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jeudi 23 mars 2017

MACRON : Envers et contre tout



MACRON : ENVERS ET CONTRE TOUT

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            
         
          Rien n’est à retrancher ni à modifier à notre article du 17 janvier 2017 sur Emmanuel Macron. Mais depuis la publication de notre texte, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Les deux primaires de la droite et de la gauche ont modifié le décor de cette élection. En particulier, les primaires de la gauche des 22 et 29 janvier 2017 ont recomposé le paysage politique avec la désignation d’un frondeur, Benoît Hamon, ancien allié de l’extrême-gauche. C’est tout le pan libéral socialiste qui ne s’est plus retrouvé représenté et qui risque de fuir avec armes et bagages à la veille du scrutin du premier tour. Ce fut ensuite les révélations sur les emplois familiaux de François Fillon qui ont jeté un doute sur sa candidature.
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            Il existe une tradition en France qui consiste au premier tour de l’élection présidentielle à choisir et au deuxième tour, à éliminer. Mais aujourd’hui il y a le feu à la maison puisque l’ancien favori de l’élection, François Fillon, décrédibilisé, risque de mettre Marine le Pen en pole position après le départ de nombreux de ses soutiens. Il n’est plus temps d’attendre le second tour pour faire barrage au FN et il faut voter utile. Fillon aura du mal à refaire son retard.





            Emmanuel Macron se retrouve donc investi du rôle de «sauveur» de la démocratie, malgré lui, et en fonction d'un programme qu’il distille avec parcimonie. Il est vrai que depuis longtemps les Français ne votent pas pour un programme mais pour un homme. Souvent même, ils mettent leur bulletin dans l'urne non pas pour choisir mais pour éliminer un personnage ; en 2012 François Hollande avait été désigné parce que le peuple ne voulait plus de Nicolas Sarkozy. Depuis, Emmanuel Macron a détaillé progressivement son programme, au fur et à mesure des interviews, des débats et des meetings. On comprend mieux à présent le contour de ses choix politiques et économiques. Il s'est entouré d'hommes politiques expérimentés qui étoffent son équipe de campagne et qui gouverneront avec lui.
            Aujourd’hui le choix est simple parce qu’il faut éliminer les extrêmes. François Fillon étant disqualifié à nos yeux, il reste un vote de circonstance, un vote par défaut parce que les Français ont perdu en route les candidats qui avaient leur préférence. Alain Juppé d’abord, le patriarche gaulliste, qui pouvait redonner à la fonction présidentielle l’aura qu’elle a perdue. Il savait, à l'instar de ce qu'il a fait dans sa mairie, rallier à la fois à gauche et à droite, comme jadis le Général duquel il se revendique. Manuel Valls a ensuite été éliminé à gauche alors qu'il pouvait donner une identité sociale-libérale à un parti qui se radicalisait, mais les primaires ont tranché. Exit ces deux personnages favoris au départ.

            François Fillon pouvait rassembler autour de lui en labourant les terres adverses en tant que gaulliste de gauche, héritier de Philippe Seguin, modèle idéal de l’homme politique qui avait les vertus d’un véritable homme politique capable de servir l'État plutôt que ses intérêts personnels. Le pays était passé à côté d’un grand homme. Fillon voulait corriger cette injustice et il en avait la carrure politique et la compétence mais on a découvert tardivement qu’il aimait l’argent et le luxe au point de perdre le sens des proportions et de renier ses engagements pourtant exprimés à la télévision. Mais par son comportement, il a sali la mémoire de son mentor. Un homme, qui aime trop l’argent, risque d’être plus facilement soudoyé s'il devait occuper la fonction suprême. Nous avons estimé devoir renier nos prises de position antérieures dès lors que de nouveaux faits ont été révélés.
Le sulfureux Charles MILLON

            Fillon a su exploiter les ficelles financières de ses postes mais il a perdu toute crédibilité d’homme intègre vis-à-vis de ceux qui souffrent de ne pouvoir joindre les deux bouts. Il s’est exclu de lui-même de la compétition, en raison de la légèreté de ses actes. Sa volonté de s’accrocher coûte que coûte, sans laisser sa place, seule condition pour sauver son parti, a été mal perçue. L'affaire Bruno le Roux risque de le plomber car le ministre, accusé lui-aussi d'emplois fictifs, a immédiatement démissionné alors qu'il n'était pas encore mis en examen. Il s'agissait d'une position digne non égoïste. 
          Fillon a choisi une stratégie qui risque de mener, lui et son parti, droit au mur. Il a semé le doute avec un nouvel entourage douteux, allié avec une extrême-droite dangereuse pour la France et pour l’Europe. Cependant, rien n’est joué car Fillon dispose d’une base solide qui pardonne tout à son candidat pourvu que la droite dure soit élue. Cette base est aveugle, sourde, intoxiquée, revancharde et indulgente. Il faut s'en méfier.

              Alors il n’y a pas d’autre choix qu’Emmanuel Macron qui était peu connu et critiqué, a priori pour son âge et pour la vivacité de son ambition. Mais la campagne électorale l’a progressivement mûri, il a affirmé son poids politique, il a pris de l’ampleur, de l’assurance, même s’il en avait déjà. Il sait parler et convaincre et il montre souvent ses dons d’improvisation pour faire mouche comme il l’a prouvé lors de sa dernière conférence de presse. 

          L’homme de 2016 a pris de la bouteille face aux attaques dont il est en permanence l’objet. Il a montré sa capacité à rassembler depuis le centriste de droite Alain Madelin jusqu’au communiste Patrick Braouezec, ancien député-maire de Saint-Denis, en passant par l’écologiste et ministre Barbara Pompili.  Les Français ont condamné le bipartisme ; ils sont prêts à tester autre chose si le candidat montre un nouveau programme qu'il réalisera avec des hommes politiques d’expérience. 
            Aujourd’hui, il faut aider Macron à se hisser à la première place pour éviter le drame annoncé d’une Marine Le Pen en tête au premier tour et pour ne pas cautionner cette droite républicaine qui s’est fourvoyée en s’inspirant des thèses extrémistes pour sauver son candidat défaillant. Ce n’est plus une question de programme ou d’hommes mais de survie de la démocratie en France et d'une oeuvre de salubrité politique. On objectera que choisir Macron est une décision par défaut mais les circonstances l’exigent. 

          Par ailleurs, les images sont symboliques et révélatrices. Dans les meetings retransmis à la télévision les militants qui acclament Fillon sont souvent âgés, issus de la vieille bourgeoisie catholique tandis que ceux de Macron sont jeunes, volontaires et plus réceptifs. Ils feront la différence face à des dirigeants sclérosés et égoïstes et donneront un coup de fouet à la classe politique dans son ensemble en usant de la technique du cocotier.

            Il ne faut pas se fonder sur les sondages encourageants qui sont souvent trompeurs parce que de nombreux électeurs n’ont pas encore décidé pour qui voter. Il ne faut pas se tromper d’ennemi, il faut écarter la droite et la gauche antisémites et la droite des Cathédrales comme l'a qualifiée Fillon alors que nous sommes censés vivre dans un pays laïc. La France s'est toujours enorgueillie de ses principes de laïcité.


          Les attaques concentrées sur Macron lors de la première émission télévisée, de la part de la droite, de l’extrême-droite et même de la gauche, donnent l’impression qu’ils veulent faire barrage à tout prix contre lui, quitte à favoriser l’avènement au pouvoir du FN, pour faire émerger la France des menteurs et des voleurs. Pour ceux qui auraient encore des doutes, Frédéric Chatillon, ami de Marine Le Pen, accusé récemment d'antisémitisme par plusieurs témoignages, est salarié de la campagne présidentielle FN.  Il faut tuer dans l'oeuf cette montée extrémiste qui veut nous renvoyer à l'Allemagne de 1933. 


7 commentaires:

atoilhonneur corto a dit…

Mr Bennillouche, je vous aime bien mais votre billet prouve que vous semblez très mal connaître la vie politique française, ou tout de moins ce qui se passe en ce moment. C'est dommage, il me faudrait de trop longs moments pour vous le démontrer.

Par ailleurs , vous écrivez en parlant de l'électorat Fillon: " Cette base est aveugle, sourde, intoxiquée, revancharde et indulgente. Il faut s'en méfier. " Ais-je l'air aveugle, sourd, intoxiqué, revanchard " Je ne crois pas.

Vous défendez Macron en omettant tout de même de souligner que cet homme là, jamais élu, est l'inspirateur, depuis le début, de la politique économique de Hollande avec les résultats que l on connait aujourd'hui: une vraie cata.

Vous dites qu il est entouré de gens expérimentés... Là cela reste à démontrer . Quant à ses soutiens, vous omettez là aussi de préciser que plus de 450 élus socialistes l'ont rejoint dont plus de 50 parlementaires: Macron, ce n'est rien d'autre qu'une Hollandie qui se reconstitue.

Vous omettez aussi de signaler a vos lecteurs que si Macron est élu, rien aujourd'hui ne permet de dire qu il aura une majorité suffisamment confortable à l'Assemblée pour gouverner. Le vrai enjeu de cette présidentielle - et c'est du jamais vu jusqu'ici - c'est... les élections législatives.

Enfin pour Fillon, je vous signale que " etre mis en examen " ne signifie nullement en droit français que l on est coupable de quoi que ce soit, bien au contraire, c'est la présomption d'innocence qui prévaut, en principe. Elle est hélas trop souvent bafouée en particulier par les journalistes

Cdlt,
Corto

Véronique Allouche a dit…

J. Benillouche rejoint la cohorte des journalistes acquis à la thèse du "Jésus revient " en la personne de Macron! Ce n'est pas un avis, c'est un plaidoyer en sa faveur.
Lorsque vous écrivez "le centriste de droite Alain Madelin"... drôle de centriste qui fut l'un des principaux fondateur d'Occident!
Quant à " Cette base aveugle, sourde, intoxiquée, revancharde et indulgente".... non Monsieur. Cette base voit simplement un programme cohérent incarné par Fillon pour redresser la France.
Bruno Le Roux s'est départi de ses fonctions .... et pour cause! Un Ministre de l'Interieur qui embauche ses deux filles âgées de 15 et 16 ans... sur 24 CDD et pour la modique somme de 55000€,, ça ne passe pas inaperçu. En même temps cette démission est un acte hautement politique: aucune "position digne" mais une manœuvre de plus pour affaiblir Fillon. Cela sous-entend sa culpabilité et dès lors sa condamnation d'office. Vous ne lui faites pas crédit de la présomption d'innocence, est-ce normal docteur ?
Et puisqu'il faut parler de Le Pen, elle sera battue par Macron, puisqu'ainsi en ont décidé les media qui nous enjoignent, par images ou mots interposés, à faire le bon choix. Le bon choix n'étant paraît-il pas le candidat de droite. À moins que l'abstention fasse son œuvre et faute d'un bon programme, retiennent les électeurs de voter pour le petit nouveau. Dans ce cas les media porteront une lourde responsabilité quant au vote final!
Cordialement

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Je crois que Corto et Véronique Allouche ont fait le tour de la question, et malgré les bidouillages de plus en plus évidents des sondages, Marine Le Pen est toujours donnée présente au second tour de cette élection. Mais, après tout, n'est-ce pas le but ?
J'ajouterai donc simplement, que vous pourrez publier vingt, cent, mille photographies de Charles Millon, vous ne pourrez faire de ce centriste, catholique pratiquant, un antisémite, tout au moins pour ceux - dont je suis - qui connaissent l'homme.
Et quant à nous renvoyer à l'Allemagne des années 30, ne vous en déplaise, ce n'est pas sur le plateau de TF1 qu'il faut la chercher mais bien à Berlin où dimanche dernier, au Congrès du SPD, le vice-chancelier sortant, Sigmar Gabriel, accueillait ainsi l'ancien président de la Commission européenne, challenger d'Angela Merkel aux prochaines élections allemandes de septembre prochain, en s'écriant : "Imaginez tout ce que l'on pourra faire en Europe quand Emmanuel Macron sera président en France et Martin Schulz chancelier d'Allemagne."
On imagine, en effet, et on a froid dans le dos !

Très cordialement.

Michel BOUTBOUL a dit…

Charles Millon s'est compromis avec le FN dans sa région. Il a d'ailleurs été exclu de son parti pour cette faute.

Tout allié du FN est un antisémite en puissance.

Marianne ARNAUD a dit…

Il y a du vrai dans ce qu'écrit monsieur Boutboul ! On pourrait même aller plus loin et dire : dans tout être humain, il y a un criminel en puissance. Pour ma part j'en ai rencontré beaucoup en lisant la Bible, dont certains étaient juifs. Mais ne le divulguez pas trop car cela me ferait du tort !

Daniel BOUAZIZ a dit…

Merci pour votre analyse que je partage.
Juste un petit bemol , il faut arreter de presenter le vote Macron comme un vote presque forcé
Je suis optimiste et persuade qu il va redresser la situation .

denis sabrié a dit…

Toujours de très bonnes observations, merci de votre réalisme, pour ma part, je n'irais pas voter, j'attends toujours que Mr Hollande réponde à mon courrier concernant l'arrestation de mon arrière grand-mère Fanny (Stiller) Goldenberg, ma grand-mère Alice Stiller, envoyées par les français en chambre à gaz et au four..! ainsi que la spoliation de mon arrière grand-père Hermann Stiller diamantaire à Paris depuis septembre...aucune réponse depuis..!