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dimanche 28 janvier 2018

Chronique d'humeur : la déroute de la presse francophone en Israël



Chronique d’humeur

LA DÉROUTE DE LA PRESSE FRANCOPHONE EN ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

            


          Quand un journal cesse de paraître, c’est tout un pan de démocratie qui s’éteint. La presse francophone de qualité en Israël est dans la tourmente. Malgré les 150.000 francophones qui restent attachés à leur culture, elle n’arrive pas à s’imposer alors que les Anglophones disposent de deux journaux papier : Jerusalem Post et Haaretz. Bien sûr il existe plusieurs feuilles de choux, souvent de caniveau, sans aucun intérêt intellectuel, qui paraissent chaque semaine mais il s’agit plus de supports publicitaires de bas niveau que de journaux politiques d’opinion.




            Le Jerusalem Post, édition française, cessera d’être diffusé au mois de février 2018. Ce titre prestigieux, qui comporte certes beaucoup de lacunes et d’insuffisances, n’arrive pas à boucler ses fins de mois car les lecteurs ne sont pas au rendez-vous, 300 exemplaires vendus chaque semaine. Internet n'est pas la cause de cet effondrement car les journaux papier ont encore une longue durée de vie. Mais la direction du journal n’a jamais été à la hauteur parce qu’elle ne comporte pas de vrais journalistes, non pas au sens de la carte de presse, mais au sens de la qualité de la plume. Le journal n’a pas évolué et sa politique éditoriale se borne à des articles traduits de l’anglais, à une ou deux exceptions près, ce qui ne répond pas aux exigences françaises. Et pourtant les talents ne manquent pas en Israël, s’ils sont cependant payés à leur juste valeur.
André Scemama

            Mais il faut noter aussi que la presse francophone n’est pas aidée par le gouvernement israélien; alors elle ne peut pas s’en sortir. Dans les années 1960/70, le gouvernement travailliste avait compris l’importance d’un journal de langue française qui portait la voix d’Israël à l’étranger, surtout en Afrique qui est le continent de l'avenir. Il avait financé pendant plusieurs années «l’Information d’Israël» alors que le nombre de francophones était loin d’être aussi important qu’aujourd’hui. Le journal fut la pépinière de grands talents et le point de chute de journalistes de renom de la diaspora : Felix Allouche (Paris Match), David Catarivas (ministère des affaires étrangères), André Scemama (Le Monde), Tony Gryn, Victor Ciegelman (Nouvel Observateur), Maurice Politi, et bien d'autres. Il s'agissait alors de journalistes d'un autre calibre.
Félix Allouche

            Le financement d’un journal serait une goutte d’eau pour le budget du gouvernement qui doit comprendre qu’il est important que la voix française en Israël existe, parce que les chancelleries étrangères s’en inspirent. La France aussi aurait pu intervenir pour maintenir la prépondérance de sa langue dans un pays totalement anglophone et à présent russophone. La Francophonie dispose de budgets gaspillés dans des opérations stériles alors que la langue de Molière et de Victor Hugo doit rester vivante en Israël.

            Pourtant, il suffirait que les petites feuilles locales s’allient pour donner naissance à une publication sérieuse, de référence, pas seulement messianique, avec quelques signatures réputées. Pour cela, il faudrait qu’il y ait un seul directeur de publication et un seul rédacteur de chef ce qui n'est pas acceptable par les petits chefs. En effet, les petites ambitions sont nombreuses et les Francophones ne sont pas réputés pour être des fanatiques du rassemblement parce que leurs intérêts personnels priment. On se souvient que dans des villes comme Netanya ou Ashdod, trois listes francophones concourraient aux élections locales, pour un résultat nul. Pas moins de quatre associations se disputent les olims de France. L'union, ils ne connaissent pas.
            Les Francophones souhaitent s’inspirer de l’armée mexicaine, faite uniquement de chefs. Aujourd’hui ils paient leur inconséquence qui va réduire leur influence au sein de la collectivité israélienne parce qu’un journal est un moyen de pression politique et le support des revendications de ceux qui ont décidé de quitter la France pour l’aventure sioniste. Une voix s'éteint.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Oui, c'est lamentable. Je souscris à votre analyse pour avoir connu ce milieu de l'intérieur.
L'orgueil des petits chefs, le nombrilisme, la vanité, l'absence de considération pour les bonnes volontés... Et maintenant la recherche de petites profits à court terme...C'est la déroute. Et c'est bien dommage, car la culture française, bien moins mercantile que la pensée anglosaxonne, pourrait apporter beaucoup à Israël. Des petites feuilles continueront à paraître, ici ou là, tenues à bout de bras par quelques pigistes naïfs et sous-payés (quand ils sont payés). Je ne pense qu'il y aura un sursaut.
Les vrais talents, car il y en a, vont se tourner ailleurs.

Bliah Philippe a dit…

Triste constat en effet ! Sauf méconnaissance de ma part je ne vois pas mis à part "Israel Magazine"- un seul journal papier y compris hebdomadaire de qualité de forme et de fond, le reste étant d'une médiocrité telle qu'on en voudrait meme pas pour emballer des légumes au marché.
Cela tient il au fait qu'Israel est devenu un pays de culture anglo saxonne, que l'information "qui compte" vient de ce type de journalisme ?Qu'il faille prendre en consideration que les francophones éduqués sont plutot assimilés à cette culture ou bien lisent en hébreu?
Que l'information passe plutot par l'internet et les réseaux sociaux?
Sans doute un peu des trois..
Bien malin qui peut donner une reponse claire a cette question.
Ceci dit la presse franco française se porte également trés mal, ne survivant pour les plus connus d'entre eux (Le Monde ,Leberation, Le Nouvel Obs..etc) qu'à coup de subventions de l'Etat avec tous les risques que comportent la dépendance.
N'en est il pas pire pour la presse juive française du style "L'Arche"et je crois "Tribune juive" de meilleure qualité que ceux de la presse franco israélienne et qui ont disparu sur le territoire français?
La communauté juive francaise en Israel a t'elle un rattachement autre qu'utilitaire pour la langue francaise? Cette question mérite d'etre posée à la lumiére d'une réalité ;les enfants des francophones de première et deuxième generation regardent la société israelienne, le monde anglo saxon et asiatique et nes sont aucunement interessés au maintien de la culture française, que cela plaise ou non, considérant au mieux s'en débrouiller pour une conversation banale courante...et encore lorsque les parents ont fait des efforts pour les maintenir dans cette direction.
La France n'a plus qujourd'hui le prestige ou l'influence de son passé et cela joue sur les transplantés d'un pays à l'autre.
A cet égard qui connait un journal franco-anglais ou franco londonien de qualite alors qu'à Londres la communauté française avoisine parait-il 500.000 personnes?
Idem de la communauté française vivant aux USA!!
Pour revenir à Israel, si les critiques sont fondées envers la presse juive française, n'en est il pas de meme pour d'autres communautés autrement plus nombreuses et mieux organisées pour parler de celle des russes dont on ne connait en notoriété aucune publication?

Old Dreamer a dit…

Il était une fois dans les années 50 un pays d'immigrants, avec un ministre avec une grande voix (en hébreu: Kol) qui décida de créer des organes de presse afin de "canaliser" les idées et la parole du nouvelle immigrant de toute origine.
Les "journalistes" d’origine diverses étaient d’anciens prof, intellectuels sous-payés. Des fois des journalistes francophones vivant à Neuilly. Tout ce beau monde traduisait des nouvelles de l’hébreu en polonais, yiddish (Letze Nieus- לעצט נייַעס), roumains (Revista Mea) et du français en hongrois. Les roumains étaient les «reporteurs » francophones principaux de la politique travailliste local de l'époque. Sans oublier les hongrois et lithuaniens qui traduisaient à leur manière les dernières nouvelles censurées d'il y a un mois.
De toute manière quelle importance, les lecteurs étaient de pauvres êtres harassés par la chaleur et le travail. La clim et le smartphone c’était après. Et puis imaginez un juif de Casa habitant Dimona en train de lire "L'information d'Israël" sous une cabane-avec-toit-en-tôle installé dans son fauteuil avec 6 mômes et une femme qui se lamentent sur leur passé fastueux.
Ces feuilles de choux servaient essentiellement a publiés les avis de décès et une petite idéologie de l'Agence Juive revisitée á la sauce du Patron/Rédacteur-en-chef/Membre du Parti. Tout cette "empire" sous la baguette d'une personne qui se voyait dans le rôle de Citizen Kane local.
Environ 25 feuille-de-choux dans toutes sortes de langues imprimaient á Tel Aviv Rehov Harakevet. C'était épique et horrible. Je l’ai un peu vécu, un cauchemar !
Ma conclusion : nos immigrants francophones ont voulu s'intégrer et les reportages très tendance « la vie rose » écrits en mauvais français les attristaient.
Et maintenant, la Big cata! Des rescapés de Sarcelle publient afin de se refaire des petits mensuels en français plein de pub immobilières et fausses news. et ils sont distribués nulle part.
Le français est-il une langue d’avenir en Israël et dans le monde ?
Sommes-nous les derniers des mohicans ?

Jacques Benichou a dit…

les dirigeants du J.P.sont responsables de cet echec ,j,ai quitte le J>P>,ayant constate que la plupart des articles etaient traduits de l,edition anglaise ,les dirigeants ne sont pas alles chercher des journalistes francais et ces derniers ne pouvaient pas forcer la porte;ils ont supprime la tribune libre et ont fait la fine bouche quand un texte leur etait propose>