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vendredi 1 juin 2018

Le Venezuela à la dérive par Dov ZERAH



LE VENEZUELA A LA DÉRIVE

Le point économique de Dov ZERAH


           
          En décembre dernier, déjà, j’appelais votre attention sur la tragédie vénézuélienne. Depuis la mort d’Hugo Chavez et l’arrivée au pouvoir de Nicolas Maduro, le pays s’enfonce dans la crise, dans les crises économique et politique, et la seule réponse apportée par le pouvoir est un autoritarisme de plus en plus violent.
            L’économie vénézuélienne a le quatrième PIB latino-américain. Il est en réduction constante depuis 2013 : - 6,2% en 2015, -16,5% en 2016, Comme en 2017, une baisse de 15% est attendue pour 2018.



            En 2017, le pays a connu une hyper inflation de 2.610%. Certains prédisent 30.000% pour 2018. Cela a entrainé à un effondrement du Bolivar ; fin 2017, il en fallait 18.000 pour acquérir un dollar. Les réserves en or et devises se sont complétement effondrées, ce qui rend difficile le remboursement d’une dette de 150 milliards$.
            On pourrait citer d’autres indicateurs, tous dans le rouge. Le désastre du socialisme bolivarien est caractérisé par une statistique : avant l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez, le pays était au premier rang latino-américain pour la production par habitant ; vingt ans après, elle est de moitié inférieure à celle du premier du classement, le Chili.
            Comme pour toute dictature la catastrophe économique est le résultat d’un complot conduit par «les puissances de l’argent» notamment avec la baisse des hydrocarbures. Aucune autocritique sur les effets négatifs de :
L’absence de toute diversification d’une économie dépendante des hydrocarbures : 95% des exportations, 50% du PIB, 25% des recettes budgétaires. La situation est d’autant plus préoccupante que, faute d’investissements, la production pétrolière est également en baisse
L’expropriation des entreprises privées dans les secteurs de la sidérurgie, métallurgie, du ciment, de l’or
La nationalisation des banques, des sociétés de télécommunications et de transport intérieur, des énergéticiens, de l’hôtellerie, du tourisme
Le contrôle des prix, des changes, la mise en place d’une économie totalement administrée par des fonctionnaires et des apparatchiksEn vingt ans, la capacité industrielle du pays a diminué de 90%.
            La crise économique se traduit par une crise humanitaire de grande ampleur avec des pénuries de médicaments et de produits alimentaires, principalement des produits importés comme le riz et la farine. L’autosuffisance alimentaire est passée de 70 à 30% en 20 ans de chavisme.
            Aujourd’hui près de 90% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Quelle tristesse pour ce pays disposant des plus fortes réserves de pétrole au monde ! Autre fléau qui s’abat sur le peuple vénézuélien, la violence avec une centaine d’homicides l’année dernière.
            Cette situation explique que les Vénézuéliens fuient leur pays pour la Colombie voisine, mais aussi pour le Chili à la prospérité florissante ; l’émigration concernerait de 1,6 à 4 millions de personnes. Certains considèrent que c’est, pour le sous-continent latino-américain le plus important mouvement de population.
            La faillite économique et une popularité estimée à moins de 25% n’ont pas empêché la réélection, il y a dix jours, de Nicolas Maduro avec 67,7% des suffrages contre 21,2% pour Henri Falcon, chaviste dissident et principal opposant qui a contesté la validité des élections ; il a dénoncé :
- Les pressions sur les électeurs avec «Les points rouges», 12.711 tentes installées par le pouvoir, pratiquement à côté de chacun des 14.000 bureaux de vente pour contrôler les opérations de vote, mobiliser les 20 millions d’électeurs, et recevoir la récompense promise par le président
- L’allongement des heures d’ouverture des bureaux de vote
- L’expulsion des observateurs de certains bureaux de vote…
            Ce scrutin a aussi été contesté par les Etats-Unis, l’Union européenne et le groupe de Lima regroupant 14 pays latino-américains. Seule la Bolivie d’Evo Morales soutient Nicolas Maduro. Bruxelles est même allé jusqu’à décréter hier de nouvelles sanctions qui portaient, jusqu’à présent, sur les matériels militaires et les personnalités du régime. Cela dénote s'il en était besoin la mainmise du pouvoir sur le pays. Totalement au service de Nicolas Maduro la Cour suprême s’est arrogé le pouvoir législatif, privant le Parlement de toute compétence, et a levé l’immunité des parlementaires, ce qui laisse présager une très probable «chasse aux sorcières».
            Fort du soutien de l’armée, maître de tous les pouvoirs, Nicolas Maduro peut encore durer longtemps, surtout avec la remontée des cours du pétrole, pour le plus grand malheur de son peuple.

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