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dimanche 25 mars 2018

Mahmoud Abbas poussé vers la sortie



MAHMOUD ABBAS POUSSÉ VERS LA SORTIE

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

            

          L’Égypte et ses alliés ne supportent plus les écarts de langage et les prises de position de Mahmoud Abbas et songent donc avec insistance à son remplacement. Le président Al-Sissi est en train d’organiser la succession du président de l’Autorité palestinienne qui refuse cependant de quitter la scène régionale. Le ton est monté entre Abbas et la Maison Blanche qui a dénoncé sa «rhétorique haineuse» lorsque qu’il a insulté de «fils de chien» l'ambassadeur américain en Israël, David Friedman. «L’heure est venue pour le président Abbas de choisir entre la rhétorique haineuse et des efforts concrets pour améliorer la qualité de vie de son peuple et l’emmener vers la paix et la prospérité», a déclaré Jason Greenblatt, émissaire de Donald Trump pour le conflit israélo-palestinien.



Je viens pour m'excuser

            Par ailleurs les Égyptiens ont peu apprécié les déclarations belliqueuses qu’il a faites à l’encontre du Hamas. En effet, Mahmoud Abbas a accusé le Hamas d’être responsable de l’attentat contre le premier ministre palestinien et a décidé de futures sanctions contre le mouvement islamiste. Il a aussi menacé de mettre fin aux efforts de réconciliation. Trop c’est trop. Nombreux sont ceux qui pensent que ces dérives portent un coup à la crédibilité des Palestiniens.
            Le comité central du Fatah a commencé à discuter des noms des candidats pour succéder à Mahmoud Abbas. Il a proposé trois noms Jibril Rajoub, Majid Faraj, chef palestinien des services de renseignements et le favori Mahmoud Al-Aloul. Le fidèle parmi les fidèles, Saëb Erakat, fragilisé par une transplantation d’un poumon, ne figure plus parmi les successeurs putatifs. 


Général Abbas Kamal

          Le chef des services de renseignements égyptiens, le général Abbas Kamal, a contacté les dirigeants de l’Autorité palestinienne pour les sommer de convaincre Mahmoud Abbas de ne pas hausser le ton contre le Hamas. L’Égypte ne tient pas à réchauffer le front de Gaza dans l’intérêt de la situation au Sinaï-Nord. Une délégation égyptienne a été envoyée en visite dans la bande de Gaza pour calmer la situation avec le Hamas et les autres factions.
            Or Mahmoud Abbas a envenimé les efforts de réconciliation entre Palestiniens alors que les États-Unis, ses alliés arabes et Israël travaillent pour la réalisation de «l’accord du siècle». Le président de l’AP est devenu gênant et il doit partir.
Jibril Rajoub

            Jibril Rajoub, né en 1953 à Dura en Cisjordanie, dirigeait les forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie jusqu'en 2002. Élu au comité central du Fatah pendant le congrès de 2009, il dirige la Fédération palestinienne de football et le comité olympique de Palestine. En 1970, Rajoub avait lancé une grenade contre un bus militaire israélien ce qui lui valut d’être condamné à la prison à vie. Il a été libéré à l’occasion d’un échange de prisonniers en 1985. Mais accusé d’avoir participé à la première Intifada, il fut expulsé au Liban en 1988. À la suite des accords d'Oslo de 1994, il a été autorisé à rentrer en Cisjordanie. À la fin de 2016, Rajoub a été réélu au comité central du Fatah, obtenant le deuxième meilleur nombre de voix derrière Marouane Barghouti.


Majid Faraj

            Le général Majid Faraj, né dans le camp de réfugiés de Deheishe fondé en 1949 dans les limites de la ville de Bethléem, est un personnage très discret. C’est la nature même de ses fonctions qui l’exige. Il dirige les puissants services de renseignements palestiniens après avoir gravi les échelons en tant que soldat dans l'ombre, d'abord dans les Tanzim, la branche armée du Fatah, et puis dans la sécurité préventive de l'Autorité palestinienne. Il évite la presse et ne donne pas d’interview ce qui rend difficile de tracer son portrait avec certitude.
            Il est connu des Israéliens car il a passé de nombreuses années en prison avant de devenir commandant du district de Bethléem, puis chef du renseignement militaire. Le combat semble héréditaire dans la famille car son père, âgé de 62 ans, a été tué par les forces israéliennes en 2002 alors que, selon la légende que les Palestiniens aiment diffuser, il était allé acheter du lait et du pain quand on a tiré sur lui. En fait la réalité est tout autre ; il avait violé le couvre-feu à une période où de nombreux attentats-suicides étaient déclenchés dans tout Israël. L’armée n’a pas voulu prendre de risques.
Mahmoud Al-Aloul

            Mahmoud Al-Aloul, vétéran connu sous le nom d'Abu Jihad, est le premier élu à la vice-présidence du Fatah, poste récemment créé, ce qui le rend favori pour succéder à Mahmoud Abbas. Il a été impliqué dans le mouvement palestinien depuis les années 1960, mais il s'est distancié du terrorisme après la deuxième Intifada. Il a évolué vers des méthodes non violentes et sa rhétorique le distingue des autres politiciens palestiniens. Cependant Aloul, qui n'a jamais participé à des pourparlers de paix, est le dirigeant le plus proche du peuple. Il n’a pas peur de contrer Mahmoud Abbas par ses prises de position qui le rendent sceptique sur le processus de paix. D’ailleurs il n’a pas hésité à exhorter les Palestiniens à descendre dans la rue, sachant qu’ils sont en majorité de plus en plus mécontents d'Abbas qui impose une priorité aux relations sécuritaires avec Israël. Il préfère s’appuyer sur la rue palestinienne pour se retourner contre la direction de Ramallah. C’est un fervent partisan d’un État palestinien mais il veut abandonner le processus de paix d'Oslo pour la solution binationale, ce qui est un euphémisme pour la destruction démographique d’Israël à majorité juive en Israël.
            Le nom de Mohamed Dahlan n’est absolument pas soulevé par le Fatah mais il agit dans l’ombre avec le soutien du Hamas. Il peut créer la surprise.

2 commentaires:

Gilbert BRAMI a dit…

Il est vrai que les partisans de Mahmoud Abbas sur le plan international sont entrain de se rendre compte, qu'il cherche à affaiblir l'union Arabe des sunnites face aux iraniens chi'ites.
Ces derniers rêves depuis 14 siècles de balayer les arabes sunnites de La Mecque et les soumettre à leur pouvoir.
Cette soumission serait la revanche des souffrances et des persécutions subies jusqu'à un passé récent en Irak par les chi'ites.
Sans oublier la guerre Irak-Iran financer par les pétro-dollars des émiras du Golfe !

Georges KABI a dit…

On le regrettera en Israel, car ceux qui viennent apres sont tous des partisans de la solution genocidaire. Et la cooeration militaire pour eviter de trop gros attentats pourrait etre compromis.
Bref, ce n'est pas joyeux,