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mercredi 20 décembre 2017

Qu'attendre de 2018 par Dov ZERAH



QU’ATTENDRE DE 2018 ?

Le point économique de Dov ZERAH


           
          
           L’arrivée d’une nouvelle année est toujours l’occasion de faire un bilan et d’essayer de repérer les perspectives pour la nouvelle année. Quelles sont les conclusions pour 2017 ? Quels sont les principaux sujets de préoccupation pour 2018 ?



            2017 a été marquée par les initiatives bellicistes de la Corée du Nord et les échanges d’«amabilités» verbales entre Donald Trump et Kim Jong-un. Pourtant, les différentes escalades ne se sont pas transformées en conflit armé. La Chine ne peut accepter une remise en cause de son amical voisin, et en a besoin pour contrebalancer la Corée du Sud. Les Américains ne peuvent prendre le risque d’agresser la Corée du Nord, et d’entrer dans un conflit généralisé avec la Chine. Nous sommes, comme durant la guerre froide entre Etats-Unis et Union soviétique, dans un équilibre de la terreur. Il devrait perdurer en 2018.
            Un des acquis de 2017 est la fin de l’Etat islamique. Cela ne signifie pas pour autant la fin de l’islamisme radical, mais celui-ci n’a plus de base territoriale avec des ressources pétrolières. La fin du califat et l’absence de concrétisation des ambitions kurdes clarifient la situation en Irak qui renoue avec la paix. Grace à la Russie et à l’Iran, la Syrie est en train de sortir de la guerre civile, malgré la persistance de la rébellion des opposants. Est-elle néanmoins en mesure de trouver la solution politique ? Le maintien de Bachar El Assad, à la fois inéluctable et problématique, peut compliquer le retour à la normale.
            Ces stabilisations ne diminuent pas toutes les tensions au Proche-Orient. L’opposition entre chiites et sunnites s’accentue jour après jour, et la perspective d’un conflit armé marquera l’année à venir. Effets collatéraux du fossé entre les deux mondes islamiques, le mouvement de modernisation des pétromonarchies, et leur rapprochement avec Israël. Jamais la perspective d’une paix entre Juifs et Arabes sunnites n’a été aussi grande ; il faut espérer que les leaderships israélien et palestinien ne laisseront pas encore passer cette exceptionnelle opportunité.
            Les conflits, asiatique et proche orientaux, démontrent que nous sommes entrés dans un monde tripolaire, un partage du pouvoir entre Etats-Unis et Chine pour l’Asie, entre Etats-Unis et Russie pour le Proche-Orient. La voix européenne ne semble pas porter même sur les conflits européens oubliés, la Crimée et l’est ukrainien. Plus personne ne parle de l’annexion de la Crimée par la Russie, de la remise en cause unilatérale des frontières. Qui encore évoque la situation dans l’est ukrainien, et les accords de Minsk ?
            Le BREXIT, l’absence de coalition allemande et de gouvernement, la crise catalane affaiblissent l’Europe. Pourtant, les perspectives européennes apparaissent plus positives, nonobstant l’importance des défis. Si l’Europe veut encore participer à l’écriture de l’Histoire, elle doit repousser les fantômes du nationalisme et du repli sur soi, et progresser dans l’approfondissement communautaire. Le regain de croissance sur le vieux continent constitue une véritable opportunité.
            L’économie mondiale croit à un rythme satisfaisant, 3,5% en 2017 après 3% en 2016, et la croissance pourrait passer en 2018 à 3,6%. C’est la meilleure performance depuis 2011. La crise de 2008-2009 semble bien derrière nous. Mais les interrogations, voire les inquiétudes, sont nombreuses.
            Les Etats-Unis connaissent un cycle de croissance exceptionnellement long. Peut-il encore se poursuivre en 2018 ? Même si la concrétisation des mesures fiscales pourrait renforcer le mouvement, une correction boursière n’est pas à exclure. En tout état de cause, la FED poursuivra son atterrissage monétaire avec la remontée des taux américains.

            Qu’en sera-t-il du dollar ? Comment la dépréciation du dollar pourrait-elle se poursuivre avec l’augmentation des taux américains ? Ce sera une des grandes questions de 2018.
            En Chine, les autorités s’attendent à une croissance de 6,5% en 2017 contre 6,7 en 2016 et 6,9 en 2015. Le ralentissement devrait se poursuivre. Le corps social chinois acceptera-t-il une telle perspective ? Le système très endetté la supportera-t-il ? Une chute boursière comme celle de l’été 2015 est-elle possible ? Autant de questions à suivre.
            De son côté, la zone euro a une croissance qui se renforce, qui devrait atteindre 1,7% en 2017, grâce à la reprise mondiale, aux réformes structurelles, à la politique monétaire de la BCE. Même si la crise des dettes souveraines est dépassée, le sujet grec apparait de plus en plus comme un mauvais souvenir, les nuages sont nombreux sur l’Europe. Combien de temps la BCE pourra-t-elle poursuivre sa politique accommodante ? Comment va-t-elle faire face à la remontée de l’euro ?
            Enfin, la croissance mondiale est confortée par l’amélioration de la situation des pays émergents et en développement, même si les situations sont très différenciées, grâce à la remontée des cours du pétrole, des métaux de base et des matières premières agricoles. 2018 dépendra en grande partie du prix des hydrocarbures. Sera-t-il orienté à la baisse à cause du développement de la production américaine, alimentée par les innovations techniques, ainsi que par la faiblesse de la demande chinoise, ou à la hausse du fait des incertitudes proche-orientales ? Ce sera un des grands questionnements de 2018 ?
            Il en sera de même pour les progrès ou reculs de la gouvernance mondiale mise à mal par Donald Trump avec la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris dans la lutte contre le réchauffement climatique.
            Il me reste à vous présenter mes meilleurs vœux de bonne et heureuse année, et à vous donner rendez-vous mardi 9 janvier.


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