Après l’affichage du premier article, le chargement des nombreuses images des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


 

mercredi 20 septembre 2017

Les crises venezueliennes par Dov ZERAH



LES CRISES VENEZULIENNES

Le point économique de Dov ZERAH


Nicolas Maduro
            
          Depuis la mort d’Hugo Chavez, le Venezuela ne cesse de s’enfoncer dans la crise. L’élection présidentielle d’avril 2013 aurait pu clarifier la situation. Mais l’héritier, Nicolas Maduro, chaviste historique, est élu de justesse avec 50,66 % des voix, face à Henrique Capriles. Après ce rendez-vous manqué avec la démocratie, l’opposition gagne les élections législatives en décembre 2015. Pour la première fois depuis 17 ans, le parti anti-chaviste «la Table de l'unité démocratique» a obtenu 99 sièges contre 46 pour le camp présidentiel «le Parti socialiste unifié».



Cour suprême Venezuela

            Le pouvoir n’aura de cesse de remettre en cause cette victoire, de contrarier le pouvoir parlementaire. En réaction, l’opposition lance une pétition pour demander un référendum en vue de la destitution du Président. Avec l’aide du Tribunal suprême de Justice, le Président s’est accaparé les pouvoirs du Parlement. Avec la complicité du Conseil national électoral, le régime chaviste n’a cessé de repousser le référendum obtenu par la pétition populaire. Les oukases juridico-politiques du pouvoir ne font qu’accentuer le mécontentement populaire.

Le blocage institutionnel est total.

            La colère de la rue ne désarme pas. Manifestation après manifestation, la répression se durcit notamment par la milice bolivarienne proche du pouvoir…Des morts, des blessés, des personnes arrêtées et emprisonnées…Le pouvoir n’hésite pas à arrêter, emprisonner, expulser les leaders anti-chavistes.

            La crise politique va, au fil des jours, des manifestations, des répressions, s’accentuer et s’accompagner d’une crise économique et sociale…Une crise qui se généralise et qui n'en finit pas…Une véritable tragédie pour un pays de 30 millions d’habitants et qui regorge de ressources énergétiques.
            Avec les manifestations et les troubles sociaux, la baisse des prix des hydrocarbures depuis 2013 a enfoncé le pays dans la crise économique. Le pétrole représente 95 % des exportations et les deux tiers de ses recettes. Le Venezuela est totalement dépendant du pétrole. Il n’a pas su profiter de cette rente pour diversifier l’économie du pays et le rendre moins vulnérable à la volatilité des cours.
            En décrétant l’état d’urgence économique en janvier 2016, le Président Nicolas Maduro n’hésite pas à déclarer que la situation économique est catastrophique. Les chiffres sont impressionnants. En 2016, les prix à la consommation ont augmenté de 800 %, le PIB reculait de près de 19 %. Dans un pays où la plupart des produits sont importés, l’épuisement des réserves de change entraîne la généralisation des pénuries. Le manque en particulier de médicaments aggrave l’état sanitaire de la population. Même l’électricité vient à manquer, et les délestages à se multiplier.

            En 2016, des milliers de manifestations ont eu lieu pour réclamer de la nourriture. La situation est telle que les habitants forcent la frontière fermée avec la Colombie pour aller s’y ravitailler. L’insécurité se généralise dans le pays, et la crise sociale est telle que les Vénézuéliens fuient leur pays principalement vers l’Espagne et les Etats-Unis.
            Rien ne fait reculer le pouvoir, même pas lorsqu’un million de personnes sont dans la rue, comme en septembre 2016. Les deux camps sont si irréconciliables qu’il est difficile d’entrevoir une issue pacifique à cette crise. Malgré la pression internationale et les manifestations à répétition, le Président Nicolas Maduro refuse de céder et de partir. Il parait disposé à tout jusqu’à la présidentielle de l’an prochain, avec pour objectif de gagner et de retrouver une légitimité populaire. Il n’a pas hésité à décréter inéligible le principal candidat de l’opposition pour les prochaines élections.



            Pour se maintenir au pouvoir, le gouvernement a fait déployer l’armée dans tout le pays, accentuant encore plus son emprise sur le pays. En contrepartie de son soutien, elle a obtenu notamment le contrôle de la production pétrolière, la distribution d'aliments de première nécessité…Cela peut laisser entrevoir une intervention directe des militaires, et bien d’autres privilèges…En tout état de cause, il faut compter avec l’armée !

1 commentaire:

Nadine VERED a dit…

Je ne comprends pas comment un pays, ou venaient les touristes des USA et du Canada, qui avait la réputation d’être riche et d'avoir du pétrole a pu devenir un pays ou les gens meurent de faim. Ou est passé l'argent du pétrole ?