ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

vendredi 9 décembre 2016

Kol-Israël : Matteo Renzi démissionne


Radio Kol-Israël
L’ITALIEN MATTEO RENZI DÉMISSIONNE

Jacques BENILLOUCHE
Au micro de
Annie GABBAI




          L’Italie ressemble un peu à la France et montre qu’elle est ingouvernable. Elle choisit à une large majorité un premier ministre mais lui interdit ensuite de faire des réformes. Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, était conscient que l’instabilité politique était due à une vieille Constitution qui datait de la dernière guerre et qui freinait le travail législatif. Il a donc voulu la modifier.
Cliquer sur la suite pour écouter l'émission






         Son projet n’avait surpris personne puisqu’il avait prévenu la classe politique, dès son arrivée au pouvoir en février 2014, de sa volonté de réformer en profondeur la Constitution italienne. Mais la malédiction poursuit les réformateurs à l'instar du Général de Gaulle qui avait eu lui-aussi un projet similaire ; les deux leaders sont tombés face au conservatisme de l’opinion publique. La jeunesse et le dynamisme de Renzi étaient pourtant un argument positif. Mais il avait compté, à tort, sur une forte émancipation du corps électoral.
Matteo Renzi et Beppe Grillo 

Le projet n’était pas alambiqué ; il s’agissait de mettre fin au bicamérisme italien. Contrairement à la France où l’Assemblée nationale a le dernier mot et le Sénat un rôle consultatif, la Chambre des députés et le Sénat italiens ont le même poids dans l’élaboration des lois et disposent du pouvoir de voter la confiance ou de faire tomber les gouvernements. Cette dualité entraîne irrémédiablement un blocage politique intense.  
Renzi voulait donc maintenir l’Assemblée nationale en l'état mais réduire le Sénat à 100 membres au mandat non renouvelable, dont 74 conseillers régionaux, 21 maires et 5 personnes désignées par le président de la République. Le Sénat aurait alors eu un rôle secondaire dans l’élaboration des lois. Il s’agissait aussi de diminuer la charge financière des 315 sénateurs dont l’indemnité est la plus élevée d’Europe avec 15.000 euros mensuels, net.
Beppe Grillo

Ce projet avait surtout pour objectif de mettre fin à l’instabilité politique sachant que les gouvernements ont une durée de vie d’une année environ et que l’Italie a connu 25 présidents du Conseil depuis 1945. Cependant les opposants au projet se trouvaient parmi la quasi-totalité de l’échiquier politique. La Ligue du Nord de Matteo Salvini, d’extrême-droite, Forza Italia de Silvio Berlusconi, le Mouvement des cinq étoiles de Beppe Grillo, le populiste italien, et même quelques frondeurs du parti démocrate avaient des raisons contradictoires pour faire tomber le gouvernement.
Mais si Matteo Renzi a démissionné, il reste toujours chef du Parti Démocrate, majoritaire à la Chambre, ce qui le rend incontournable. On parle d'un gouvernement «technique» pour le remplacer mais il faudra attendre de nouvelles élections, avec un nouveau mode de scrutin, pour être fixé. Beppe Grillo est convaincu de gagner les prochaines élections puisqu’il est aujourd’hui le deuxième parti d’Italie et qu'il espère détrôner Renzi après son échec. 
Cela explique les inquiétudes de l’Europe et la chute de l’Euro par rapport au dollar car Grillo milite pour la sortie de l’Italie de la zone euro. L’incertitude politique et économique de l’Italie est en jeu avec les conséquences sur toute l’Europe puisque l’Italie est la troisième économie de la zone euro. Les électeurs font souvent preuve d'incohérence dans leur choix mais c'est le revers de la médaille de la démocratie.

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Ne dit-on pas couramment que le Français est un Italien de mauvaise humeur ? Mais par les temps qui courent, ceux qui voudraient en débattre, auraient bien du mal à décider de quel côté des Alpes situer le peuple le plus en colère des deux