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jeudi 19 janvier 2017

2017 : Année européenne ? par Dov ZERAH



2017 : ANNÉE EUROPÉENNE ?

Le point économique de Dov ZERAH
            

         L’installation vendredi de Donald Trump à la Maison blanche suscite des interrogations, voire des craintes. Elles sont justifiées par ses dernières déclarations fracassantes. En critiquant Angela Merkel et sa politique sur l’accueil des migrants, en saluant le Brexit, en affirmant que le vieux continent est dominé par l’Allemagne, en répétant que l’Europe doit participer au financement de sa défense, le Président élu interpelle, bouscule l’Europe, tout comme Vladimir Poutine lorsqu’il a annexé la Crimée, soutenu les séparatistes de l’Est ukrainien ou sauvé Bachar El Assad au prix de massacres de populations.





Blocs mondiaux

            Face à un monde de plus en plus compétitif, de plus en plus dangereux, nous avons besoin d’une Europe forte. Face aux blocs nord-américain, chinois et russe, nous avons besoin d’une Europe qui s’affirme. Plus aucun pays ne peut s’appuyer sur le bouclier américain. Unis, nous avons plus de chances de faire face aux défis, aux menaces. La tentation de l’isolationnisme est totalement illusoire.
            Nous l’avons vu avec la Grèce. Malgré des déclarations, des promesses, un referendum, Alexis Tsipras n’a pas pris le risque de faire sortir son pays ni de l’Europe, ni de la zone euro. Nous le voyons avec le gouvernement britannique post-Brexit. Il cherche des alliés. Alors qu’il était partenaire d’un ensemble européen qu’il pouvait influencer, il cherche, pour continuer à être écouté, à renforcer une alliance privilégiée des Etats-Unis.

            Si nous voulons encore peser sur le cours des événements, ne cédons pas au mirage indépendantiste. Si nous voulons encore essayer d’écrire l’histoire, il est urgent de définir une plateforme européenne. Si nous souhaitons éviter la marginalisation avec la relation américano-soviétique qui s’annonce, cette feuille de route devrait au minimum comprendre :
Le règlement, dans des délais aussi courts que possible, du Brexit. Depuis le vote du peuple britannique, voilà plus de huit mois, nous avons eu de nombreuses déclarations mais le sujet ne s’est toujours pas décanté. Au-delà des discussions sur la place des Britanniques dans le marché unique, il ne faut pas oublier que le Royaume-Uni a un rôle à jouer dans l’Europe de la défense.
Otan

Le développement de l’Europe de la défense. Comme Barak Obama, Donald Trump a encore répété avant-hier qu’il ne veut plus payer pour la défense de l’Europe. Dans ces conditions, a-t-on encore besoin de l’Otan ? Même si la question mérite d’être posée, avant d’y répondre, l’Europe doit développer une politique globale de défense, avec toutes les composantes armées, des industries de l’armement et une dépense militaire représentant au moins 2 % du PIB.
Le réexamen de la position vis-à-vis de la Russie. L’Europe doit revoir sa position avec la Russie, et trouver un équilibre entre la fermeté et l’évitement d’une nouvelle guerre froide.
Le renforcement de la sécurité intérieure de l’espace européen. L’Europe doit renforcer la protection de son territoire, non pour le fermer, mais pour permettre la meilleure intégration des migrants. Quand on voit les risques que les candidats à l’immigration sont prêts à prendre, les difficultés auxquels certains pays, comme la Grèce et l’Italie, sont confrontés, l’Europe doit simultanément se protéger, intégrer et aider le Sud.
La mise en place de partenariats stratégiques tant avec le monde arabe qu’avec l’Afrique sub-saharienne. Aider les pays d’Afrique et du Proche Orient à se développer devrait permettre de ralentir l’immigration, au moins celle économique. Alors qu’au début des années soixante, certains opposaient la Corrèze au Zambèze, aujourd’hui aider nos voisins du Sud est le seul moyen durable de ralentir les flux migratoires, sans sous-estimer la stimulation de notre croissance économique.
- Elle passe aussi par une nouvelle impulsion à l’Europe de la connaissance, lancée il y a une quinzaine d’années à Lisbonne, ainsi qu’à la réindustrialisation. Donald Trump est en train de donner l’exemple en utilisant même le chantage pour éviter toute délocalisation. Nous devrions nous en inspirer.
Le renforcement de la gouvernance européenne, notamment par une véritable politique fiscale commune, un réexamen du pacte de stabilité et de croissance

Enfin, et ce n’est pas forcément le dernier point de cette feuille de route, la clarification de l’attitude vis-à-vis de la Turquie. Au-delà de tout autre considération, l’Europe n’est pas en mesure de procéder à tout nouvel élargissement tant qu’elle n’a pas réglé les précédentes urgences et qu’elle n’a pas clarifié le projet européen.


            Vous pouvez constater que les responsables européens ont de nombreux et difficiles chantiers qui s’apparentent aux douze travaux d’Hercule. Il nous reste à espérer que 2017 soit une année européenne.

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Mais qu'a donc dit Trump de si extraordinaire pour que M. Zerah qualifie ses dires de "déclarations fracassantes" ?
Qu'il était un "grand fan" des Britanniques et que le Brexit sera "un succès" qui incitera d'autres pays européens à faire de même.
Que la politique de Merkel dans la résolution de la crise des réfugiés a été une "erreur catastrophique".
Quel l'UE est "en gros, un instrument" au service de l'Allemagne.
Que l'OTAN est une institution "obsolète" qui n'a "pas su s'adapter aux nouvelles menaces" du monde.
Que l'invasion de l'Irak fut une "des pires décisions" prise par les États-Unis.
Cela valait-il cette levée de boucliers de toute la bien-pensance européiste et cette remontée de bretelles du nouveau Président élu des États-Unis d'Amérique par notre Président déchu ?

P.S. Alors que Obama est encore en fonction, nous apprenons fortuitement, que des blindés américains sont entrés en Pologne pour participer à un des plus vastes déploiements militaires des États-Unis en Europe depuis la fin de la guerre froide ?
Il y a donc tout lieu de penser que 2017 sera effectivement une année difficile pour les Européens !