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mardi 14 novembre 2017

Le mal européen de la conversion à l'islam



LE MAL EUROPÉEN DE LA CONVERSION À L’ISLAM

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps


Le djihadiste français Maxime Hauchard
            
          Le drame des volontaires djihadistes européens en Syrie a mis en évidence la maladie moderne des conversions à l’islam. Ce qui n’était qu’une simple exception, est devenue un mal qui s’est amplifié et propagé à travers toutes les classes sociales. Les convertis suscitent des fantasmes et surtout des craintes alors que dans le fond, selon plusieurs enquêtes, ils vivent leur nouvelle religion avec beaucoup de problèmes et dans une grande solitude. En effet la conversion à l’islam qui touche près de 2% des musulmans en France, a connu un essor fulgurant avec le succès de Daesh. Parmi eux, les convertis radicalisés ont été capables de commettre les pires crimes au nom de leur nouvelle religion.



Chrétienne convertie

            Dans Soumission, Michel Houellebecq avait raconté la conversion par dépit et par défaut d’un universitaire désabusé, témoin passif de l’islamisation progressive des institutions françaises. Mais il n’est pas le seul à décrire l’univers des jeunes femmes convertis. Richard Millet dans Fatigue du sens les présente avec «le visage strictement enveloppé dans un hijab blanc, les mains maigres, avec dans le regard la fureur contenue des Européennes converties à l’islam et aussi la résignation doucereusement souriante des apprenties martyres». À la télévision, on choisit toujours, pour marquer les esprits avec un effet optimal, la figure caricaturale du converti, au visage pâle et aux yeux bleus pour symboliser le nouveau terrorisme, l’extrémisme religieux et l’endoctrinement chez les Européens.



            Cette vague de conversion n’est pas nouvelle. Autour des XVIe et XVIIe siècles, des centaines de milliers d’Européens s’étaient convertis à l’islam au Maroc et dans les régences ottomanes d’Alger, de Tunis et de Tripoli dans un contexte très spécial. Les pirates européens, qui devinrent musulmans, l’avaient fait soit sous la contrainte pour échapper au statut d’esclave, soit de leur plein gré pour se marier et bénéficier des chances de progression sociale ou alors plus rarement à l’époque, pour assouvir une soif nouvelle de spiritualité.
         Les convertis en France évalués à 100.000, qui se sont révélés au cours de mouvements mondiaux violents, ont choisi une interprétation radicale de l’islam, inspirés dans les années 1990 par Al-Qaeda, puis vers 2010 par Daesh. Il faut souligner cependant que seuls quelques centaines de ces convertis se sont engagés dans le terrorisme violent, loin de la majorité silencieuse. Ils répugnent la fureur médiatique faite autour d’eux parce qu’ils doivent déjà gérer l’incompréhension et l’animosité de leur entourage. Le Bureau des Cultes précise qu’ils sont 4.000 tous les ans à se convertir, chacun ayant sa propre motivation :  quête spirituelle, révélation mystique, réflexion politique, voyage dans un pays musulman, réseaux d’amis et mariage avec un musulman.

            Mais les convertis réalisent souvent tard que leur nouvelle condition les mène irrémédiablement à l’isolement parce qu’ils sont confrontés à l’incompréhension, voire à l’indignation de leurs proches. Alors, ils accomplissent leurs prières seuls, souvent en cachette pour éviter les conflits tandis que les repas, à la base des liens familiaux, deviennent source de tensions parce qu’ils contestent les aliments non hallal. Mais le paradoxe est que malgré leur conversion, ils ont du mal à s’insérer dans la communauté musulmane parce qu’ils ignorent les codes, les normes et les traditions, en tout point à l’opposé des leurs ; en particulier ils peuvent difficilement se fondre parmi les nord-Africains majoritaires. Ils ne peuvent pas effacer les écarts sociaux. Alors marginalisés, ils choisissent de se radicaliser en adoptant une pratique ostentatoire de la religion pour prouver la réalité de leurs nouvelles convictions.
            Les autorités religieuses sont conscientes de ces problèmes. Des mosquées organisent des cours de religion pour débutants tandis que des convertis se spécialisent dans le soutien aux nouveaux convertis, à travers des conférences ou des visites de mosquées. Mais pour eux, les fêtes ne sont plus l’occasion de retrouvailles. Alors que le Ramadan est censé resserrer les liens communautaires, les convertis dégustent seuls leur repas de l’aube (suhoor) ou leur repas de rupture de jeûne (iftar). Alors, pour contrer leur solitude, ils surfent sur Internet sur des sites islamiques peu fiables qui les enferment encore plus dans un monde irréel, sinon dangereux.

            Ils finissent paradoxalement par vivre leur islam sans les musulmans et, parce qu’ils sont rejetés, ils en viennent à assimiler l’islam à une croyance parfaite et intemporelle, et les musulmans à des croyants faillibles et imparfaits. En fait, ils font aussi une distinction entre la religion musulmane et la culture des musulmans. Dans le cadre d’un bon lavage de cerveau, on leur apprend à considérer que la culture dénature et corrompt la religion. Certains, les plus actifs, deviennent plus royalistes que le roi, se rebellent et prétendent pouvoir réformer la religion pour la libérer des influences culturelles jugées néfastes. Leur raisonnement les pousse jusqu’à croire que seuls eux pourront sauver l’islam.
            Ceux qui rejoignent l’islam ne constituent pas un groupe homogène en raison des divergences sur la façon de concevoir la culture. Soit, ils considèrent que la culture contamine l’islam et donc prônent un islam déculturé, purifié des influences extérieures et recentré sur les fondamentaux. Soit, ils condamnent la culture primaires des musulmans d’origine immigrée qui dominent l’islam, et par un cheminement inverse ils décident de coller l’islam à la culture française. Soit enfin, ils écartent les traditions culturelles héritées des pays d’origine et s’engagent dans la réinterprétation des textes.
            En voulant se débarrasser des superstitions, du folklore, et des traditions africaines, ils décident de se concentrer sur un islam pur et fondamental, pratiqué jadis par le Prophète et ses Compagnons, pour appliquer les textes religieux à la lettre. Les Salafistes se retrouvent dans cette interprétation littérale. D’autres voudraient s’inspirer de la réforme protestante de Luther qui avait dit «écoutez, ce que vous nous racontez, on y croit plus, donnez-moi une Bible, moi je vais la lire et je vais voir ce qu’il y a vraiment écrit dedans».

            Il existe un mouvement de convertis, s’inspirant des méthodes des Juifs réformés, qui veulent évoluer en traduisant systématiquement les termes islamiques arabes (duniya, iman, hijab, fiqr, etc.) et en refusant un nom islamique après leur conversion. Ils récitent les cinq prières rituelles dans leur langue natale au détriment de l’arabe. Ils veulent clarifier et moderniser l’islam en le débarrassant des interprétations erronées sur la misogynie, l’homophobie, la polygamie et le racisme. Pour cela, ils ont besoin de revenir à l’esprit des textes plutôt qu’à la lettre du message islamique en le libérant du poids de traditions jugées rétrogrades.         
            Les convertis ne sont pas seuls à vouloir revitaliser l’islam. Les immigrés de deuxième génération, nés en France de parents ou grands-parents musulmans, pratiquent un islam très différent, qui les entraînent vers des conflits familiaux violents, les mêmes que ceux que subissent les convertis.  Ces musulmans «de souche», se retrouvent avec les convertis pour formuler les mêmes critiques à l’encontre de la culture, et participent aux mêmes mouvements de réforme.
            La défaite militaire de Daesh va peut-être freiner la vague de conversion et emplir de désillusion ceux qui l’ont rejoint. Bon nombre de convertis seront contraints au retour dans leur pays soit pour ressasser leur déception de ne pas avoir concrétisé leur idéal islamique soit pour reprendre le flambeau d’une tâche inachevée en apportant avec eux la haine, la violence, le désordre, le malheur et la mort. Mais il ne faut pas confondre désillusion et reprentir. La minorité toujours active doit être cernée et neutralisée. 

5 commentaires:

V. Jabeau a dit…

C’est intéressant mais par rapport à la majorité de vos articles M. Benillouche, celui-ci n’est pas très étayé (chiffres, citations nombreuses, etc). Comme c’est un essai plutôt sociologique, ça fait défaut, sinon on rencontre vite l’ecui Du « café du commerce « . Bref on a envie de plus de la rigueur à laquelle vous nous habituez le plus souvent. C’est une critique constructive et encourageante.

Georges KABI a dit…

Se convertir est facile, sauf sans la religion juive qui n'est pas proselyte et qui exige des conditions tres strctes. Enfant, j'ai ete tente de me convertir au Catholicisme, ne sachant pratiquement rien du Judaisme, On m'envoya dans pendant 2 ans dans une cole juive pour remettre les pendules a l'heure. Ca a tellement reussi que je vis en Israel!
J'ai trouve trouve curieux cette propension occidentale a l'attirance vers les religions exotiques, hindouisme bouddhisme, shintoisme et maintenant Islam.
Il me semble que c'est la meme jeunesse qui qui forma les troupes du trotzkysme, du maoisme et de l'anarchie.
Les ecoles occidentales ne fournissent pas une ideologie capable de les attirer d'ou cette propension a vouloir regarder ailleurs.

The Old Dreamer a dit…

Combien d'israeliens (m/f) se convertissent a l'islam en Israel?

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@Old Dreamer

Des chiffres de l’administration de la Population au ministère de l’Intérieur révèlent que 2006 a été l'année du nombre record de juifs se convertissant à l’islam en Israël.

Durant les dernières années, ce nombre a été d’environ 35 par an, mais il est passé à 70 depuis 2014.

Marianne ARNAUD a dit…

Et voilà pourquoi votre fille est muette :

https://www.breizh-info.com/2017/11/12/81865/quimper-claudine-dupont-tingaud-arretee-brandi-de-valeurs-actuelles-lislam-catholicisme