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vendredi 12 mai 2017

Positif par Claude MEILLET



POSITIF

L'opinion de Claude MEILLET

            

          La longue mine grise des perdants, comme toujours, s’allongeait au fil des débats. Et comme toujours la satisfaction, l’assurance, la joie, éclairaient les visages de gagnants. Zappant d’une chaîne TV à l’autre, Jonathan, au milieu des amis réunis pour cette soirée d’élection, regardait un spectacle cent fois recommencé. Bien que… cette fois, plus que les autres, le contraste lui paraissait prendre une autre dimension.






            La défaite démultipliait le défaitisme. Les longs visages décrivaient à profusion la multiplicité et l’énormité des problèmes intérieurs dressés devant le vainqueur, et l’extrême dangerosité des menaces extérieures, factorisés par l’inanité des solutions qu’il proposait. Le désastre annoncé. Prévisions catastrophes qui le renvoyait aux statistiques attribuant aux Français le plus haut degré de défaitisme parmi tous les peuple, devant même les Afghans.
            Pas étonnant que ces Français se complaisent dans la complainte : «J’ai beau vouloir me remonter, je souffre de tous les côtés. J’ai la rate qui s’dilate, j’ai le foie qu’est pas droit, j’ai le ventre qui se rentre, j’ai l’pylore qui s’colore, j’ai l’gésier anémié, l’estomac bien trop bas…». Avec, en prime, la participation active des média qui se repaissent de tout ce qui va suffisamment mal pour accroître leur audience. Dans un climat de victimisation cultivée et déprime généralisée.
            Cette fois, à l’automatisme du négativisme, ne s’opposait non plus, la promesse tout aussi automatique de lendemains qui chantent. Les visages souriants reconnaissaient les risques du changement, amplifiés par sa radicalité. Mais en face, ils mettaient en exergue les opportunités que ce même changement offrait, au moins aussi nombreuses que les difficultés à combattre. Même pas peur. L’Europe n’est pas le problème, elle est la solution. La révolution climatique, l’obligation écologique, c’est un nouveau monde qui s’ouvre. Les nouvelles populations, contrôlées et gérées, elles deviennent richesse. La guerre terroriste, rigueur et coopération en viendront à bout. La robotisation, l’intelligence artificielle, ils permettent de construire plus qu’ils ne détruisent. Les oubliés, les rejetés de la mondialisation, l’organisation de la solidarité, l’appui de la formation vont se liguer pour leur faire retrouver la dignité, la liberté.
            L’optimisme. Ce fameux atout de la transformation et de la réussite. Il réapparaissait. Un effet générationnel se dit Jonathan. A commencer par la constitution d’un cimetière des éléphants dans le paysage politique en France. Les caciques de tout bord se sont vus, par la volonté des électeurs, non pas enterrés, mais gentiment relégués dans la naphtaline. Stimulateurs ardents du négatif sous toutes ses formes, ils ont laissé la scène libre à un Président encore trentenaire, fermement décidé à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Rien n’est gagné pour autant. Mais quand la devise de Pierre De Coubertin, «l’important n’est pas de gagner, mais de participer» devient incitation à oser, quand l’échec devient admis, l’optimisme devient de mise.

            La résurgence de l’optimisme en France rejoint sans doute un courant plus général, se dit Jonathan. En Israël, exemple frappant, jeunesse de la population rime avec dynamisme du pays. Les conditions de vie sociale difficiles, de vie économique et de vie sécuritaire exigeantes, n’empêchent. Le goût de la vie est le plus fort, la force et la joie de créer, de partager l’emportent, partout. L’éclosion de start-up s’érige aussi en symbole de ce mouvement. La vie est là. Ni dans le pessimisme absolu, ni dans l’optimisme béat. Dans le passage permanent de l’un à l’autre. Le plus et le moins sont bien la marque du monde nouveau qui se substitue au monde ancien.
            Voilà la clé, pensa Jonathan. Sous nos yeux. Se recroqueviller, c’est rétrécissement et lamentation. S’ouvrir, c’est audace et plaisir. Ou, bien mieux dit, encore, «Quand on se regarde, on se désole, quand on se compare, on se conforte» .


3 commentaires:

V. Jabeau a dit…

D'accord avec vous : M. Macron convie l'optimisme face aux passions tristes de Mme Le Pen et M. Mélenchon, qui veulent réformer la France par une forme de totalitarisme et la violence.
Souhaitons que les solutions et les démarches proposées soient lucides. Je vous renvoie aux analyses du professeur d'économie Steve Ohana, et à l'attente exigeante en matière de politique étrangère de Frédéric Encel.
Les Français ont senti cet optimisme et ce courage ; Le monde change beaucoup et vite, il faut pour faire face à ces opportunités changer aussi des logiciels bien périmés des présidents des 20 dernières années : meilleur équilibre franco-allemand - ce sera la partie la plus dure -, bien désigner nos ennemis, bien préparer les générations qui viennent en développant leur culture et leur esprit critique face à l'offre très abondante, peu filtrée des médias de masse au premier rang desquels Internet et sa possibilité d'agrégation de contenu sans contre pouvoir.

Marianne ARNAUD a dit…

Vite, réjouissons-nous, avant que n'arrivent les raisons de pleurer !

Claude Meillet a dit…

Soon optimiste