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lundi 12 février 2018

La France déchirée, Marianne ARNAUD



LA FRANCE DÉCHIRÉE

Marianne ARNAUD
Copyright © Temps et Contretemps

            


        C'est Bruno Le Maire - transfuge des LR - ministre de l'Économie du président Macron qui, de retour du Forum de Davos, s'est exprimé ainsi : «La France va mieux, mais la France est déchirée entre les gagnants et les perdants de la mondialisation ou des nouvelles technologies...». Était-ce donc une découverte ? Pouvaient-ils, lui et le président Macron ignorer les travaux du géographe de gauche – si tant est que ce mot veuille encore dire quelque chose – qui depuis les années 1990 élaborait une nouvelle géographie sociale de la France aboutissant en 2010 à la parution d'un livre à succès : «Fractures françaises» ?




            Et voici qu'en 2014, Christophe Guilluy dans «La France périphérique» explique que désormais il y a deux France : la France des métropoles, qui profite de la «mondialisation heureuse», et la France périphérique, celle des villes moyennes et des zones rurales, éloignée des bassins d'emploi et qui souffre. Cette France laissée pour compte et même méprisée – souvenons-nous des «sans dents» du président Hollande ou des «gens qui ne sont rien» du président Macron – cette France-là qui représente 60% de la population française s'est, d'élection en élection, réfugiée toujours plus dans le vote protestataire, contestant par le bas une oligarchie en laquelle elle ne se reconnaît pas.

            Or neuf mois après l'intronisation tonitruante du Président Macron qui promettait, au choix de : renouveler, transformer et même révolutionner la politique française, rien n'a fondamentalement changé. Et voilà que même ceux qui l'ont porté au pouvoir en mai dernier, ont renâclé à confirmer leur vote aux élections législatives partielles de ce mois-ci.
            La dette abyssale de la France qui atteint presque 100% de son PIB, ne baisse toujours pas, alors que la dépense publique atteindra 56,2% selon les prévisions du FMI ! Le président Macron s'est engagé à faire 60 milliards d'euros d'économies au cours de son quinquennat, mais en même temps, il prétend venir à bout du chômage structurel, bien plus que conjoncturel, dont souffre la France. Comment pourra-t-il y parvenir, sans s'attaquer frontalement à la dépense publique ainsi qu'à l'âge du départ à la retraite ?

            L'épisode de Notre-Dame-des Landes a fait apparaître au grand jour une partition de la France où quelques centaines d'extrémistes gauchistes ont gagné le bras de fer qu'ils avaient engagé avec l'État. L'un d'entre eux avait exposé la méthode dès le 20 décembre dans une tribune du Monde : «L'enjeu pour les militants zadistes sera de rendre la situation politique intenable pour le pouvoir de l'État, jusqu'à l'obliger à négocier les conditions de sa défaite par la conclusion d'une paix». Ce qui fut accompli à la lettre, même si le pouvoir s'est targué d'avoir pris «la bonne décision».
            Et voilà qu'on dirait que toute la France d'en bas a décidé de monter à l'assaut du pouvoir ! Un jour, ce sont les policiers et les forces de l'ordre qui s'estiment maltraités. Un autre, les gardiens de prison qui se mettent en grève, à cause de la dangerosité de leur mission. Puis ce sont les personnels des EhPAD, ces établissements d'hébergement des personnes âgées, qui se plaignent de leurs conditions de travail. Tous les jours une nouvelle catégorie sociale attire l'attention des media, comme ces familles modestes qui se sont battues pour acheter de la pâte à tartiner en promotion dont les images ont, paraît-il, fait le tour du monde !
Maison de retraite Ehpad

            Mais les problèmes de la France ne s'arrêtent pas là car déjà on nous annonce le retour des djihadistes français partis combattre en Irak ou en Syrie. Or même si un sondage IFOP révèle que 82% des Français interrogés souhaitent que «les autorités françaises n'interviennent pas et laissent ces personnes être jugées et condamnées sur place», contre 18%, qui voudraient que «ces personnes restent dans notre pays pour y être condamnées selon la loi française», gageons que, comme d'habitude, on ne demandera pas leur avis aux Français. D'autant qu'au niveau de l'État le choses ne semblent pas aller de soi.
Nicole Belloubet

            Ainsi il semble à peu près acquis que les djihadistes adultes seront jugés dans le pays où ils sont incarcérés. Mais Nicole Belloubet, Garde des Sceaux, a déjà cru devoir affirmer : «bien entendu, s'il y avait une question de peine de mort, l'État français interviendrait». Le ministère des Affaires étrangères de Jean-Yves Le Drian préfère éviter le débat, mais l'Élysée et le Quai d'Orsay ont déjà rappelé que la situation des mineurs serait examinée au « cas par cas », et tant pis pour le principe d'égalité de tous devant la justice. Au ministère des Armées, Florence Parly est beaucoup plus expéditive : «S'il y a des djihadistes qui périssent dans ces combats, je dirais que c'est tant mieux». Il semblerait que 700 djihadistes français sont encore présents dans la zone irako-syrienne, et déjà les familles, par leurs avocats, attaquent l'État en justice, pour non- assistance à personne en danger, accusant la France de laisser leurs enfants en détention arbitraire.
            Pour l'heure, entre 100 et 120 individus sur les 300 à 400 incarcérés après l'attentat du Bataclan, devraient sortir de prison entre 2018 et 2020. Un préfet de la place Beauvau considère qu'il aura fallu moins de cinq ans de prison pour en faire «des bêtes encore plus violentes, haineuses et islamisées que leurs frères revenants» !

Les citations sont extraites de la revue Valeurs Actuelles


2 commentaires:

Claude Meillet a dit…

Sans dire comme Pangloss que ''tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes'', voilà un parfait exemple de la démonstration que tout va pour le pire dans le pire des pays du monde qu'affectionnent beaucoup de Français d'Israêl à propos de leur pays d'origine.
Claude Meillet

Marianne ARNAUD a dit…

Monsieur Meillet,

Sans doute que Jonathan pourrait vous expliquer mieux que je ne saurais le faire, qu'il ne faut pas confondre la France, ce merveilleux pays d'art et de culture avec sa classe politique déliquescente qui, loin de représenter le peuple français, ne représente qu'elle-même.

Cordialement.