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samedi 8 avril 2017

Paix par Claude MEILLET




PAIX

L'opinion de Claude MEILLET

            

          Lors du débat télévisé que lui et un groupe d’amis suivaient attentivement, relativement silencieusement, un des candidats les prit tous à revers. Effacées sa violence verbale, ses attaques enflammées contre tout et tous, ses prises de position péremptoires. Devenu presque bonhomme, figure de sage, je suis, dit-il, le «candidat de la paix». L’expression, autant que le concept, firent tilt dans l’esprit de Jonathan.




            La paix. Si oubliée dans le concert des drames, des tragédies multiples du monde actuel. Mais  qui, effectivement, constitue aussi une entrée, non seulement surprenante et originale mais riche, possiblement efficace, dans l’analyse d’un pays occidental, globalement apaisé comme la France. Négociation, écoute de l’autre, équité, priorité à la raison sur l’émotion, partage, tous ces principes qui conduisent à la paix, peuvent aussi conduire à la résolution des innombrables problèmes qui se posent à une nation, écart riches/pauvres, retraites, énergie, éducation….. Et, cerise sur le gâteau, servir aussi à juger les candidats et leurs projets.

            La paix. Au niveau international, se trouve-t-elle par exemple soudainement menacée par l’arrivée au pouvoir du tout neuf président américain ? Son «America first», appuyé d’une moue mussolinienne et d’une démarche populiste, même chaloupée, inaugurent pour le moins des temps d’incertitude. La décrépitude économique, sociale, morale de la Russie, cachée par un renouveau géopolitique conquérant,  présente-elle un risque contagieux d’effondrement, de confrontation ? La provocation Nord-Coréenne, sa caricature de dictateur et sa société enrégimentée, sont-elles réelles ou bien une espèce de «réalité augmentée» ?
            Habitué par le récit historique de l’humanité, par la succession récente de deux grandes guerres mondiales, le monde contemporain s’estime en situation de paix. En oubliant généreusement les petites guerres parsemées sur la planète. Soudan, Afghanistan, Colombie, Mali, Congo, Syrie… Qui, mine de rien, se mettent ensemble à ressembler aux grandes. Quelques millions de morts et de blessés, de réfugiés, des villes, des sites de culture, des pays détruits… Là- encore, réintroduire une appréciation de la situation par le questionnement de la paix se révèle sans doute non seulement possible mais nécessaire.
            La paix. Jonathan la voyait perpétuellement repoussée dans un endroit les plus emblématiques du monde. Ce cœur de civilisation que représente le Moyen Orient. Sunnites et Chiites, ressuscitant d’antiques oppositions, s’étripent joyeusement aux quatre points cardinaux de la région. Avec le foyer central  que constitue ce conflit de bientôt cent ans, israélo-palestinien.

            Difficile d’être objectif. Il aimait la déclaration de ce grand «homme d’Etat» qu’a été Golda Meir : «Le jour où les mères palestiniennes aimeront plus leurs fils qu’elles ne détestent Israël, la paix sera possible». Mais il n’ignorait pas non plus, que le terrorisme d’un côté, se nourrissait aussi d’un comportement de l’autre, dominateur comme avait dit le Général. Même si l’appréciation gaullienne exprimait une ambivalence suspecte de ses sentiments, l’enfer est pavé de bonnes intentions. La volonté légitime d’assurer la sécurité de ses citoyens,  entraînait Israël dans le cercle infernal de la prévention/répression. Un foyer attisé par l’influence et l’intervention directe des religions dans le conflit. Stimulé également par le rôle dangereux des politiques de part et d’autre, hommes et idées confondus.
            Mais malgré tout, la paix. Le «candidat de la paix» avait raison. L’Europe, aussi décriée soit-elle, avait apporté la paix dans un continent qui avait généré et régénéré en permanence la lutte entre les peuples.

            En Israël et Palestine, un tissu très dense d’associations civiles, semblable à un tissu régénérateur de brulures, créait une communauté de bonnes volonté, d’expertise, d’échange, dans tous les domaines, agriculture, éducation, technologie, économie, culture…. Des femmes israéliennes et palestiniennes, musulmanes et juives, ensembles, courageuses et obstinées, engageaient de multiples luttes.
            La paix.  Jonathan réorienta vers la paix, le poème que Valéry adressait à une femme :
« J’ai vécu de vous attendre
Et mon cœur n’était que vos pas ».

1 commentaire:

Véronique Allouche a dit…

La paix et dieu. Deux mots qui ne devraient jamais prendre de majuscule puisqu'en leur nom tant de sang a coulé, coule et coulera encore.
Je ne suis pas fan de Mélenchon mais sa réponse à MLP qui parlait de mettre des crèches dans les mairies a été parfaite :" fichez-nous la paix avec la religion!". Sorte de slogan que beaucoup devraient reprendre pour avoir peut-être un jour... la paix!
Bien cordialement