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dimanche 21 mai 2017

TRUMP : maladroit et imprévisible



TRUMP : MALADROIT ET IMPRÉVISIBLE

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
Lavrov, Trump
         La question de la révélation par Donald Trump de renseignements d’origine israélienne agite les milieux sécuritaires. On savait depuis longtemps que le président américain était imprévisible mais on ignorait sa capacité de nuisance vis-à-vis de ses alliés. Seuls les experts sécuritaires peuvent évaluer la gravité du dommage subi. Cependant, il est important de rappeler la chronologie des événements pour comprendre cette affaire.





Lavrov, Trump et Kislyak

            Il existe de sérieux doutes sur le professionnalisme et la fiabilité de cette source qui provient d’un seul media. Les journalistes aiment bien recouper les informations pour en garantir l’authenticité sachant que les services officiels israéliens n’ont pas donné leur version. Seul Avigdor Lieberman a voulu calmer le jeu par une déclaration typique de langue de bois en se bornant à souligner «l'importance des relations entre nous et notre plus grand allié, les États-Unis».
            Une réunion a effectivement eu lieu à la Maison-Blanche entre le président Trump et le ministre des affaires étrangères Serguei Lavrov, en présence de l’ambassadeur de Russie Serguei Kislyak. Les observateurs politiques s’étonnent de la naïveté de Trump qui devait pourtant savoir que les Russes adorent recevoir des informations sans jamais en donner de leur côté. Mais Trump semble avoir été piégé dans son propre bureau puisqu’il a été amené, dans une discussion de salon, à révéler des informations sensibles.

            Dans un entretien à bâtons rompus à propos de la menace de Daesh, les diplomates russes avaient soulevé la question de l’interdiction des ordinateurs portables dans les avions en provenance de certains pays sensibles du Moyen-Orient. Trump avait alors justifié cette directive en raison d’informations des services de renseignement qui ont détecté une attaque terroriste planifiée par Daesh à partir d'une charge explosive installée dans la batterie de l’ordinateur. 
          Dans sa rencontre avec Sergueï Lavrov, Trump semble s’être vanté des informations à sa disposition : «J’ai de super renseignements. J’ai des gens qui me briefent tous les jours sur de super renseignements». Trump n’aurait pas divulgué la façon précise dont ces informations ont été obtenues, mais il aurait décrit divers éléments d’un plan d’attaque terroriste de l’État islamique lié à l’utilisation d’ordinateurs portables dans des avions.
          Plus “alarmant” encore, il aurait révélé la ville du territoire de Daech où les renseignements ont été obtenus. Un détail que Moscou serait susceptible d’utiliser pour identifier et peut-être saper cette source américaine, qui pourrait aussi fournir des renseignements sur la présence russe en Syrie.
         On s’étonne de l’inconscience de Trump à dévoiler des secrets sauf à l’expliquer par une volonté d’intégrer les Russes dans la lutte contre le terrorisme.  Mais il n’a pas mesuré le danger de ces révélations parce qu’ils permettaient aux Russes de les tracer pour parvenir jusqu’à ceux qui les avaient fournies. Le risque pouvait aller jusqu’à une rupture brutale avec les agents sur le terrain. Les membres des services de renseignements ont surtout été choqués par la légèreté du président qui a privilégié son but politique sans mesurer les risques potentiels qu’il faisait courir aux agents en mission.

            La division Tevel du Mossad, créée en 1958, prit ensuite le nom de Kaisarut en 1984. Elle est chargée de la «diplomatie alternative» sur fond de contacts officiels avec les services secrets amis ainsi qu’avec ceux avec lesquels Israël envisage d'établir des relations diplomatiques. Un représentant de cette division est basé dans toutes les ambassades israéliennes ou sous couverture sérieuse dans des pays sans liens diplomatiques. Haïm Tomer, ancien chef de Tevel, a modéré l’impact des révélations de Trump : «Les accidents qui causent des dommages aux services de renseignements se produisent toujours, et devraient être considérés dans la bonne proportion. Dans une telle situation, une série d'activités devrait être lancée pour minimiser les dégâts effectivement infligés, pour prévenir les dégâts futurs et continuer. Mais il n'y a pas de substitut à la coopération en matière de renseignement entre Israël et les États-Unis et les autres services de renseignement en Occident». Par ses fonctions antérieures, Tomer sait de quoi il parle.
            L'affaire, rapportée initialement par le Washington Post, a directement mené au pays qui l’avait révélée.  La presse a ensuite extrapolé la menace sur la vie d'un agent israélien dans les rangs de Daesh en Syrie, avec une certaine dose d’exagération. Tomer estime que si cela était vrai, Israël n’aurait eu aucune difficulté à exfiltrer l’agent en question : «Même si la révélation publique avait mis en danger la vie d'une source humaine, un plan d'évacuation pourrait encore être lancé pour sortir cette source. En supposant, tout à fait raisonnablement, que personne n'est en danger immédiat en raison de ce que Trump a dit, une longue liste d'activités peut être lancée afin de minimiser les dégâts des renseignements et d'obscurcir les sources qui ont pu être exposées. Il est important de comprendre que mettre en danger une source de renseignement est un phénomène presque quotidien - pas nécessairement à la suite d'une fuite. Par exemple, parfois, afin d'exécuter un meurtre ciblé, il faut entreprendre certaines activités susceptibles de «brûler» une source de renseignement, technologique ou humaine. Lorsque les dirigeants politiques utilisent les informations de renseignement qui leur sont présentées, ils devraient tenir compte des dégâts qui pourraient être causés. Il ne fait aucun doute que sous le gouvernement Trump et compte tenu de la situation actuelle à Washington, la manière dont Israël partage des informations sensibles Les informations avec les Américains doivent être considérées très attentivement. En bout de ligne, cependant, la coopération étroite avec les États-Unis ne sera pas interrompue. C'est un intérêt primordial pour les deux pays».
            Ce n’est certes pas la première fois que les Américains mettent en danger des membres des services de renseignements israéliens et que certaines sources humaines compromises soient contraintes d’emporter leurs secrets avec eux dans leurs tombes.
Michael Flynn

            En fait, l’affaire est révélatrice des hostilités et des tensions internes au sein de l’administration Trump. Une vraie guerre de tranchées s’est installée entre le Président et les services de renseignements depuis que le conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn a été renvoyé chez lui. Il s’agissait alors de la première crise grave existentielle que traversait la Maison-Blanche après la longue liste des échecs et des bévues du gouvernement : mensonges au peuple américain et à la presse, incapacité à gérer les problèmes, luttes intestines, nomination à des postes importants de personnages bien peu recommandables ; fuites en série et violations du secret défense.
            Michael Flynn avait remis sa démission quand il ne faisait plus aucun doute que le FBI et les media nationaux s'intéressaient de près aux relations étroites entre Trump et Vladimir Poutine. L'enquête sur l'implication de la Russie dans les affaires internes américaines dépassera la seule personne du Président. À présent, Israël est donc en droit de se poser des questions. 
          Les services de renseignements israéliens risquent dorénavant de sélectionner les informations communiquées à leurs alliés américains tant qu’ils n’ont pas de certitude sur leur destination finale. La confiance est rompue alors que, sous le régime de Barack Obama et malgré les tensions avec le gouvernement israélien, les services sécuritaires des deux alliés ont fonctionné sans anicroche. Depuis l'avènement de Trump, les Israéliens subissent chaque jour de nouvelles déceptions alors que son élection avait été saluée par la droite israélienne comme un cadeau de Dieu. 

1 commentaire:

Gilbert BRAMI a dit…

Le Président TRUMP n'est ni maladroit ni imprévisible. C'est un homme d'affaires qui cache les buts qu'il veut atteindre n'est-ce pas ce qu'a fait notre nouveau Président Emmanuel MACRON ? Il est victime d'(une propagande initiée par certains membres du parti démocrate "anti-blancs" et "pro-migrants" qui n'ont pas digéré leur défaite. L'immigration clandestine aux U.S.A profite à la classe moyenne, comme en France d'ailleurs. Celle-ci exploite les sans papiers pour des tâches serviles à des salaires de misère permettant ainsi aux femmes qui travaillent de trouver des substitues à bon compte et la liberté à bon compte. Cette exploitation des sans papiers latinos dessert les classes américains des sans-dents. Ces derniers n'ont d'autre choix de d'êtres chômeurs. Mais, le chômeur aux USA n'a pas les avantages sociaux dans bénéficient les chômeurs français. Le reste cher ami FB n'est qu'exploitation de bon sentiments. Vous pourrez le constater, par vous-même, à tout instant en vous promenant dans les parcs, jardins et aux sorties des écoles ! C'est la danse sauvage des hypocrites !