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vendredi 4 août 2017

Absurde par Claude MEILLET

ABSURDE

L'opinion de Claude MEILLET


            
          «Crois-tu que le monde ait toujours été aussi fou que le notre ?» lui demanda abruptement son grand échalas de copain, étalant ses abatis sur la chaise longue. Certains que la réponse à une fausse question était invariablement et immédiatement donnée par son auteur, Jonathan garda un sage silence. La confirmation ne se fit pas attendre. «Impossible, on atteint le summum. Une caricature de Père Ubu maintient en Corée du nord dans le formol une population toute entière, il fait joujou avec le nucléaire sans que personne ne le prive de son jouet ; Vladimir coupe joyeusement et impunément toute tête qui dépasse dans la grande Russie ; le Soudan agonise dans l’indifférence générale ; l’intelligence artificielle ringardise l’intelligence humaine !! Et par-dessus le marché, ma belle-mère dit qu’elle m’aime comme son fils. Ma belle-mère !!»




            S’évadant de la description imagée qui suivit, sur le caractère et les caractéristiques de ladite belle-mère, Jonathan développa sa propre estimation. La question, pour inopinée qu’elle soit, n’était effectivement pas aberrante. Albert Camus trouverait dans le monde actuel une multitude sans fond d’exemples renforçant sa conviction. L’absurde est roi. A commencer par le cercle sans fin du conflit israélo-palestinien. Une récente démonstration, effrayante, lui venait à l’esprit. La cristallisation des oppositions par la sémantique d’abord. Ce qui se nommait d’un côté le Mont du Temple, se dénommait de l’autre, l’Esplanade des Mosquées.

            Ensuite, la folie des actes et des mots. La barbarie de l’assassinat d’une famille israélienne, chez elle, en plein repas de Shabbat. Défendue, en pleine inconscience de son indignité, par la déclaration de l’ambassadeur de l’Autorité Palestinienne à l’ONU, «il n’est pas juste de demander aux Palestiniens de ne pas réagir à l’occupation israélienne». Il se souvint d’une discussion précédente où ce même copain avait aussi dénoncé la philosophie du statu quo qu’Israël adoptait «sans se rendre compte que c’était le chemin de la catastrophe !».  De façon plus générale, il lui semblait bien que l’absurde régnât en maître au Moyen Orient. Comprendre ce qui se jouait et le jeu des acteurs relevait de la Pythie.
            Sans exclusivité aucune, d’ailleurs. S’enferrer dans l’absurde est, à l’évidence, une des habitudes les plus partagées sous toutes les latitudes. Depuis une bonne dizaine d’années que le mouvement de populations en déshérence, des pays du Sud vers l’Europe, ne faisait que croître et embellir, l’anarchie de son traitement par les pays européens égalait l’anarchie de ce mouvement lui-même. Une anarchie qui s’auto générait, dans des camps, des chasses à l’homme, et finissait par favoriser la montée de la xénophobie et du nationalisme. L’argent déversé par les institutions internationales pour le développement de l’Afrique, nourrissait en continu, la corruption de dirigeants nationaux. Corruption, principal frein de ce développement. En France, on se réjouissait de l’arrivée fracassante d’une nouvelle classe politique. Et, dans la même foulée, on lui reprochait son inexpérience.

            Mais, rien n’est tout-à-fait nouveau, se dit-il aussi. Les belles-mères, seront toujours égales à elles-mêmes. A la recherche vaine d’une lecture claire d’un monde régulièrement inintelligible, Camus choisit sa position. Ni l’acceptation, désabusée, ni le suicide, radicalement défaitiste. La révolte. «Il faut imaginer Sisyphe heureux». Les pays, comme les hommes, peuvent, après tout, se réaliser dans le recommencement obstiné de leurs efforts pour sortir de leurs absurdités. Ils y parviennent. La preuve. L’Afrique, en dépit de tous ses défauts, déboires, se développe plus vite que tous les autres continents. L’Allemagne, courageuse, stimulée sans doute par le vieillissement de sa population, mais aussi par les valeurs de son protestantisme, prend le risque d’accueillir un million de migrants et met en œuvre une vraie politique d’intégration. A l’écart de la politique, des collaborations directes entre Israéliens et Palestiniens s’installent, en éducation, technologie, agriculture…. Les tous nouveaux parlementaires français, trébuchent encore un peu, mais mettent en marche leur programme proposé.
            Preuve supplémentaire. Une des vertus inattendues de l’absurde, est qu’il a généré une créativité intellectuelle aussi permanente que lui. De Jérôme Bosch à Salvador Dali. De Rabelais à Ionesco.

            Sans compter la veine favorite de l’humour juif. Et Jonathan ne put s’empêcher d’égrener quelques unes des illustrations qu’en avaient fournies les Marx Brothers. De «Les hommes sont des femmes comme les autres», à «De quoi qu’il s’agisse, je suis contre», en passant par une de celles qu’il préférait, «Ce monde serait meilleur pour les enfants, si c’était les parents qui étaient obligés de manger des épinards».

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Si cela commence mal, Kim qui fait joujou avec le nucléaire, tandis que Vladimir coupe joyeusement les têtes qui dépassent, alors que le Soudan agonise, et que la belle-mère...
Mais qu'importe, puisque l'Afrique se développe plus vite que les autres continents, que les Israéliens et les Palestiniens collaborent, et que les tout nouveaux parlementaires français, euh... ceux-là il vaut mieux ne pas en parler, cela nous mènerait trop loin ! Reste la belle-mère juive dont on imagine mal que l'humour juif ait pu l'oublier en chemin !
Conclusion : En Absurdie, tout est bien qui finit bien.
N'est-ce pas le principal pour Jonathan ?