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dimanche 19 novembre 2017

Tariq Ramadan démasqué par Gérard AKOUN



TARIQ RAMADAN DÉMASQUÉ

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
            

         Tariq Ramadan tombe du piédestal sur lequel l’avaient placé un certain nombre de journalistes, d’animateurs de télévisons et de radios. Pendant plus de quinze ans, le petit fils d’Hassan El Banna, le fondateur des Frères Musulmans, a pu tenir un discours hypocrite sur l’islam religion de paix, sur son désir de le réformer, de le sortir de l’obscurantisme, de le moderniser, de faire en sorte qu’il puisse s’adapter à notre société. Pour cela il fallait que la société française, c’est d’elle dont il s’agit, accepte quelques accommodements avec, en particulier, la laïcité.



Ramadan-Dieudonné-Soral

            On a considéré, en particulier dans les milieux intellectuels de gauche, que les musulmans étaient doublement des victimes : par leur situation passée, ils ont été colonisés, par leur situation présente, ils sont victimes du racisme, de la xénophobie, de la ségrégation sociale et du chômage. Ils sont aux yeux de la gauche, surtout de l’extrême-gauche, les nouveaux prolétaires, pire les nouveaux parias. Nous avons à leur égard, disent-ils, une dette difficilement solvable, il fallait donc tolérer un certain nombre de dérives d’essence religieuse qui auraient pu, qui auraient dû s’estomper avec l’amélioration de leur situation matérielle, et leur ascension dans la société. Ce discours était largement repris.

            Nous donnions la parole sur les ondes à des interlocuteurs qui nous confortaient dans nos certitudes en prononçant les mots que nous voulions entendre : «réformer l’islam, l’adapter à la modernité» sans dire quels changements y apporter. Si nous nous inquiétions d’une montée de l’antisémitisme, ils nous rétorquaient «les victimes du racisme ne peuvent être racistes, quand ils crient à mort les Juifs dans des manifestations pro-palestiniennes, il faut entendre « à bas Israël qui occupe la Palestine». Cela suffisait à en rassurer beaucoup. Un ami tunisien, opposant politique, me faisait remarquer qu’il suffisait à un ministre, interviewé par un journaliste français, d’employer les mots démocratie, liberté, antisionisme pour avoir en retour un article dithyrambique sur la petite Tunisie !
             Tariq Ramadan se faisait l’apôtre d’une société multiculturelle alors qu’il est un fondamentaliste qui croit à la suprématie de la loi de Dieu face à la loi démocratique. Il le laissa transparaître quand il expliqua benoitement qu’il était contre la lapidation des femmes, mais que dans la mesure où c’était écrit dans le Coran, on ne pouvait l’en retirer ; il proposait donc à tous les musulmans du monde un moratoire que chacun pouvait ou non appliquer. Mais il y eut les attentats contre Charlie Hebdo, Tariq Ramadan avait déclaré : «Je suis pour la liberté d’expression, je ne suis pas pour son usage lâche » et d’ajouter « je suis bien sûr contre les attentats que je condamne mais je ne suis pas Charlie». Il y eut les « oui… mais » que beaucoup ont partagé et dont Edwy Plenel se fit le porte parole en critiquant les caricatures. «Je ne pense pas que dans le débat public, on  puisse tout prendre à la rigolade, à l’ironie, et la moquerie. La haine ne peut pas avoir l’excuse de l’humour et la moquerie est condamnable si elle s’attaque à des gens, à des identités». Edwy Plenel continuait en 2015 à voir  en Tariq Ramadan «un intellectuel respectable» et sans «ambigüité». On peut parler pour le moins d’aveuglement idéologique.


            Tariq Ramadan, le gourou des jeunes musulmans, est accusé de viols, de harcèlement, d’autres femmes l’accusent d’avoir profité de son statut pour exercer sur elles une «emprise» mentale. Il va devoir répondre de ses actes devant la justice. Il crie au complot, ses défenseurs crient, évidemment, au complot juif, au complot sioniste. J’aurais préféré qu’il tombe de son piédestal, victime de son ambigüité idéologique qui, pour ce faussaire, consistait à faire croire aux non-musulmans qu’on pouvait mettre sur le même plan la charia et la démocratie.

3 commentaires:

denis sabrié a dit…

Tout est dit dans votre article, merci Mr. Akoun
Ce Tariq Ramadam devrait être expulsé d'Europe après son jugement et retour en Egypte, son cas au pays serait vite réglé...

Anonyme a dit…

Non monsieur vous n'avez pas tout dit vous faites partie de ceux qui se sont laissés enrobés par les discours des gens en particulier situés à gauche et pas forcément à son extrême. Il est facile aujourd'hui et j'espère pas trop tard de rejoindre ceux qui dénoncent depuis longtemps les discours et les agissements de ce prétendu intellectuel qui faisait la une des plateaux de télévision ou de radio mais quand d'autres dénonçaient le collaborationnisme de Plenel voire de celui d'Edgard Morin ou la complaisance de Frédéric Tadei qui invitait régulièrement cet homme mais pas que et entre autres houria bouteldja ( les indigènes de la république), vous étiez alors de ceux qui ne voulez pas voir et encore moins dire ce qu'ils voyaient. En ce temps si nous faisions référence à P Vall qui nous alertait sur les dérives de la Doxa et de la bien pensance vous la rejetiez en traitant cet homme de fasciste.
Non monsieur vous n'avez pas tout dit en particulier que vous vous êtes trompé. Il y a des mea-culpa salutaires

bakoun a dit…

je voudrais bien savoir dans quel lieu dans quelle circonstance, cette courageuse anonyme m'a t'elle entendu tenir ces propos? c'est facile d'accuser!