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samedi 17 mars 2018

Macron : réformateur ou liquidateur par Marianne ARNAUD



MACRON : RÉFORMATEUR OU LIQUIDATEUR ?

Par Marianne ARNAUD

            

          Si certains se réjouissent que le président Macron ait entrepris toutes les réformes dont le «cher vieux pays» avait besoin depuis longtemps, d'autres se plaignent de cette véritable boulimie de réformes qui pourrait être contre-productive. Tenons-nous uniquement, pour l'instant, à la réforme du marché du travail, de la SNCF, de l'Éducation nationale, de l'asile et de l'immigration, et de la formation professionnelle. Toutes ces réformes sont incontestablement voulues par le président Macron. Elles sont souvent acceptées par l'opinion publique mais elles sont aussi causes d'angoisse.


Réforme du marché du travail



            Les ordonnances réformant le marché du travail ont été signées le 22 septembre 2017. La réforme dans son intégralité est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Si on en croit l'Express, la réforme du code du travail comporte 9 mauvaises nouvelles (et une bonne) pour le salarié ! Et la polémique d'enfler sur les indemnités de licenciement, sur les grands groupes qui peuvent licencier plus facilement, sur le recours au «contrat de chantier», sur la prévention de la pénibilité, etc… etc. Et déjà on entend que ce nouveau code du travail ne fera pas baisser le chômage et voilà que les ruptures conventionnelles s'enchaînent : un jour à Carrefour, un jour à PSA et jusqu'aux 3.720 suppressions d'emplois à Airbus !

Réforme de la SNCF


Jean-Cyril Spinetta
            
          Depuis le 15 février 2015, et la remise du rapport Spinetta qui proposait des mesures allant de la transformation du statut de la SNCF, jusqu'à la fermeture des lignes non rentables, en passant par la remise en cause du statut des cheminots, on ne peut nier qu'il se soit instauré un certain malaise dans la société française qui, de tout temps a toujours été très attachée au train. On a alors pu voir le président Macron, au Salon de l'Agriculture, opposer non sans arrière-pensée, les agriculteurs aux cheminots, présentés comme des privilégiés bénéficiant d'un statut. L'annonce que cette réforme passerait par ordonnances, n'a fait que mettre le feu aux poudres chez les syndicats qui se préparent à manifester, sans doute unitairement, le 22 mars.



Réforme de l'Éducation nationale

            Pratiquement pas une seule voix, ni de gauche, ni de droite, n'a manqué à Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation Nationale, pour célébrer sa réforme. Assouplissement des rythmes scolaires, aide aux devoirs, retour aux classes bilangues, réforme du bac, division par deux du nombre des élèves en CP, restauration du redoublement, et même n'a-t-on pas entendu parler de dictée quotidienne, d'internats, d'uniformes, et autres portables qui seraient bannis en classe ?
            Mais malgré ce beau succès du ministre, tout ne reste-t-il pas à faire ? Certains font valoir qu'il faut revoir la formation des maîtres, car disent-ils, «si les maîtres sont mauvais, les élèves ont peu de chances d'être bons». D'autres font remarquer que si dans les «banlieues difficiles» on dédouble les classes, dans les villages ruraux on ferme des écoles.
Jean-Michel Blanquer

            Et voilà que d'autres se souviennent d'une proposition de loi, portée en son temps par Najat Vallaud-Belkacem et destinée à contraindre les écoles hors contrat, qui avait été retoquée par le Conseil Constitutionnel, a été représentée cette fois avec l'appui de Jean-Michel Blanquer, et la loi a été votée par le Sénat. Or cette loi qui est présentée comme devant être restrictive pour l'ouverture d'écoles coraniques, sera surtout pénalisante pour toutes les autres écoles hors contrat.

Réforme de l'asile et de l'immigration

            Cette réforme construite dans une logique de fermeté, pilotée par Gérard Collomb, est très critiquée par les associations et jusque dans les rangs de la majorité. Ni la durée de rétention à 90 jours, ni la réduction des délais de la procédure d'asile qui passerait de 120 à 90 jours, ne sont considérés comme acceptables par les associations qui s'occupent des migrants. Et voilà que le mécontentement a gagné les milieux intellectuels. Il n'y a donc rien d'étonnant d'entendre la ministre, Jacqueline Gourault, affirmer que les chances de voir ce projet de loi adopté avant le 30 juin, sont «maigres » !

Réforme de la formation professionnelle

            Depuis octobre 2017, le gouvernement est attelé à la réforme de la formation professionnelle qui devrait aboutir à une loi en avril 2018. Les partenaires sociaux ont bien fait des propositions au gouvernement, dans un accord national interbranche (ANI), mais la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a jugé que l'accord n'allait pas assez loin. Elle veut un véritable «big bang de la formation» ! Elle voudrait que le compte personnel de formation (CPF) ne soit plus abondé en heures mais en euros : 500 euros par an et par salarié, 800 euros pour ceux qui n'ont pas de diplômes. Les salariés à temps partiel ayant les mêmes droits que ceux à temps plein.
Jean-Claude Mailly (FO), Laurent Berger (CFDT) et Philippe Martinez (CGT)

            Selon un spécialiste de la question qui s'en est ouvert au Monde, cette réforme va favoriser les CSP+. Philippe Martinez de la CGT, est contre. Jean-Claude Mailly de FO, émet des réserves : il est pour «un droit individuel à la formation à condition qu'il soit garanti collectivement» (?) Quant à Laurent Berger de la CFDT, il se dit satisfait mais préoccupé car beaucoup de chantiers restent à traiter, ainsi un négociateur dénonce la méthode Pénicaud et se demande ce que vaut sa signature dès l'instant où «la ministre déclare qu'elle n'en reprendra qu'une partie» ?
            Et le 6 mars dernier, aux Questions au gouvernement, une députée LREM fit remarquer que moins de 5 millions de Français avaient ouvert un CPF depuis janvier 2015, et d'insister sur «le manque d'accessibilité et le d'orientation», disant qu'il faudrait une «révolution copernicienne» !
            La révolution copernicienne est-elle en marche ? Les dés sont jetés, ils roulent encore. Nous ne tarderons pas à savoir si le président Macron était bien le réformateur dont la France avait besoin ou si, une fois de plus, nous avons été victimes d'un leurre !


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