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jeudi 26 avril 2018

Le fardeau des dettes par Dov ZERAH



LE FARDEAU DES DETTES

Le point économique de Dov ZERAH


        
          Depuis 1944, les responsables de la finance internationale se retrouvent deux fois par an, à Washington, à l’initiative du Fonds monétaire international (FMI) : en septembre pour les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, et en avril pour les assemblées dites du printemps pour les deux institutions. Chacune de ces réunions est l’occasion de faire le point sur la croissance mondiale et passer un ou deux messages: 



- Avec 3,8% en 2017 et 3,9 pour 2018 et 2019, la croissance mondiale se porte bien, et atteint des sommets depuis 2011. Cette croissance est généralisée à toutes les zones :
- Avec 2,9% en 2017, et une prévision de 2,7 pour les deux prochaines années, les Etats-Unis connaissent le plein emploi et une des plus longues périodes de croissance de leur histoire économique qui devrait se poursuivre grâce aux allégements fiscaux
- Grâce à la politique accommodante de la banque centrale européenne (BCE), le PIB de la zone euro a augmenté de 2,3% en 2017, et les prévisionnistes tablent sur 2,4% en 2018 et 2% en 2019
- Après 6,9% en 2017, la croissance chinoise devrait légèrement fléchir à 6,6 en 2018 et 6,4% en 2019, sauf elle pourrait remonter grâce à la dernière décision de la banque centrale chinoise, avec la diminution du ratio des réserves obligatoires pour les banques
- Une des manifestations de cette reprise mondiale est la remontée des prix des hydrocarbures, ce qui améliore la situation des pays exportateurs et alimentera le moteur économique mondial.
            Au-delà des raisons liées aux politiques macro-économiques, cette situation s’explique par la reprise de l’investissement, le développement du commerce international, non encore contrarié par les mesures ou intentions du président Donald Trump.
            Qui aurait pu imaginer une telle situation dix ans après la crise des subprimes qui a failli emporter toutes les institutions bancaires et financières ?
            Ce résultat tient principalement aux enseignements tirés de la crise de 1929. À la différence de leurs prédécesseurs d’il y a un siècle, les responsables ont utilisé le déficit budgétaire dans des proportions inégalées jusque-là ; de leur côté, les banquiers centraux ont accordé tous les crédits nécessaires avant de se lancer dans des politiques d’assouplissement monétaire.
            Mais, pour le FMI, l’endettement constitue le point noir avec le risque de guerre commerciale. Publié mercredi dernier, le rapport Fiscal Monitor du FMI indique que les dettes publiques et privées se sont envolées pour atteindre 164.000 milliards$ à la fin 2016, soit 225% du PIB mondial. En 10 ans, ce montant a augmenté de 40%, et se trouve concentré, pour plus de la moitié, dans trois pays : les Etats-Unis, la Chine et le Japon. La seule dette publique représente 105% du PIB mondial, record depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
            Cela fait plusieurs années que la FMI appelle l’attention des pays donateurs sur la détérioration de la situation des pays africains, à nouveau très endettés, après les importantes mesures d’annulation des dettes du début du millénaire.
            Cette situation est problématique à plus d’un titre :
- Tant la remontée des taux d’intérêt que la fin des politiques d’assouplissement monétaire est susceptible de créer de graves perturbations sur les marchés, voire un krach boursier
- La réduction des marges de manœuvre des États atténue leur capacité de réponse pour faire face à toute nouvelle crise financière.
            Au-delà de ce rappel à l’ordre sur l’endettement mondial, le FMI aurait dû ou devrait alerter le monde sur :
Le désordre monétaire. Le FMI a été créé pour éviter la guerre des monnaies de l’entre-deux-guerres, des années trente, et faire respecter la règle selon laquelle, lorsqu’un pays est en situation durable d’excédent commercial, il doit procéder à une réévaluation de sa monnaie, ce qui permet d’atténuer, voire de faire disparaître son avantage prix. Inversement, un pays en situation durable de déficit commercial doit dévaluer sa monnaie.
L’appréciation de l’euro par rapport au dollar est en partie le reflet des déséquilibres commerciaux entre l’Europe et les Etats-Unis. En revanche, depuis une vingtaine d’années, les Chinois accumulent des excédents commerciaux et de réserves, contrôlent leur monnaie, et refusent de la réévaluer. Il est grand temps de mettre fin au dumping monétaire chinois.
Les insuffisances de la régulation bancaire ont plusieurs manifestations : plus on réglemente et contrôle les activités bancaires, moins on se préoccupe des fonds ; plus on réglemente et contrôle les activités bancaires, plus se développe le « shadow banking », une finance extra bancaire soumise à aucune contrainte ; comme si la leçon des prêts immobiliers n’avait pas suffi, les prêts pour l’achat d’automobiles et autres prêts aux étudiants connaissent aux Etats-Unis une véritable explosion…
            Décidemment, notre monde a beaucoup de mal à retenir les leçons du passé, et, si l’histoire ne se répète pas, elle peut bégayer…

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Au cours de la "grande crise financière" de 2008-2009, l'indice des valeurs financières et bancaires est passé de 250 à 50 en quelques mois.
Les banques centrales ont réagi avec vigueur : taux 0, rachat d'obligations d'état et de sociétés, impression de monnaie à tout va.
Mais si l'indice des banques US a été multiplié par 3 depuis 2009, dans le même temps, le cours des banques européennes a baissé de plus de 30% !
Tout le monde peut comprendre que, non seulement les leçons du passé n'auront servi de rien, mais que nous sommes possiblement à la veille d'une nouvelle crise financière qui cette fois-ci pourrait bien emporter l'euro, et avec lui, l'Union européenne tout entière.