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dimanche 5 février 2017

La dictature des picadors par Jean SMIA



LA DICTATURE DES PICADORS

Le billet d'humeur de Jean SMIA

         

          Cette engeance existe depuis la nuit des temps, bien avant les corridas. Ils s'appelaient autrement. Sorciers, chamanes, prédicateurs, tous ces personnages qui, depuis la préhistoire et autres civilisations, avaient pour fonction de désigner ceux que l'on devait attacher au poteau de torture et contre qui la foule devait manifester son aversion et sa haine, s’appellent aujourd'hui journalistes.






            Ainsi, qu'il s'agisse d'un humain ficelé à un totem Amérindien, d'un taurillon dans une arène, d'un « ambianceur » de supporters sportifs, il y a toujours eu des gens qui se sont posés en maîtres de ces sortes de manifestation de haine collective. On les a vu à la manœuvre pour pousser au massacre des personnes aussi diverses qu'un Domenech, un Hollande, un Trump, un Christ, un Dreyfus, un Fillon, un Polanski, ou un Strauss-Kahn.
            Semblables aux organisateurs des pèlerinages à la Mecque, ils ont en charge de distribuer les pierres pour lapider celui qu'ils ont désigné comme diable. Ainsi ces lapidés deviennent représentatifs d'un vice haïssable et celui qui défendrait l'individu défendrait ce vice. Ainsi celui qui défendrait Domenech serait un incompétent ; pour Hollande, ce serait un mollasson ; pour Trump, un sexiste ; pour le Christ : un ennemi de Barrabas ; pour Dreyfus, un vendu aux Juifs ; pour Fillon, un légaliste ; pour Polanski, un pédophile et pour Strauss-Kahn, un pervers.

            Il est vrai que ces media ont modifié leur approche de la communication. À leurs débuts, ils se contentaient de la réclame et de la publicité, autrement dit, ils s'étaient octroyé la mission de moduler nos préférences. Or, depuis que tout le monde a constaté que Omo ne lavait pas plus blanc, et que la publicité n'a de crédibilité qu'envers celui qui se la paye, les media ont modifié leur mission : à présent, ils se sont octroyés la mission d'orienter nos aversions.
            Et l'individu, par crainte de se voir accusé de ces vices, se trouve devant l'obligation de lancer des pierres lui aussi contre des gens dont il ne connaît que les informations relayées par ces mêmes media, et pour lesquels les griefs retenus ne sont ni avérés ni prouvés.
            Il est vrai qu'au cours des siècles, au constat que l'humain a plus tendance à haïr qu'à aimer, il est plus aisé d'exploiter cette tendance et de lui désigner l'objet de sa haine. Il est regrettable que la mauvaise foi et le mensonge ne soient pas « lapidables » : car on constaterait l'apparition d'une race nouvelle, les vipères à bosses.

2 commentaires:

Véronique Allouche a dit…



Très bon article. Enfin quelqu'un qui ose parler de la vindicte journalistique du moment. La chasse à l'homme est ouverte et le tribunal médiatique est en marche, qui se fait juge et partie.
Il me revient en mémoire l'affaire Bérégovoy dévoilée également par le Canard et qui mena cet homme au suicide. Ce qui fit dire à Mitterand lors des obsèques de son ancien premier ministre:
« [...] Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie,......"
Très cordialement

Jean Smia a dit…

Très juste Véronique, j'aurais dû le citer dans ma liste des suppliciés. Merci du compliment.