n'arrive pas à décoller car ses prises de position ne sont ni claires et ni fermes. C'est dire la volatilité des sondages.   
            La liste arabe maintiendrait ses 12 mandats avec une perte d’un siège qu’on ne peut expliquer puisque son électorat reste stable. Elle dépasse l’Union sioniste, coalition du parti travailliste et de Hatnoua de Tsipi Livni, qui s’effondre à 10 sièges en perdant 14 députés et certainement le statut de chef de l'opposition. Il s’agit d’une conséquence normale puisque qu’Avi Gabbay est inaudible et qu’il a démontré qu’un bon industriel ne fait pas forcément un bon politique. Il n’a pas réussi à redresser un parti historique qui s’enfonce à la limite d’une disparition définitive.

            Le chef des sionistes religieux Naftali Bennett stagne grâce à une base religieuse fidèle mais, malgré ses gesticulations et la présence d’Ayelet Shaked, il gagne à peine un siège passant de 8 à 9 députés. Assis entre deux chaises, entre le Likoud conquérant et les religieux orthodoxes, il ne parvient pas à convaincre plus et à se distinguer. La droite lui reproche toujours d'avoir voulu faire cavalier seul en quittant le Likoud.
            Moshé Kahlon, ministre des finances, a fait illusion en faisant des promesses qu’il n’a pas tenues, surtout en ce qui concerne les projets immobiliers pour les jeunes couples. Il avait, avec raison, axé sa campagne électorale sur les séfarades et surtout sur les francophones grâce à la présence en troisième position sur sa liste d’Elie Elalouf comme locomotive douée d'un activisme social exceptionnel. Mais l'ingratitude est le propre des chefs de partis car au lieu de le récompenser par un poste ministériel, il l’a relégué à la tête d’une obscure commission à la Knesset. Il avait préféré offrir le poste de ministre à un nouveau venu, Avi Gabbay, qui a vite abandonné Koulanou pour rejoindre les travaillistes.  Il est fort probable qu’Elalouf, déçu et impuissant, quitte le parti et la politique en emportant avec lui ses fidèles. Kahlon perd ainsi 3 sièges avec seulement 7 députés.

Kahlon-Elalouf

            Les religieux orthodoxes se maintiennent avec leurs 7 sièges mais le danger guette les orthodoxes séfarades du Shass qui risquent de ne pas passer le cap des 4 députés obligatoires.                              On pense toujours que les grands dirigeants sont à l’abri d’erreurs politiques. C’est le cas d’Avigdor Lieberman, ministre de la défense, qui avait eu la judicieuse idée de placer en deuxième position juste après lui, une icône séfarade, Orly Levy, la fille de l’ancien ministre Likoud qui avait participé en 1977 à la victoire de Menahem Begin grâce aux voix marocaines. Elle avait drainé avec elle ceux qui trouvaient le Likoud peu intransigeant. Mais lorsqu’il a fallu nommer les ministres, elle a été «oubliée» au profit d’une Russe, prouvant ainsi que la solidarité russophone était au-dessus de toutes les options. Lieberman maintient ses 6 sièges ce qui ne lui donne pas la possibilité de peser dans une nouvelle coalition.
Orly Levy

            Mais la députée Orly Levy, qui a fait sécession en quittant avec fracas son parti Israël Beitenou, semble avoir fait le bon choix puisqu’après avoir annoncé la création d’une nouvelle entité politique il y a à peine un mois, elle est créditée de 6 sièges. Lieberman doit se mordre les doigts d’avoir laissé filer une pareille perle qui monte dans les sondages. Si elle était rejointe par un haut militaire, elle pourrait consolider la crédibilité desa nouvelle formation.
            Meretz, à l’extrême-gauche, garde sa clientèle et ses 6 députés malgré le départ à la retraite de l'historique Zehava Gal-On.  Tous les autres dirigeants qui se risquent dans des nouveaux partis n’atteignent pas le minimum requis pour entrer à la Knesset. Il en est ainsi de l’ancien du Likoud Moshe Feiglin, de l’ancien chef d’État-major Moshe Yaalon et de l’ancien ministre Shass Elie Yishaï.   
              Les sondages donnent une image ponctuelle de la situation politique qui bénéficie à Netanyahou en raison des risques sécuritaires. Seule la justice israélienne pourrait avoir raison des sondages.  

1 commentaire:

bliahphilippe a dit…

Bref, on prend les memes et on recommence!
Donc comme vous dites la droite fetera sa victoire avec les "orthodoxes et les évangelistes".
Mais imaginons un tremblement de terre :la gauche l'emporte.
Avec qui fetera t'elle sa victoire?
-Meretz le parti d'extreme gauche
-Les partis arabes
-Obama et Kerry
-l'UE avec le Quai d'Orsay en premiére ligne
-Zeev sternhell
Laissons le soin à vos lecteurs de cocher la bonne case.