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samedi 18 novembre 2017

L'opportunité européenne par Dov ZERAH



L’OPPORTUNITÉ EUROPÉENNE

Le point économique de Dov ZERAH


           
          Depuis quelques semaines, le taux de croissance tant en zone euro que dans l’Union européenne est revu à la hausse. Début octobre, le FMI a revu à la hausse ses prévisions de taux de croissance de la zone euro à 2,1% pour 2017, contre une prévision de 1,7% en avril dernier. La commission européenne en a fait de même, avec une prévision à 2,2%, pourcentage nettement supérieur à la dernière estimation de 1,7%. Quelle que soit la modestie du niveau du chiffre comparativement aux chiffres passés ou à ceux de certains pays de par le Monde, jamais depuis dix ans, le vieux continent n’avait connu une telle croissance.



            Cette moyenne recouvre de fortes disparités nationales entre d’une part les 4,8% de l’Irlande, les 4,2% de la Pologne ou les 3,2% des Pays-Bas et de la Suède, et d’autre part le taux italien de 1,5%. Cette accentuation de la croissance est due à une bonne conjoncture internationale, à la reprise de l’investissement privé, et au soutien de la consommation grâce notamment à la baisse du chômage.
            Ces résultats démontrent la capacité de la zone euro à avoir dépassé une incroyable accumulation de crises, celle des subprimes de 2008, celle des dettes souveraines, celle grecque sans insister sur les effets collatéraux du BREXIT ou sur le risque catalan. Ils confortent ceux qui n’ont cessé de croire en l’Europe, en l’Euro, en sa capacité à faire face. En revanche, ils démentent tous les oiseaux de mauvais augure qui pariaient sur la sortie de la Grèce, tous les Cassandre qui prévoyaient ou préconisaient l’explosion de la zone euro.
            Dans cette période, les bonnes nouvelles macro-économiques vont faciliter les ajustements et entraîner une réduction automatique des déficits grâce à des rentrées fiscales inattendues, ainsi qu’une diminution de l’endettement public en pourcentage du PIB. Mais, il faut faire attention que l’embellie n’entraîne pas un relâchement de la rigueur budgétaire.
Joseph reconnu par ses frères

            Rappelons-nous la première leçon d’économie donnée par Joseph, il y a plus de 3 500 ans (Le Pentateuque, Genèse, chapitre XLI, versets 34 à 36). Pharaon ne choisit pas Joseph pour l’interprétation des rêves pharaoniques, mais parce qu’il propose une solution pour faire face à la situation catastrophique qui s’annonce. Que suggère Joseph ? il développe, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le principe assurantiel. Il s’agit de mettre de côté en prévision de jours moins favorables. Ce principe est à la base des mécanismes d’assurance ; il recommande à Pharaon de profiter des années de vaches grasses pour mettre de côté une partie des bonnes récoltes, pour épargner, pour avoir les moyens d’affronter les années de vaches maigres.
            Le commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici, a invité les responsables européens à saisir cette «occasion historique» pour sortir des déficits et de la spirale de l’endettement. Il faut anticiper le retournement conjoncturel car le cycle finira par s’inverser à cause de l’appréciation de l’euro ou des risques des marchés financiers... De même, l’inéluctable atterrissage monétaire compliquera le financement des États et renchérira le coût. Les récentes décisions de la Banque centrale européenne (BCE) laissent prévoir une réduction de ses achats de titres publics, avant la remontée des taux, selon une démarche identique à celle adoptée depuis plus de deux ans par la FED américaine.
Pierre Moscovici

            Il convient de souligner qu’aussi bien l’explosion de la masse monétaire que l’accélération de la croissance n’ont eu aucun effet sur l’inflation. Cela remet en cause de nombreux schémas traditionnels. L’explication tient probablement dans la concurrence sur le marché mondial si débridée qu’elle bride les prix.
            La BCE ne peut indéfiniment poursuivre sa politique monétaire accommodante car l’accroissement des liquidités est de nature à créer des bulles spéculatives. Certains considèrent que l’Europe a une véritable bombe avec les 1.000 milliards€ de «non performing loans» (NPL), 865 selon la BCE dont 250 pour l’Italie, 147 pour la France, 131 pour l’Espagne, 110 pour la Grèce...Il est grand temps de résorber cette situation pour éviter d’avoir à confronter une crise bancaire ou une résurgence de celle des dettes souveraines.



            Enfin, l’Europe a une fenêtre pour réformer la zone euro dans le calme et non sous la pression des événements. Les chefs d’État et de gouvernement européens doivent se retrouver à la mi-décembre pour trouver les voies et moyens de conforter la zone euro peut-être avec une nouvelle gouvernance articulée autour d’un budget de la zone, disposant d’une ressource propre prélude à une véritable convergence fiscale, piloté par un ministre et contrôlé par un Parlement. Cette perspective exige au préalable la constitution d’une coalition en Allemagne, la réalisation d’un accord franco-allemand, et in fine l’émergence d’une majorité européenne. Le chemin est long, compliqué. Mais, c’est la première fois depuis longtemps que se présente une telle opportunité. Espérons qu’elle ne soit pas ratée !

1 commentaire:

denis sabrié a dit…

Pas de quoi pavoiser...depuis la fin des "trente Glorieuses" de Jean Fourastié (mon voisin d'été) la France n'a connu que la crise à toutes les sauces..ça fait 40 ans...c'est longuet..et c'est 2 génèrations de sacrifiées et qui connaissent toujours la pauvreté..
les fils ou les filles D'Auteuil Neuilly Passy plus les enfants des industriels de la F.N.S.E.A et j'en passe s'en tirent très biens comme d'habitude...
A part ça, la mondialisation à l'Américaine en Europe est une catastrophe autant économique que pour l'environnement, en plus la France a misé sur un énorme gouffre financier lié au nucléaire.. et les 1,7% d'augmentation du P.I.B.à coté sont vraiment ridicules..
encore 1500 emplois délocalisés vers la Pologne subventionnée par l'Europe..
Que vont devenir ces 1500 personnes..?