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jeudi 1 février 2018

Que se passe-t-il Outre-Rhin par Dov ZERAH



QUE SE PASSE-T-IL OUTRE-RHIN ?

Le point économique de Dov ZERAH


           
           La croissance allemande devrait atteindre 2,3% en 2017. Après les 1,9% en 2016, 1,7% en 2015 et 1,6% en 2014, c’est le taux est le plus élevé depuis 2011 et la sortie de la crise de 2008-2009 ; ce cycle de croissance est aussi particulièrement long depuis longtemps. La consommation privée reste le principal moteur du soutien de l’activité économique grâce à un taux de chômage exceptionnellement faible depuis 1990 ainsi qu’à l’afflux des migrants depuis cinq ans.



            La quatrième puissance économique au monde affiche une réussite économique et financière exceptionnelle :
Ø  Depuis 2014, les comptes publics sont excédentaires pour atteindre en 2017 un surplus de près de 40 milliards€, soit 1,2% du PIB
Ø  Cette évolution de la situation budgétaire a entrainé une réduction régulière de l’endettement public. Après avoir atteint un pic de près de 83% du PIB en 2010, ce ratio devrait atteindre environ 60% à la fin de cette année. Ce résultat découle d’un contrôle strict de la dépense publique encadré par un mécanisme relatif au frein à l’endettement inscrit dans la loi fondamentale et repris les constitutions de certains Landers.
Ø  Les trois principales agences de notation accordent depuis de nombreuses années la meilleure note possible à l’Allemagne, ce qui fait des taux des emprunts gouvernementaux de 10 à 30 ans, les Bundesanleibe, les taux directeurs sur ces marchés.
Ø  Année après année, le pays enregistre un excédent commercial qui a été, en 2016, avec près de 300 milliards$, le plus élevé au monde, supérieur à celui de la Chine.
            Une des zones d’ombre à ce tableau, la démographie. Depuis le début des années quatre-vingts, le taux d’accroissement naturel est négatif. Le taux de fécondité est de 1,5 enfant par femme. Avec plus de 82 millions d’habitants, le pays est confronté au vieillissement de sa population et à ses effets collatéraux, principalement sur son système de retraite. Cette situation explique peut-être la politique d’accueil particulièrement favorable du Gouvernement allemand depuis 2013. Et pourtant, la mécanique allemande connaît des ratés.

            Les constructeurs automobiles allemands, et surtout Volkswagen, défraient la chronique avec leur production de véhicules roulant au diesel. Le « dieselgate » porte sur :
Ø  La mise en place de logiciels permettant de masquer les émissions de gaz à effet de serre
Ø  L’utilisation d’animaux, voire d’humains pour procéder à des tests
            Créée en 1937 pour produire et vendre la voiture du peuple, la marque emblématique de Wolfsburg encourt des pénalités très élevées dans plusieurs pays.
            Les élections législatives du 24 septembre 2017 ont fragmenté le paysage politique allemand avec :
Ø  L’irruption du parti d’extrême-droite, Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui a remporté 94 sièges
Ø  Le plus mauvais résultat enregistré par les deux grands partis, les démocrates-chrétiens et les socio-démocrates qui n’ont plus que 56 % des députés.
AfD

            Ce résultat explique la difficulté à constituer une coalition depuis 4 mois. Au-delà des effets négatifs dus à l’absence de gouvernement, la résurgence du racisme et de la xénophobie soixante-dix ans après la chute du nazisme peut inquiéter.
            Après avoir passé 12 ans à la tête du pays, la chancelière Angela Merkel devrait néanmoins aboutir, mais en acceptant de nombreuses mesures consistant à accroître la distribution des richesses, notamment par des réductions d’impôts.
            Le légendaire consensus allemand semble plus difficile à trouver tant dans la sphère politique que dans le monde économique. Les mouvements sociaux se multiplient depuis 2015 : Deutsche Post, Lufthansa, personnels des crèches publiques… Malgré une forte augmentation des jours de grève, l’Allemagne est encore loin derrière les autres pays européens.

            Qu’en sera-t-il avec le mouvement qui se profile dans l’industrie, l’automobile, l’électronique, et la métallurgie ? Les syndicats réclament de manière classique 6% d’augmentation des salaires, mais surtout la semaine de 28 heures en lieu et place des 35 heures.

            Tant l’État fédéral que les industriels allemands ont les moyens de faire face à ces revendications dont la satisfaction est de bon augure tant pour conforter la croissance allemande que pour alimenter l’activité européenne.

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