Après l’affichage du premier article, le chargement des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.

ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


 

jeudi 28 septembre 2017

Quel avenir pour l'ONU par Dov ZERAH



QUEL AVENIR POUR L’ONU

Le point de Dov ZERAH



            
          La semaine écoulée a été marquée par l’Assemblée générale annuelle de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), les discours des dirigeants du Monde, des rencontres bilatérales entre chefs d’Etat ou de gouvernement, des discussions sur les points chauds de la planète et sur la réforme de l’ONU.



Le Palais Wilson de Genève en 1928, premier siège de la SDN.

            Créée au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’ONU a été conçue et organisée pour dépasser les limites et échecs de la Société des Nations (SDN). Son impuissance a conduit à sa faillite. Elle n’a pu empêcher la seconde guerre mondiale.
            Les principales critiques adressées à la SDN étaient :
-          La non-participation des Etats-Unis à la SDN. Elle a été évitée par une implication totale des Américains dans le projet, concrétisée avec la signature à San Francisco de la charte de l’ONU et le choix de New York pour siège.
-          L’absence de l’Union soviétique, et des membres uniquement européens.
-          Malgré un condominium informel franco-britannique, le système reposait sur une égalité entre les adhérents.
            Caractérisée par son universalité, la composition de l’ONU a été ouverte à tous les Etats du monde, près de 200 aujourd’hui. Cette situation a conduit l’Assemblée générale à adopter des déclarations excessives et inefficaces sur un nombre de sujets, avec des majorités automatiques à chaque fois. La crédibilité de l’Organisation a également été écornée par la Commission des droits de l’homme présidée par moments par des pays dictatures, ou par des prises de position partisanes de l’UNESCO.
Conseil de Sécurité

            Pour tempérer le principe de l’Assemblée générale «un Etat, une voix», a été institué le Conseil de sécurité qui comprend quinze membres :
-          Cinq membres sont permanents : la Chine, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, et l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) dont la succession en 1991 est assurée par la Russie permanents. Ils disposent d’un droit de véto qui se justifie principalement par le fait qu’ils sont les cinq principaux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale et qu’ils disposent de l’arme nucléaire.
      Il faudra attendre 26 ans et 1971 pour que la République populaire de Chine occupe le siège chinois à la place de Taïwan.
Depuis 1945, le monde a changé. L’Allemagne et le Japon sont redevenus des puissances économiques, les 3ème et 4ème au monde. Des pays émergents se sont affirmés : l’Inde, la plus grande démocratie au monde, le Brésil ou l’Afrique du Sud. Des Etats, comme l’Inde ou le Pakistan ont acquis l’arme nucléaire.
De la même façon que la gouvernance économique mondiale a été progressivement élargie du G5 au G7, puis au G8, G10, voire G 20, la représentativité du Conseil de sécurité mériterait d’être améliorée.
·         Dix membres ne sont pas permanents. L'amendement de 1963 a fixé une répartition géographique équitable des sièges : cinq d'Afrique et d'Asie (en général, trois d'Afrique et deux d'Asie) ; un d'Europe orientale ; deux d'Amérique latine ; deux des États d’Europe occidentale et autres États. Ils sont élus par l’Assemblée générale pour deux ans.
            Plus que le problème de sa représentativité, le rôle et les pouvoirs du Conseil de sécurité ont été remis en cause par le dilemme entre souveraineté de l’Etat ou droit d’ingérence. Les acteurs du droit international public sont les Etats, et leur souveraineté ne peut être remise en cause. L’article 2.7 de la Charte interdit à tout Etat de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un Etat. 
            Mais, la guerre du Biafra, le régime des khmers au Cambodge, le Rwanda en 1994, la Bosnie-Herzégovine en 1994-1995, le Libéria, la Sierra Leone, l’Albanie en 1997, le Kosovo en 1999, sans compter les nombreuses dictatures, comme celles de Jean-Bedel Bokassa, Idi Amin Dada, Pinochet…ont interpelé la conscience humaine. Or, la communauté internationale n’a pas toujours pris le parti d’intervenir. Deux poids, deux mesures, comme les exemples récents de la Libye et de la Syrie. Cela fragilise l’Organisation.
            L’ONU a également été impuissante avec l’intervention unilatérale des Etats-Unis en Irak, les initiatives russes en Crimée dans l’est ukrainien ou en Syrie, les nombreuses opérations d’affirmation de la Chine dans la mer du même nom…autant d’initiatives qui interpellent sur la capacité de l’Organisation à préserver la paix.

         Pour conforter la gouvernance mondiale, il est grand temps de réformer l’ONU. Deux personnes se sont particulièrement distinguées dans cette démarche. Logiquement et naturellement, le Secrétaire général, Antonio Guterres, mais également Donald Trump.
            Au-delà de son discours rappelant les intérêts des Etats-Unis et son souci de les défendre par tous les moyens, Donald Trump a conduit une manœuvre intéressante visant à promouvoir la réforme de l’ONU. Une centaine de pays ont signé une déclaration composée de dix affirmations et de dix engagements, proposée par les Etats-Unis pour rendre l'organisation «plus efficace et performante».

            Malgré la virulence de ses critiques de l’ONU, sa défiance à l’égard du multilatéralisme et sa suspicion vis-à-vis de la gouvernance mondiale, Donald Trump agit et mobilise. Les Etats-Unis assurant près du quart du financement du budget de fonctionnement de l’ONU et près de 30 % du budget des opérations onusiennes de paix, il est probable que Donald Trump ne lâchera pas le sujet.
            La démarche de Donald Trump interpelle, ses propos heurtent, son imprévisibilité inquiète…Mais ne nous trompons pas. Il trace son chemin et a de la suite dans les idées. Faisons attention à ses initiatives.

            A suivre.

1 commentaire:

Paul ACH a dit…

Dov Zerah se penche sur l’Avenir de l’ONU.
Il y a un risque majeur qui n’est pas cité : l’islamisation « rampante » de l’ONU avec la prise de contrôle, par des Pays Musulmans, de Commissions et d’Organismes liés.