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mercredi 17 mai 2017

Radio Judaïques-FM : La crise dans l'audiovisuel public en Israël



RADIO - JUDAÏQUES FM

LA CRISE DANS L'AUDIOVISUEL PUBLIC EN ISRAËL

Jacques BENILLOUCHE
au micro de
Eva SOTO

            

          Israël s'est réveillé lundi 15 mai 2017 au son d'une nouvelle radio et télévision publiques. La radio historique que les Juifs entendaient en diaspora, Kol-Israël la Gola, dépendant de l’IBA (Israel Broadcasting Authority) laisse la place à IBC (Israeli Broadcasting Corporation) ou KAN.  C’est le résultat de plusieurs mois de psychodrame autour du contrôle des media par le gouvernement sous le prétexte de maîtriser les dépenses.
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video

            Les raisons avancées semblent nobles : dynamiser un service à bout de souffle, relancer une chaîne en retard sur ses concurrentes, assainir la situation financière. Mais en fait, cette chaîne était dans le collimateur de la ministre de la culture, Miri Regev, qui n’a pas perdu ses habitudes du temps où elle dirigeait le service de la censure à Tsahal. Elle ne supportait pas la liberté de ton des journalistes qui faisaient leur travail honnêtement alors qu’elle les voulait couchés, entièrement dévoués au gouvernement. Elle n’avait pas accepté la couverture objective des déboires judiciaires du premier ministre. Sans distinction, ils étaient qualifiés de gauchistes. 
Si nous n'éteignons pas les flammes, cela sentira les élections

          Alors on ferme IBA pour licencier toute le monde et on réembauche ceux qui sont dans une ligne politique «acceptable» pour contrôler le contenu des journaux d'information. Des dizaines de journalistes ont été mis au chômage sans tenir compte de leur situation familiale précaire. Les dictateurs dans les républiques bananières ne font pas mieux.
Manifestation des salariés de IBA

            Des raisons électorales ont poussé le gouvernement à agir. Des sondages mitigés ont convaincu Netanyahou de se saisir du problème annexe de l’audiovisuel pour justifier une cinquième campagne électorale en onze ans de pouvoir et pour neutraliser l’opposition.  Le premier ministre a réussi à imposer ses vues en ignorant les drames que cette nouvelle situation a suscités. Des grands plumes de renom et des jeunes journalistes, à la situation fragile, se retrouvent sur le marché du travail. L’objectif masqué du gouvernement consistait à «punir» les opposants et à éliminer les «mauvais esprits contradicteurs» qui n’ont plus qu’à se soumettre ou à se démettre. 
          L’IBA a été détruit et mal remplacé tandis que la liberté de la presse, qui a toujours fait l’honneur du pays, risque d’être enfouie dans les tiroirs de l’Histoire. Des amis journalistes qui se faisait un point d’honneur d’avoir une liberté de ton, n’osent plus parler pour expliquer leur nouvelle condition. Ceux qui ont été réembauchés se taisent pour garder leur emploi.

            L’Histoire a prouvé dans le passé que le bâillonnement des media est toujours l’apanage des régimes faibles qui finissent toujours, un jour ou l'autre, par tomber. Netanyahou semble avoir suivi Erdogan sur le terrain de cette dictature contre les media. Quand Israël s’éveillera…

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