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dimanche 26 novembre 2017

Ultras par Claude MEILLET



ULTRAS

L'opinion de Claude MEILLET

            

          Le mot, lui-même, sonnait pour lui comme une alerte. Au singulier, il le rendait méfiant. Au pluriel, il lui faisait peur. Et comme l’ultra, ça se pratique plutôt en meute, il se retrouvait souvent plutôt en position de rétractation que d’observation. D’autant plus que les ultras, ça fait du bruit. Par contraste avec les tempérés qui eux, modèrent leur voix.


           Jonathan constatait que dans beaucoup de lieux, au Moyen-Orient comme en Occident, dans beaucoup de domaines, en politique comme médiatiquement, les extrêmes s’enhardissaient, passaient de l’ombre à la lumière. Et comme toujours avec les ultras, avec une morgue triomphante. Ce qui le poussait à évaluer la dimension du phénomène.

            La tolérance, par exemple. Elle apparaissait soudainement comme un concept et comme une pratique très abimés. «Au secours Voltaire», avait-il envie de crier. Les vieux démons ressurgissaient et faisaient de petits nouveaux. Le racisme et son grand frère l’antisémitisme se faisaient accompagner d’une islamophobie, d’un islamo-gauchisme, et par dessus le marché d’un antisionisme tout frais éclos. Chacun avec ses ultras, parfois jubilatoirement complices, et parfois férocement antagonistes.
            Bien entendu, ces cancers idéologiques migraient et gangrenaient allègrement l’univers politique. Il tentait par scrupule, de rester aussi objectif que possible dans son constat. Mais il lui semblait ne pas trop verser dans le parti-pris, ne pas être lui-même ultra, en voyant partout la droite traditionnelle, forte du triomphe du capitalisme, taxer d’indignité la gauche, la traiter en ennemi et non plus en adversaire. Comme jadis en des temps plus policés et démocratiques. Au risque pour elle d’ailleurs de jouer l’arroseur arrosé comme en France, sous l’effet de la marche rapide du macronisme. 
            La redoutable combinaison de l’extrémisme religieux et de l’ultra nationalisme, constitue un cocktail explosif. Sous son effet, sans cesse plus manifeste, Israël se met à frôler dangereusement la sortie de route. La route originale d’un pays laïc, avec la mainmise du religieux sur la politique gouvernementale. D’un pays solidaire, avec l’accroissement continu du déséquilibre riches/pauvres, D’un pays respectant la liberté, la séparation des pouvoirs, avec la remise en cause des autorités juridiques par la politique. Un pays respectueux des droits et porteur d’humanisme, avec la perpétuation du déséquilibre majorité/minorités, le manu-militari du traitement des migrants. Un pays de la Loi, avec les inévitables dérives morales liées au confinement de la situation israélo-palestinienne.
            Évolution favorisée par l’ombre grandissante d’une menace iranienne de plus en plus directe. Et rapprochée. Ici, l’extrémisme chiite au pouvoir, désignant clairement Israël comme la cible hérétique à éliminer, prône ouvertement et par Hezbollah interposé, sa conviction que la guerre ne sera que la continuation de la politique par d’autres moyens.
AfD néo nazis

            Les pays européens ne sont d’ailleurs pas en reste dans la montée des intolérances. La résurgence des néo-nazis avec leur arrivée au Bundestag, La prise de pouvoir de l’ultranationalisme en Hongrie, en Pologne, en Autriche. La présence permanente en France de la droite ultra, même dernièrement secouée, additionnée récemment de celle toute récente d’une extrême-gauche tonitruante. Les exemples s’accumulent dangereusement.
            Les mêmes causes produisant les mêmes effets, Jonathan se mit à répertorier ces causes à portées multiples. La peur du changement lui apparut une des premières. La transformation du monde contemporain, si rapide qu’elle en devient difficilement assimilable, provoque l’excès de tous les refus. L’ultra devient refuge. L’exploitation médiatique de tous les dangers pousse probablement de son côté à amplifier les peurs et conforter la revendication sécuritaire brandie par les ultras de tout bord. Et puis, face à la complexification accrue, car tout se sait, tout se voit, le simplisme des solutions binaires paraît facilement rassurant.

            Sauf que…… Talleyrand, fin connaisseur des ressorts individuels et collectifs, l’a révélé, «tout ce qui est excessif est insignifiant». Le blanc n’est pas l’alternative au noir, et inversement. Le gris, encore moins. La vraie réponse au noir du racisme, du radicalisme religieux, au blanc du vide moral, de la négation de l’humanisme, au gris des compromis honteux et boiteux, c’est la couleur. C’est-à-dire l’ouverture au monde et aux autres, le mouvement et non l’immobilisme, l’imagination et non la sclérose historico-spirituelle.
            La vie est couleur se dit Jonathan. Elle finit bien par effacer le noir et blanc.


2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Ne dirait-on pas que Jonathan ignore que : "Qui sème le vent, récolte la tempête" ?

Bernard NIVAL a dit…

Une extrême gauche tonitruante (sic) s'additionnerait en France à la droite ultra affirme M.Meillet . Commentaire honteux ! Comme si des Brigades Rouges ou des bandes à Bader sévissaient en France pour y créer le désordre ,voire la terreur .!! De qui se moque-t-on ?