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samedi 16 septembre 2017

Une dissolution de la Knesset est-elle d'actualité par Gérard AKOUN



UNE DISSOLUTION DE LA KNESSET EST-ELLE D’ACTUALITÉ ?

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
            

          Benyamin Netanyahou, à l’aube de cette nouvelle année du calendrier hébraïque, est au plus haut dans les sondages, malgré les soupçons de corruption qui pèsent sur lui et certains de ses amis et qui ont entraîné l’ouverture de nombreuses enquêtes judiciaires les visant, lui et son épouse. Ces enquêtes iront jusqu’au bout.  On peut critiquer Israël dans de nombreux domaines mais il faut reconnaître qu’il est une des rares démocraties qui n’hésite pas, leur mandat achevé, à juger et à mettre en prison s’ils sont reconnus coupables, un président de l’État ou un premier ministre et de leur faire purger effectivement leur peine.



            Benyamin Netanyahou pourrait donc profiter de ces sondages qui lui sont éminemment favorables, pour dissoudre la Knesset avant qu’elle n’arrive à son terme légal en novembre 2019, et remporter les élections qui suivraient. Réélu, à nouveau, premier ministre, il éloignerait de lui, pour plusieurs années, le spectre de la prison qui rode au dessus de sa tête. Mais il s’y refuse. Il préfère dénoncer «une campagne  de la gauche et de la presse qui vise à le renverser par un putsch» ; il a déclaré, il y a un mois dans un meeting de soutien de ses partisans, organisé par le Likoud : «la presse s’est mobilisée dans une campagne  obsessive contre ma famille et moi, ils ne veulent pas ne faire tomber que moi, ils veulent nous faire tous tomber, ils savent qu’ils ne peuvent pas nous battre dans les urnes, donc ils essaient de court-circuiter la démocratie et de nous renverser autrement».
            On ne savait pas le Premier ministre aussi sourcilleux dans la défense de la démocratie ! En réalité, provoquer une dissolution de la Knesset apparaitrait comme un aveu de culpabilité et donc une manœuvre pour court-circuiter la justice. Ses alliés au sein de la coalition ne sont pas prêts à le suivre sur cette voie.  Les ultras orthodoxes et les sionistes religieux ne souhaitent pas remettre leurs mandats en jeu.
            Il n’est pas sûr, en effet, que de nouvelles élections leur permettraient d’augmenter leur nombre de sièges, ou d’obtenir une place plus importante, dans une nouvelle coalition.  Celle dont ils font partie, actuellement, leur permet de satisfaire toutes leurs revendications, ils sont les maitres du jeu, le premier ministre ne peut qu’obtempérer faute de quoi, ils feraient éclater la coalition. Vous pourriez chers auditeurs, me faire remarquer que dans la mesure où les sondages lui sont favorables Benyamin Netanyahou, pour se libérer de ces contraintes, aurait tout intérêt à provoquer de nouvelles élections mais avec le système électoral israélien, la proportionnelle absolue, on ne peut jurer de rien et la coalition restera, quand même, le seul mode de gouvernement.
            Beaucoup d’Israéliens se désolent de la situation politique dans laquelle se trouve leur pays : ils ont un premier ministre dont la fonction première consiste à se maintenir au pouvoir et pour cela, il cédera aux revendications territoriales en Cisjordanie du Foyer juif, et continuera à accorder aux partis  orthodoxes de nouvelles prébendes et de nouveaux privilèges comme l’absence d’un service militaire obligatoire pour les jeunes Haredim que la Haute Cour de justice a estimé discriminatoire envers ceux qui font leur service. 
            La Haute Cour de justice contrôle la constitutionnalité des lois en l’absence de Constitution écrite. Cette institution est un rempart pour la démocratie, elle est la bête noire des ultras orthodoxes et des nationalistes religieux qui l’accusent d’outrepasser ses prérogatives et d’être un repaire de gauchistes. Elle a donné un an, au gouvernement, pour concevoir une nouvelle législation, qui ferait cesser cette discrimination mais il trouvera bien un accommodement d’ordre législatif pour contourner cette décision !


            Benyamin Netanyahou, pour rester au pouvoir, est prêt à se heurter au judaïsme américain qui est très majoritairement libéral en revenant sur l’accord passé avec «les femmes du Kotel» pour réserver, enfin, un espace mixte à la prière dans le prolongement du Mur. Peu importe qu’Israël ait besoin du Judaïsme américain. Ce ne sont pas ses membres qui nomment le Premier Ministre. Les ultras orthodoxes constitueraient 10% de l’électorat israélien, combien sont-ils comme Shlomo Amar, grand Rabbin de Jérusalem, ex-grand rabbin d’Israël, venu transmettre la juste parole à Paris, à l’invitation du Consistoire central, à penser que «les juifs libéraux sont pires que les négationnistes que l’homosexualité est une abomination et que les homosexuels méritent la peine de mort» ?  

            Je vais terminer sur une note optimiste en vous souhaitant une nouvelle année pleine de douceurs et de bonheur. Chana tova à toutes et à tous dans un monde où régnerait plus de paix.

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