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mardi 17 avril 2018

L'Occident et les despotes orientaux par Dov ZERAH



L’OCCIDENT ET LES DESPOTES ORIENTAUX

Le point de Dov ZERAH


           
          Bernard-Henri LEVY vient de livrer son dernier livre «l’Empire et les cinq rois», un plaidoyer pour éviter le repli américain, laissant le champ libre à cinq empires renaissants, la Russie, la Chine, la Turquie, l’Iran et l’Arabie saoudite.
            Ce titre fait référence à un épisode biblique retracé dans le chapitre 14 de la Genèse : «Ceci arriva du temps d’Amrafel, roi de Sennaar ; d’Aryoc, roi d’Elfasar ; de Kerdolaomer, roi d’Elam et de Tidal, roi de Goyim : Ils firent la guerre à Béra, roi de Sodome ; à Bircha, roi de Gomorrhe ; à Chinab, roi d’Adma ; à Chémêber, roi de Ceboïm et au roi de Béla, la même que Coar…quatre rois contre cinq…» La couverture représente une gravure de 1545 représentant la bataille entre Abraham (en fait, il ne s’appelait pas encore Abraham, mais Abram) et Kerdolaomer, exposé au Rijksmusem d’Amsterdam.




            Pour expliquer le choix «America first», et le retrait de la République impériale des affaires du monde, BHL effectue une analyse historique et philosophique des ressorts de l’Empire américain, Jérusalem, Enée, Virgile...
            Il explique et décrit une «…Amérique, comme dévitalisée, perdre son ascendant – et des puissances adverses, enhardies, pousser leur avantage et improviser une redistribution, sans précédent, des régimes d’autorité». Le retrait américain laisse un vide que les despotes orientaux cherchent à occuper. L’exemple le plus significatif est celui de la Syrie où le refus de Barack Obama d’intervenir, malgré la fixation de lignes rouges, a créé un vide que la Russie s’est empressée d’occuper, avec l’Iran et la Turquie.

            «Un monde sans chef», comme le décrit Alain Minc dans son dernier livre «une humble cavalcade dans le monde de demain» enhardit des potentats en quête de puissance et de reconnaissance historique. BHL n’hésite pas à reprocher aux Etats-Unis de renoncer à «la position de gendarme du monde, de protecteur des valeurs démocratiques ou, simplement de loyal allié de ses alliés…».
            Il explique comment l’oncle Sam est devenu puissance dominante, et après la chute du mur de Berlin, la seule super puissance. Il analyse les raisons pour lesquelles, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ni les Britanniques, ni les Français, ni les Soviétiques ne pouvaient assurer le rôle de leader mondial. Pour BHL, «les Etats-Unis sont une puissance, mais qui ne s’est jamais résolue à l’empire… a toujours été de renâcler à l’impérialisme. Ou alors un impérialisme…gauche, maladroit, à la main parfois trop lourde ou, au contraire, dégainant trop vite».
            BHL considère que le retournement est intervenu lorsque «…les grandes Eglises néo-évangélistes sont devenues la première religion du pays». BHL analyse également le rôle et les effets des GAFA dont je vous ai parlé la semaine dernière ; ils donnent aux Etats-Unis une nouvelle forme de puissance, même s’ils sont concurrencés par les BATX chinois (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiami).
            Le 20 mars dernier, je vous ai parlé de la tentation isolationniste du président Donald Trump, et de ses initiatives relatives à l’échange international. BHL date le basculement de l’attaque des Irakiens assistés de miliciens iraniens contre les Kurdes de Kirkouk…, «et la communauté internationale, Amérique en tête, ne lève pas le petit doigt pour empêcher cette indignité».
            La semaine dernière, je vous rappelais que, l’intervention américaine de 2003, soutenue par les Kurdes, a conduit à l’adoption de la constitution de 2005 qui reconnait une très large autonomie au Kurdistan. Les Kurdes vont chercher à profiter du chaos qui règne dans le pays, d’abord avec la rébellion sunnite, puis avec Daesh. Ils sont abandonnés une nouvelle fois par l’Occident, et plus particulièrement par les Américains, qui refuse la partition du pays et la remise en cause de la construction vieille d’un siècle.
            La défense des Kurdes est le dernier combat de BHL après le Bangla Desh, l’Afghanistan, Sarajevo, la Libye… Que serait notre monde si le leadership mondial venait à être assuré par une dictature ? Au nom de la défense des droits de l’homme et de la démocratie, BHL défend l’interventionnisme, et pousse parfois à l’action militaire, comme ce fut le cas en 2012 avec la Libye. L’intervention se justifiait eu égard les risques de massacres des populations. Mais, sans solution de rechange au colonel Kadhafi, elle a conduit au chaos dont le pays n’arrive pas à s’en sortir cinq ans après.
            Au-delà des considérations philosophiques, le repli américain engagé par Barack Obama, s’explique aussi par les échecs des deux dernières interventions :
L’interminable guerre d’Afghanistan. Pour répondre à l’attentat des «twins towers» du 11 septembre 2001, une coalition dirigée par les Etats-Unis est constituée avec l’approbation du conseil de sécurité de l’ONU. Très rapidement, les Talibans sont défaits, mais la guerre s’éternise, et n’est toujours pas terminée, dix-sept ans plus tard…deux enseignements peuvent être retenus : il est difficile de s’engager dans une guerre asymétrique avec des moyens conventionnels, il est impossible de s’acquérir la sympathie des populations lorsque la gouvernance laisse à désirer…
Le fiasco de la seconde guerre d’Irak de 2003. Engagé sous de faux prétextes sans autorisation des Nations-Unies, l’administration Bush a cherché à modifier le paysage proche-oriental par l’introduction de la démocratie…
            Comme l’a récemment déclaré le président Donald Trump, ces guerres ont coûté des vies humaines, des milliers de milliards de dollars, et écorné son image de marque. Pour solder les comptes de la guerre du Vietnam, les Etats-Unis ont dû abandonner la convertibilité en or du dollar et le change fixe. Aujourd’hui, fermer la parenthèse de ces aventures justifie la prudence, et une forme de désengagement.

            Est-ce possible, soutenable compte tenu des stratégies conquérantes des despotes orientaux, pour reprendre une expression de Karl Marx qualifiant de despote oriental un roi cumulant pouvoir politique, militaire et économique. Peut-être, même si les derniers événements de Syrie ont conduit l’Occident à intervenir. Il n’est pas exclu que l’interventionnisme prenne d’autres formes que le débarquement de troupes, et qu’il se limite à des attaques ciblées et limitées. L’avenir nous le dira. En attendant, je vous invite à lire ce dernier livre de BHL.

4 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Souffrez que je vous soumette, ainsi qu'à vos lecteurs, une vision de ce qu'il se passe au Moyen Orient, autre que celle de BHL qui, vu les résultats politiques que ceux qui ont suivi ses conseils ont obtenu dans la région - et je pense en particulier à Sarkozy en Libye - ferait mieux de se cantonner à son activité littéraire sans prétendre donner des leçons de morale au monde entier.

http://institutdeslibertes.org/mais-que-se-passe-t-il-au-moyen-orient/

YAAKOV NEEMAN a dit…

Finalement, l'un des symptômes de l'affaiblissement des Etats-Unis, c'est peut-être ce besoin de solliciter l'approbation des Nations-Unies avant d'intervenir militairement. Et cela est vraiment étonnant de la part de ce grand pays qui dispose du droit de veto dans cette institution internationale !!! Un empire digne de ce nom ne demande aucun blanc-seing pour agir. Du fait du retrait américain initié par Obama, des acteurs de second ordre ont compris qu'ils pouvaient se comporter "impérialement". C'est le cas de l'Iran qui n'a demandé à personne l'autorisation de mener une politique de terrorisme tout azimut. C'est le cas de la Syrie, qui n'a demandé à personne l'autorisation de gazer ses citoyens. Et c'est bien sûr le cas de la Russie qui n'a pas demandé aux Nations-Unies la permission de vouloir tout doucement reconquérir l'Ukraine ou d'ouvrir des bases militaires au Moyen-Orient. La nature a horreur du vide. Dans cette perspective, les dictateurs ont le champ libre. On peut se demander si les efforts de Danny Danon, le représentant d'Israël aux Nations Unies, servent vraiment à autre chose que dénoncer l'hypocrisie des nations à l'égard d'Israël et à affirmer son droit à l'existence.

V. Jabeau a dit…

Mme Arnaud nous conseille un blog d’extrême-droite rallié aux thèses russes et conspirationnistes parfaitement délirant, anti américain avec des affirmations complotistes sans aucun fondement ni preuve, remplacés par le ton sarcastique traditionnel des partisans de thèses complotistes. Et anti israélien bien sûr.

Marianne ARNAUD a dit…

@ V. Jabeau

Loin de moi l'idée de "conseiller" quoi que ce soit, à qui que ce soit. J'ai mis en ligne un lien vers un blog que - semble-t-il contrairement à vous - je ne connaissais pas, et sur lequel j'étais tombée par hasard mais dont j'avais trouvé cet article intéressant.

J'ignore si beaucoup de lecteurs, comme vous, s'y sont reportés, mais pour eux, il eût sans doute mieux valu que vous expliquiez par de vrais arguments, ce en quoi il était "délirant" ou "sans aucun fondement".

Il est vrai, qu'à la réflexion, cela eût été d'une utilité toute relative, puisque contrairement au souhait de monsieur Zerah, il semblerait que "l'interventionnisme de l'Occident" n'ait pas l'air de devoir s'interrompre de si tôt.

http://www.miamiherald.com/news/nation-world/article208944924.html