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mardi 21 novembre 2017

Israël doute de plus en plus de Trump



ISRAËL DOUTE DE PLUS EN PLUS DE TRUMP

Par Jacques BENILLOUCHE

Copyright © Temps et Contretemps

            
Trump à Ryad

          Alors que l'Iran, l'Arabie saoudite et la Russie tentent chacun à sa manière de combler le vide du leadership au Moyen-Orient, les États-Unis se comportent comme des déserteurs qui fuient la scène politique. Israël s’inquiète de plus en plus du comportement de l’administration américaine et a renoncé à critiquer l’accord nucléaire car le sort en est jeté sachant que l’Administration américaine axe sa stratégie sur le respect intégral des clauses de l’accord. Mais Israël est inquiet de la passivité des Américains à persuader l’Iran de cesser la déstabilisation de la région et de mettre un terme au soutien aux groupes terroristes qui agissent ouvertement au Moyen-Orient.




            On savait Donald Trump peu au fait de la politique internationale ce qui le rendait imprévisible dans son comportement. Israël ignore tout de sa stratégie pour assurer la sécurité des Etats-Unis et de ses alliés. Rien ne transpire sur la méthodologie opérationnelle concernant l’Iran. Ou bien le secret est bien gardé, ou bien les Américains n’ont encore rien de concret à proposer. Depuis la révolution de 1979, l’Iran agit librement au Moyen-Orient pour imposer sa dynamique politique aux pays clés de la région. La recomposition politique régionale s’est toujours faite en faveur des Mollahs qui avançaient patiemment leurs pions en Afghanistan et en Irak. L’Iran a bénéficié des guerres menées par les Américains conduisant à l’élimination de ses deux grands adversaires, Saddam Hussein et les Talibans. Menacé par l’armée américaine qui campait à ses frontières, l’Iran a choisi la prudence en n’intervenant pas directement dans les conflits et en exploitant des alliés et des sous-traitants qui ont déséquilibré les pouvoirs régionaux.

            L’expansion de l’Iran a accru l’influence iranienne au Moyen-Orient au point de faire trembler l’Arabie et d’inquiéter Israël. C’est ainsi qu’il s’est imposé au Liban, en Irak et en Syrie en tissant des liens politiques efficaces qui lui ont permis de s’infiltrer dans les rouages gouvernementaux. C’est en fait le seul grand gagnant de l’échec des Printemps arabes puisqu’il a réussi à fracturer le monde arabe autrement qu’entre sunnites et chiites.  Il a su exploiter les faiblesses des pays arabes, la mauvaise gouvernance et l’inexistence d’institutions démocratiques solides. Les Américains avaient un boulevard pour exploiter à leur profit les problèmes des Libanais et des Irakiens minés par la corruption. Ils ont laissé le terrain libre aux Gardiens iraniens de la révolution.
            Donald Trump se désintéresse de la politique internationale parce qu’il en ignore toutes les finesses et ne fait aucun effort pour bâtir des alliances durables. Il déteste le principe même de la planification politique et préfère la politique du jour le jour sans chercher à investir à long terme ce qui explique pourquoi les Etats-Unis sont décrédibilisés.
            Le président américain a donné l’impression, au début de son mandat, d’avoir une approche précise en ce qui concerne le Moyen-Orient. Il s’agissait d’une illusion et il n’a réussi qu’à déstabiliser ses principaux alliés, l’Arabie et Israël, en laissant les mains libres à la Russie pour diriger l’axe Iran-Syrie-Hezbollah. Trump a été absent face aux déclarations douteuses du ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui avait déclaré que «la présence de l'Iran en Syrie était légitime et que Moscou ne forcerait pas les milices chiites à se retirer de la frontière», s’agissant de considérations politiques internes. Benjamin Netanyahou a réagi fermement : «Israël a déjà clarifié ses positions à ses amis à Moscou. Dans tous les cas, Israël continuerait à prendre en charge ses propres besoins de sécurité».
Présence iranienne au Golan

            Les Américains ont ignoré la demande israélienne d’une zone tampon de 20 kilomètres à la frontière du Golan et n’ont rien fait pour persuader les Russes du bien-fondé de la position israélienne. Magnanimes, les Russes ont accepté que la zone tampon s’étale sur 5 à 7 kilomètres. Cette distance est insuffisante pour Israël car le danger d’une base iranienne en Syrie à 60 kilomètres de la frontière crée un véritable risque de conflagration. Les dirigeants israéliens sont clairs : «Nous ne sommes pas liés par cet accord, Israël s'occupera de ses propres intérêts et maintiendra ses propres lignes rouges. Cela pourrait effectivement conduire à des frictions avec les Iraniens et le Hezbollah». Donald Trump n’a pas compris comment une présence militaire iranienne en Syrie déstabiliserait la situation dans la région, à la fois en ce qui concerne Israël mais aussi face à la majorité sunnite de la région.
            Pendant de nombreuses années, l'Arabie saoudite n’avait pas de poids et luttait avec son immense richesse pour projeter son pouvoir au-delà de son voisinage du Golfe. L'Iran, au contraire, a avancé une stratégie à faible coût et à haut rendement pour renforcer son influence en exploitant les failles de l'ordre dirigé par les Américains au Moyen-Orient. La politique passive et incohérente de l'administration Trump au Moyen-Orient a poussé l’Arabie à se substituer à elle au Liban pour faire pression sur l’Iran et le Hezbollah. Cette action a eu l’effet inverse puisqu’elle a mis en danger le gouvernement libanais et la propre personne du premier ministre Saad Hariri qui a été abandonné par Donald Trump. L’armée libanaise qui avait commencé à se structurer et à s’équiper a été oubliée. Le matériel de haute technologie ne lui a pas été livré et seuls quelques vieux coucous ont atterri dans les bases libanaises.
            Dans l'affaire de la démission du premier ministre libanais, les Etats-Unis ont été aux abonnés absents tandis que le pays est livré à la mainmise du Hezbollah qui ne cherche qu'à désintégrer le Liban. Le roi Salmane s'est substitué aux Américains alors que Saad Hariri n’a d’ailleurs pas mâché ses mots pour accuser le Hezbollah et l’Iran. Il a demandé l'intervention du président français Macron qui se donnait du même coup une image d’arbitre politique international, rôle normalement dévolu à Donald Trump.
            Les Etats-Unis ont perdu leur pouvoir et leur capacité de persuasion et d’intervention. À vouloir se désengager à tout prix de la région, ils ont laissé le champ libre aux chiites. Ils ont assisté en simples témoins à l’initiative menée par l’Arabie contre le Qatar et au referendum irakien sur le Kurdistan, deux brûlots régionaux. Ils ont poussé leurs alliés à choisir de nouveaux alignements en faisant appel aux Israéliens comme le montre la déclaration du chef d’État-major, Gabi Eizenkot, qui a ouvertement annoncé une initiative commune avec l’Arabie pour répondre aux menaces venant d’Iran. D’ailleurs le prince saoudien semble envisager une guerre contre l’Iran simultanément à une attaque israélienne contre le Hezbollah. Il n’est pas certain qu’Israël le suivra dans cette aventure car sa politique a toujours été indépendante et axée sur ses intérêts sécuritaires propres. Des rumeurs font état d’une abdication du roi Salman en faveur de son fils qui aurait alors tous les pouvoirs pour se concentrer sur l’Iran et pour attirer Israël dans son plan en attisant le feu au Liban. Il aurait promis des milliards de dollars si Israël approuvait son plan.

            Le prince MBS sait qu’après la désertion américaine, il doit se tourner vers Israël pour avoir une couverture militaire et pour disposer des renseignements militaires indispensables à toute action d’envergure. Il se sent encouragé par la déclaration d’Eizenkot : «Le plan iranien consiste à contrôler le Moyen-Orient au moyen de deux croissants chiites. Le premier de l'Iran à travers l'Irak en passant par la Syrie et le Liban, et le second de Bahreïn jusqu'au Yémen jusqu'à la Mer Rouge. C'est ce qu'il faut éviter dans la région». Mais Eizenkot a refroidi les ardeurs de MBS : «Israël n'est pas intéressé par une guerre maintenant avec le groupe terroriste libanais soutenu par l'Iran, le Hezbollah, malgré les tentatives iraniennes pour provoquer une escalade». C’est une fin de non-recevoir pour les milliards saoudiens.


            L’inquiétude d’Israël vis-à-vis de Trump est certaine mais cela ne lui suffit pas pour s’engager dans une aventure militaire contre l’Iran. La fougue et la jeunesse de MBS ne représentent pas une caution crédible pour les dirigeants israéliens. Le jeune prince semble très pressé d’en découdre mais il risque de confondre vitesse et précipitation. Israël est habitué à prendre des décisions autonomes et à planifier ses interventions de manière indépendante. Mais seul un risque existentiel peut justifier son action. L’État-major israélien ne semble pas, pour l'instant, cautionner ce danger.

4 commentaires:

Jean CORCOS a dit…

Entièrement de ton avis, Jacques, concernant la nullité de Trump en matière internationale ... ceci étant, ne pas oublier non plus l'héritage de ses prédécesseurs : Georges W. Bush avec son invasion de l'Irak sous un prétexte inventé, qui a livré le pays aux Chiites donc indirectement à l'Iran ; Barak Obama qui a cassé le travail du général Petraus et la défaite en cours d'Al-Qaïda sur place, ce qui laissa la place au Daech et à trois ans de guerre inutile contre lui ; le lâche Obama qui laissa Assad junior gazer ses opposants sans réagir tout en ayant promis l'inverse ... bref les USA, depuis presque 15 ans, font toutes les erreurs possibles au Moyen-Orient !

Paul ACH a dit…

Seuls les rêveurs ont pensé qu'avec Trump, tout irait comme sur des roulettes. Ils ont oublié que les USA ont d'autres intérêts que les Juifs.
Quant au transfert de l'Ambassade à Jérusalem, plus personne n'en parle. Une promesse de plus !

rene seknadje a dit…

Je me permets de poster un commentaire Car je ne vois la situation Comme vous Et les commentateurs .
Je crois que Trump a fait l objet d attaques fort bien organisées avec bcp d argent pour le déstabiliser certes
Trump ne fait pas dans la dentelle et se conduit en homme d affaires qui i dirige un empire en maître absolu
Et ne ménage certainement pas ses collaborateurs . Il ne rend de compte a personne Et il dirige son pays de la même manière
Çela peut choquer mais nous n avons pas la même culture . Aux États Unis quelle que soit votre fonction vous pouvez etre " Fired " Comme ils disent , sur le champ . En France je connais une grosse entreprise qui procède ainsi .
Donc voila pour la méthode disons pas habituelle et peu diplomatique .
Pour l action , voyons les résultats
Pour l Iran , il a été seul avec Netanyahu à demander qUe les accords avec l Iran soit revus .Tout le monde s est esclaffé .
QUe voit on aujourd hui : Macron mange son chapeau Et veut renégocier cet accord Car il a compris qu il avait été roulé dans la farine .
J apprends ce jour qUe Macron s est entretenu 30 minutes avec Netanyahu Et veut le voir debut décembre
Je viens également d apprendre que Trump a dicté un plan de paix à Abbas , qui pour ma part me semble tres acceptable pour Israel
Et Trump ne négocie pas : celui qui refusera de venir à la table sur ces bases sera immédiatement sanctionne
Avec le gros guignol de Corée ses menaces ont porté parce qu une armada est en place et le guignol ne bouge plus . Au moindre geste déplacé , il sera puni
Sur le plan intérieur le plan de la baisse d impôts la plus importante depuis plus de 31 ans est acceptée par la majorité républicaine . L Amérique est dans le vert absolu .Si çe n etait pas Trump le monde serait beat d admiration
Cet homme me fait penser à Reagan que nos journalistes traitaient de petit acteur de serie B , de débile presque Car il sortait des bouts de papiers de sa poche pour répondre
Cet homme a fait plier la Russie avec un bluff énorme Et il est venu à bout de l empire sovietique .
Ç est çe qUe je crois .je serais peut être démenti par les faits Mais pour le moment il me semble que tout est en train de changer meme en France Ou l on voit de plus en plus de gens prendre conscience du danger Islamique malgré les tentatives désespérées , des Boniface, Caron, Pleynel , BFM qui est en perte de vitesse Et Drahi qui essuie en ce moment une attaque puissante qui va lui faire beaucoup de mal Attaque qui ne sera pas mortelle mais qui pourra aisément se répéter
Il me semble que bcp de choses vont se passer Car il y a tellement d armes qui circulent qu une petite fausse manœuvre risque de déclencher des événements graves .

Bernard NIVAL a dit…

Il n'est ni nazi ni sioniste .Il veut sans doute dégager son pays du bourbier proche-oriental pour négocier des accords commerciaux ,autrement plus importants, avec la Chine