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samedi 24 février 2018

Prétendants à la succession de Netanyahou : 5/ Gideon SAAR



PRÉTENDANTS À LA SUCCESSION DE NETANYAHOU

5/ Gideon SAAR, Likoud

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

            

          Gideon Saar est né Gideon Moses Serchanski le 9 décembre 1966, d’une famille originaire de Boukhara.  Il a étudié les sciences politiques à l'université de Tel Aviv et obtenu un BA de droit. Il a travaillé, de 1995 à 1997, dans le cabinet de Michael Ben-Yaïr, conseiller juridique du gouvernement puis auprès du procureur de l'État jusqu'en 1998. Il a ensuite rejoint le secrétariat du gouvernement en 1999, puis de 2001 à 2002 après la victoire d'Ariel Sharon lors de l'élection de février 2001.




Ministre en 2012

            Élu à la 16e Knesset sur la liste du Likoud lors des élections législatives de 2003, Saar avait été nommé président du groupe parlementaire du Likoud. Puis il a occupé les fonctions de ministre de l'Éducation de 2009 à 2013 et de ministre de l'Intérieur du 18 mars 2013 au 4 novembre 2014. Il aurait souhaité garder son poste à l’Éducation mais pour des impératifs de coalition, le rabbin Shaï Piron (Yesh Atid) avait été nommé à sa place.
            Il ne fait aucun doute qu’il a l’étoffe d’un premier ministre. Certes ambitieux, il avait cependant choisi de s’occuper de sa famille dans un modeste appartement de Tel-Aviv, dans le cadre d’une pause politique qui lui a permis de réfléchir. C’était à l’époque une excuse car en fait, il était en désaccord avec Netanyahou qui avait tout fait pour barrer sa route. 

          Mais il n’est jamais resté loin de la scène politique et était persuadé qu’il reviendrait un jour. Les sondages tiennent toujours compte de cette possibilité : «Quand j'ai démissionné du gouvernement et de la Knesset en novembre 2014, il était clair que je reviendrais. La question était juste quand».
            Considéré comme le concurrent principal de Benjamin Netanyahou au sein du Likoud, Saar avait démissionné de la Knesset en octobre 2014. Il avait annoncé avec emphase, à Akko le 3 avril 2017, son retour en politique «Je suis ici ce soir pour vous dire que la pause est terminée. Je reviens à la vie publique et à la vie politique, pour le Likoud, pour le peuple d’Israël, pour l’État. Mon objectif est de renforcer le Likoud face à ses défis, et de m’assurer que le Likoud soit le parti du futur».
             Il avait à l’époque critiqué la décision de Netanyahou de limiter les constructions dans les implantations à la demande des Américains : «Nous devons nous demander : qui sommes-nous ? En tant que pays, en tant que peuple, au Likoud. On pressent le danger du retour aux mêmes vieilles exigences, quand Israël doit revenir aux frontières de 1967, ce qui, comme nous l’avons toujours estimé, représenterait un grand danger pour Israël et pour sa sécurité. Face à ce défi, nous devons renforcer le pays et renforcer le Likoud comme le parti politique national central en Israël».
Saar et sa femme

            Il ne cache pas son ambition : «Je ne suis pas pressé de devenir premier ministre, mais j'ai clairement dit à mon retour que j'avais l'intention de diriger le parti et le pays à l'avenir». Il sait qu’il peut compter sur sa femme Gueula Even Saar, l'une des meilleures journalistes d'Israël. Après trois ans de retrait, il était temps pour lui de se préparer aux élections : «Avant ma pause, j'étais très populaire au Likoud. Deux fois, j'ai été placé à la première place des primaires». Les sondages montrent aujourd’hui qu'il a gardé une avance sûre et importante sur les autres ministres.
            Pour lui les partis politiques changent tout le temps : «le Likoud est passé d'un parti de centre-droit à un parti purement de droite mais la tradition est de toujours soutenir le chef». Il reste cependant très prudent sur les enquêtes policières concernant Netanyahou, ne voulant pas croiser le fer avec lui malgré leurs divergences affichées : «Nous ne connaissons pas la situation dans son ensemble et je pense qu'il est très prématuré de faire entendre une voix politique à ce sujet».

            Sa position est pessimiste sur le plan du processus de paix enclenché par Donald Trump : «Je ne pense pas que nous puissions conclure un accord sur le statut définitif dans un avenir prévisible. La confiance entre les deux parties est nulle aujourd'hui, donc je pense qu'il est préférable de renouveler les négociations avec des objectifs plus modestes. Israël ne doit pas être seul à faire des concessions. Les Palestiniens doivent mettre fin à leur incitation à la haine et à la violence. Ils ont également besoin d'un leader fort qui peut les amener à un compromis historique. Deux États est une formule trompeuse et je m'oppose à l'idée. Les Palestiniens en ont déjà trois - un à Gaza, une entité autonome en Cisjordanie et un autre avec une majorité palestinienne en Jordanie. Même si Israël se retirait sur les lignes de 1967 - ce à quoi je m'oppose - les Palestiniens ne seraient pas capables de former un État économique viable. Ce serait trop petit, pas d'accès, pas de contrôle de ses frontières ou de son espace aérien. Il n'aurait pas les droits ou la capacité d'un État normal. La solution logique est de connecter l'entité palestinienne avec la Jordanie, où la majorité de sa population est palestinienne».
            Saar veut être premier ministre mais la loi autorise seulement un membre de la Knesset à occuper ce poste. Il devra donc postuler sur la liste du Likoud pour entrer à la Knesset. C’est pour cela qu’il adopte un profil bas face aux affaires judiciaires du leader du Likoud pour ne pas minimiser ses chances. Pour cela il entrevoit des voyages en Israël au contact des sections locales du parti pour renouer avec ceux qui l’avaient toujours placé en tête des candidats. 
          Mais malgré leurs désaccords, certains disent leur haine, et malgré le blocage qu'a subi sa femme pour être finalement désignée présentatrice vedette des informations de la nouvelle société publique de radiodiffusion Kan, il sait que se serait suicidaire d’attaquer de front Netanyahou, par loyauté envers le chef incontesté. Gideon Saar est un redoutable concurrent pour la droite. Mais les boules puantes ne manquent pas et les accusations fantaisistes aussi. Il en été la victime. Le danger ne vient pas de ses adversaires politiques mais de ses amis : Garde-moi de mes amis...


1 commentaire:

Georges KABI a dit…

Guidon Saar est politiquement liquide. Il peut dire ce qu'il veut, quand il veut mais tant que Bibi sera aux commandes, et a mon avis il le sera pour au moins encore 12 ans, Guideon Saar pourra penser a sa carriere professionnelle.
Sa vie personnelle a ete aussi un facteur dans sa chute. Les Israeliens copient les Americains et observent a la loupe la vie privee de ses politiciens et autres faiseurs d'opinion.
Guideon Saar ne pourra jamais retourner dans une quelconque liste du Likoud. Pour un homme qui a passe pratiquement toute sa vie adulte dans la politique, ne le savait-il pas.
Jacques, je regrette, mais j'ai l'impression que ton travail sur cet homme a ete une pure perte. Amsallem a plus de chance d'etre un jour ministre que Saar d'etre un jour depute.