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vendredi 9 mars 2018

Orly Levy-Abecassis : rebelle et icône de beauté



ORLY LEVY-ABECASSIS : REBELLE ET ICÔNE DE BEAUTÉ

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps


            

          Les vedettes des élections ne sont pas toujours les têtes de liste. Certains «seconds couteaux» ont une personnalité qui illustre mieux l’identité d'une liste. Orly Levy-Abecassis, qui était deuxième de la liste Israël Beitenou d'Avigdor Lieberman aux élections de 2015, a décidé de faire cavalière seule en créant son propre parti pour les élections prévues en novembre 2019, sauf imprévu. Elle prend des risques car la limite minimum est à présent de quatre députés pour entrer à la Knesset. Il semble que la recomposition politique des partis soit en marche et que certaines personnalités veulent retrouver leurs véritables marques après s’être fourvoyées loin de leurs convictions premières.


David Levy

            La députée Orly Levy-Abecassis a refusé de jouer plus longtemps le rôle de potiche et surtout d’icône de la communauté séfarade dans un parti d’essence russophone. Elle était l’alibi d'Avigdor Lieberman qui voulait ratisser large pour amener à lui les voix de nouveaux électeurs. Fille de David Levy, originaire du Maroc et ancien ministre Likoud des Affaires étrangères, elle lui a volé la vedette, au moins dans les media internationaux, en devenant députée à la Knesset pour le parti Israël Beitenou. David Levy avait profité de la volonté de Menahem Begin en 1977 de mettre fin au régime socialiste, installé depuis la création de l’État, en s’appuyant sur les communautés séfarades qui avaient été mises à l’écart de la gouvernance. Sa fille avait repris le flambeau de la famille.
            Face aux problèmes liés à la pauvreté dans le pays, tous les partis ont compris que les élections ne pouvaient se gagner que sur les problèmes économiques et sociaux. Avigdor Lieberman avait donc, le premier, pensé à propulser sa candidate socio-économique, la députée Orly Levy-Abecassis à la seconde place de sa liste. 
Durant sa carrière de mannequin

          Orly Levy, née le 11 novembre 1973, à Beit Shean, avait fait son service militaire dans l'armée de l'air israélienne et avait ensuite obtenu un diplôme en droit. Le magazine en ligne «Sport Rich List» l’avait placée, en 2014, en 8ème place parmi les dix politiciens les plus beaux du monde. Le magazine justifie son classement en raison de «son physique et de son style très appréciés par les jeunes». Elle est devenue l’icône de beauté dans la politique israélienne.
          Aux élections de 2009, elle avait été élue à la Knesset après avoir obtenu la sixième place sur la liste Israël Beitenou qui avait remporté quinze sièges. Pour les élections de 2013, elle avait été candidate en 16ème place sur la liste commune Israël Beitenou-Likoud. Elle avait alors obtenu l’une des vice-présidences de la Knesset et avait été nommée à la présidence de la Commission pour les droits des enfants. Mariée et mère de quatre enfants, Orly Levy-Abecassis vit au Kibboutz Mesilot, à quelques encablures de la frontière jordanienne, proche de la ville de Beit Shean, dont son père fut le maire de 1964 à 1977.
            Orly Levy a été à l’origine d’une proposition de loi, en février 2014, qui devait obliger le premier ministre et certains responsables politiques à prononcer un discours sur «l’état de la Nation israélienne», sur le modèle américain. Cela donnait l’occasion d’évoquer les succès et les défis de l’année passée, ainsi que les obstacles et les objectifs à atteindre pour l’année à venir. Cette règle ne serait pas appliquée pour le chef d’État-major, le chef de la police, le président de la Cour suprême, le président de la Knesset et le chef de l’opposition. Orly voulait que les dirigeants du pays se comportent de manière responsable et transparente vis-à-vis du peuple. Effectivement, il n’y a aucune obligation actuelle pour les représentants de l’État de répondre aux questions du public.
Distribution de dons

            À la suite du rapport de l'UNICEF qui avait placé Israël au 4ème rang des pays développés concernant le taux de pauvreté chez les enfants, Orly Levy-Abecassis avait réagi : «Dans chaque classe, il y a au moins un enfant qui vit en dessous du seuil de pauvreté.  Il est inconcevable que certains élèves ne soient pas autorisés à participer aux activités scolaires, leurs parents n'ayant pas les moyens de les financer». Elle avait constaté qu’en raison du développement du paupérisme, les familles défavorisées étaient contraintes d’accepter le placement de leurs enfants dans des institutions. C'est contre cette réalité qu’elle s’est insurgée : «Un soutien versé directement aux familles serait de loin préférable afin que l'enfant puisse rester dans son cadre familial et certes moins coûteux à l'État. Il en va de la responsabilité du gouvernement et de son devoir».
            Avigdor Lieberman comptait sur les compétences sociales d’Orly pour booster sa liste désertée par des candidats historiques d’Israël Beitenou à la suite de leurs problèmes judiciaires. Par ailleurs il n’avait pas voulu rééditer l’erreur du Likoud qui avait réservé peu de places aux femmes puisque cinq seulement étaient en position éligible. Sa candidate était très discrète, préférant le social à la politique ; elle occupait rarement le devant des media politiques. 
          Mais elle n'a jamais été récompensée alors qu'elle avait des prétentions ministérielles, ce qui est l’objectif normal d’une militante active. Elle savait qu’elle ne pourrait obtenir des résultats qu’à la tête d’un ministère social. Or depuis 2009, Lieberman ne lui avait réservé aucune place au gouvernement pour favoriser ses amis russophones. Elle avait donc décidé de quitter son parti pour ne plus faire de la figuration. Avec ce départ, Israël Beitenou laissera certainement quelques plumes aux prochaines élections.
            Orly Levy a du courage de se lancer dans la lutte politique dans un monde machiste qui ne fait aucun cadeau aux perturbateurs, a fortiori féminins. Elle ne pourra réussir que si elle étoffe sa liste avec des personnalités de premier plan.

            À ceux qui la critique pour cette ambition jugée déplacée, elle répond sans complexe en se plaçant sur le terrain féministe : «Quand Yaïr Lapid est entré en politique, c'était la chose la plus légitime au monde, pour un fils d'homme politique, de fonder un parti. Le lendemain, il est devenu ministre des Finances du pays sans avoir jamais passé une journée à la commission des finances de la Knesset, sans savoir comment un budget est présenté, comment l'information est cachée et comment les manipulations sont faites dans le budget. Pour lui, c’était correct et légitime».
            Elle a résumé sa profession de foi en quelques mots : «Je suis en train de lancer un nouveau parti qui constituera une véritable alternative au capitalisme de copinage. Nous avons une société forte, et nous devons la rendre plus forte, donc un enfant de Sdérot, Beit Shean, Kyriat Malachi, Dimona ou Beercheva aurait une vie meilleure». Il est vrai que les partis traditionnels souffrent dans le monde et qu’elle pourrait créer la surprise avec un parti sorti de nulle part.

3 commentaires:

The Old Dreamer a dit…

Pourquoi pas!

Shirel SHARON a dit…

J'ai toujours aimé cette femme
Elle est juste, les problèmes sociaux sont vraiment important pour elle, elle ne s'en occupe pas seulement pour la politique ou pour faire parler d'elle.
Ce qu' elle fair, elle le fait bien et y met tout son coeur et même plus et souvent aux dépends de sa vie personnelle et familiale
Je ne suis pas marocaine, ce qui veut dire que je ne parle pas d'elle en lui faisant des compliments parce je suis du même pays qu' elle
Même son père, David Lévy, était commw elle, et se préoccupait beaucoup des affaires sociales durant les années où il était à la Knesset
Je souhaite, maintenant, à sa fille Orly de reussir en GRAND....comme elle le mérite et je lui dis
בהצלחה רבה בכל מעסייך
Bonne chance dans tout ce que tu entreprendras
AMEN VE AMEN

eliane lezmy a dit…

Orly Levy est l'avenir d'Israel .Enfin quelqu'un qui ne laisse pas le monopole du social a la gauche . Elle n'a cesse de defendre les handicapes entre autre . Cette femme dans la discretion est humaine et saine . Les Israeliens n'en peuvent plus de la corruption des politiques . Ils veulent du sang frais et pas contamine . Ils veulent des gens vrais et encore pures . Cette femme pense a etre juste dans ses decisions et non si ca lui apporte du pouvoir . C'est notre chance de faire evoluer Israel et quitter les places de derniers de la classe dans les statistiques de l'OCDE en matiere de social. D'enfin apporter une monnaie d'echange aux laisses pour compte de notre societe devant la Knesset . Parce que tant que tu n'es pas represente politiquement en israel, tu n'es qu'un citoyen de seconde zone . C'est une maman et pas des guerriers qu'il nous faut pour defendre notre bien etre .