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dimanche 6 novembre 2016

Tsahal : le colonel AMIR parle


TSAHAL : LE COLONEL AMIR PARLE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            En 2007, nous avions obtenu en exclusivité une interview du colonel Amir. La diffusion de sa photo était à l’époque frappée d’interdiction par la censure militaire car il était encore en opération en Cisjordanie. Aujourd’hui son nom et sa photo s’étendent sur tous les quotidiens israéliens puisqu’il vient d’être nommé numéro-3 de Tsahal. Ancien attaché militaire adjoint à Washington, ancien commandant du régiment Nahal, actuel Commandant de la 162ème division de Tsahal, le général de brigade Amir Aboulafia vient d’être nommé commandant de la Direction de la planification de l'armée. Cette branche a pour mission d’analyser les menaces futures et de développer l’armée israélienne, en termes d’achats d’armes et de structure opérationnelle. Nous reproduisons intégralement cette interview de 2007 qui n’a pris aucune ride.
Le général Amir Aboulafia


Notre visite d’Eli et de Shilo avait éveillé des questionnements liés à l’avenir de ces idéalistes installés loin derrière la clôture de sécurité érigée à la limite d’Ariel. La symbolique de ces bastions juifs continuait à imprégner nos esprits traversés par le doute et l’incertitude. La visite d’implantations au sein d’une région pétrie d’Histoire ne pouvait nous laisser indifférents et nous avions touché du doigt une réalité qui échappe lorsqu’on se situe loin du théâtre des opérations. En dehors du réel spectacle champêtre tonifiant l’esprit et aiguisant notre curiosité, le problème des dangers quotidiens auxquels devaient faire face les pionniers s’imposait en une réalité douloureuse. Nos interlocuteurs nous rassuraient avec insistance sur une armée omniprésente qui contrôlait et assurait la sécurité des implantations mais nous ne pouvions nous passer de certitudes tangibles.



            On pouvait bien sûr imaginer un entretien avec un cadre supérieur de Tsahal mais cela restait encore du domaine du rêve. Notre démarche était vraiment inspirée par le fait que nous étions dans la terre des miracles. En contactant l’État-major général, nous nous faisons peu d’illusion sur la réponse de la part d’une institution qui cultive, par nature, le culte du secret. Et puis, que pouvait chercher un journaliste francophone dans le quotidien d’une armée qui privilégie les actes plutôt que les palabres. Pourtant Tsahal déroute, sur le terrain comme dans ses bureaux et il sait étonner. J’étais convié au Quartier Général de la Région Centre pour une interview sans complaisance, sans tabou et sans langue de bois.
            Dès le premier contact, il était facile d’être désarçonné par la jeunesse du colonel AMIR. A 38 ans à peine, l’officier arborait, en guise de grade, trois feuilles de vigne sur ses épaulettes.  Son allure d’adolescent nous entrainait aussitôt à faire le parallèle avec les officiers de Napoléon, maréchaux et généraux, qui s’étaient distingués sur les champs de bataille. Leur jeunesse avait joué en faveur d’une stratégie osée, d’une tactique innovante, d’une prise de risque calculée et d’un succès fulgurant sur les vieux officiers bedonnants. Les Murat, Ney, Soult, Masséna …, issus tous des classes populaires, généraux dès qu’ils avaient atteint à peine la trentaine, avaient mené Napoléon à toutes ses victoires. Amir nous donnait évidemment l’impression d’être de cette trempe là.
Amir chef de délégation à Auschwitz


Colonel Amir : Je suis colonel de Tsahal, adjoint au général commandant la Région Centre, Yaïr Naveh. A la tête d’une brigade (Hativa), j’ai sous ma responsabilité la région de Benyamin qui comprend la zone entre Jérusalem et Ariel non incluse, de la ligne verte au Jourdain, soit une zone de 1200 km2. Eli, Shilo et Bet El par exemple sont sous ma responsabilité.

Jacques Benillouche : Parlez-nous de votre activité, de vos habitudes et de votre fonction. 
          Je suis responsable de tout ce qui se passe dans cette zone sous ma juridiction, responsable des Juifs qui y vivent et aussi des Palestiniens. Ma fonction est axée en priorité sur la sécurité de la région et donc sur la lutte contre le terrorisme. Je ne m’intéresse qu’à ceux qui combattent les armes à la main. Cela paraît simple ainsi mais c’est en fait une tâche dont la difficulté peut s’illustrer par un exemple concret : celui d’un terroriste qui s’installe dans la ville de Ramallah, d’architecture très orientale, aux constructions très touffues et aux immeubles à plusieurs étages. L’opération qui consiste à repérer cet homme recherché s’avère très compliquée car tous les activistes utilisent toujours les civils comme boucliers de protection. Nous ne pouvons pas prendre le risque de tirer sur un immeuble de 200 civils avec la conséquence d’entrainer des dégâts collatéraux. Les Palestiniens n’ignorent pas notre position prudente et ils savent que nous évitons de les poursuivre si la vie de civils est en danger. Nous avons donc inventé des méthodes plus fines pour les contraindre à sortir de leur lieu de protection, sans toucher à un cheveu des civils qui les entourent. Nous prenons notre temps et je vous prie de croire que nos très nombreuses réussites n’ont pas l’écho mérité, moins par modestie que par souci sécuritaire. Ainsi pas plus tard que la nuit dernière, nous avons arrêté des terroristes qui étaient à la veille de réaliser un attentat avec des ceintures d’explosifs dont l’une comportait, fait nouveau, de l’explosif liquide difficilement détectable. Nous agissons essentiellement en parfaite collaboration avec nos services de renseignements et, si nous ne disposons pas d’éléments qui nous permettent d’épargner les innocents, nous laissons les terroristes libres mais en sursis. Nous leur laissons le temps, le temps qui les étouffe dans leurs caches et qui les poussera à commettre l’erreur qui les fera appréhender. Nous ne les oublions jamais. Le fait même qu’ils se terrent est en soi une réussite car, en se neutralisant volontairement, ils deviennent inoffensifs.

J.B : Et vous savez où ils sont ?

Nous avons identifié toutes leurs caches ; nous connaissons tous leurs refuges et ils savent qu’ils sont en permanence sous notre contrôle. Alors ils se terrent, des heures et des nuits durant lesquelles nous les empêchons d’agir. L’agitation stérile n’est pas notre technique et nous n’opérons jamais à l’aveuglette. Nous notons cependant, à l’heure actuelle, un changement des mentalités et une atmosphère qui pousse de nombreux civils à devenir des terroristes potentiels ; ils sont de plus en plus motivés et la part essentielle de notre boulot est d’abattre toute tête qui émerge de ce magma.

J.B : Et vous vous sentez encore efficaces ? 
          C’est la guerre du Liban qui vous fait poser cette question ? Beaucoup pensent que Tsahal est moins efficace, qu’il ignore tout, qu’il est peu combatif et qu’il est stérile au front. Ce que je peux dire avec force, c’est que je mesure ce que l’on fait loin des projecteurs des média et malgré les commentaires des journalistes. Mes soldats, qu’on cherche toujours à mésestimer par comparaison à ceux des générations précédentes, sont des troupes aguerries qui se comportent de manière exceptionnelle sous le feu. Alors qu’ils sont à peine mobilisés depuis une année, à 19 ans à peine, ils prennent des risques étonnants, surtout en opération de nuit. Ils ont conscience que, s’ils ne mettent pas la main sur un terroriste recherché, alors ils le laisseraient se promener le lendemain dans les rues de Tel-Aviv avec sa ceinture d’explosifs. Il faut que les anciens arrêtent de se glorifier au détriment de ceux de notre génération.

J.B : Dans le journal le Monde d’hier, les Palestiniens affirment que l’armée ne sait plus se battre, qu’elle ne sait pas souffrir comme eux, qu’elle ne connaît pas le combat de rues… 
          Nous devons d’abord distinguer entre le combat à Gaza et notre combat en Judée Samarie. En ce qui concerne ma région, il n’y a pour moi aucun sanctuaire que Tsahal évite. Je circule avec mes soldats dans la Kasbah des villes et dans les camps de réfugiés en toute liberté. Il n’y a aucun endroit laissé au contrôle exclusif des Palestiniens. Il n’y a pas de zone de non-droit. À Gaza nous avons choisi la politique de ne pas y entrer 

J.B :  Parce que nous en sommes sortis ! 
          Il n’y a aucun lien avec cela. Déjà lorsque nous étions au Goush Katif, nous n’étions jamais à l’intérieur des villes comme Gaza, Khan Younes, ou Djébalia. Nos bases se situaient dans les périphéries, et jamais dans les camps de réfugiés. Nous n’y étions même pas avant le désengagement. Je me place ici sur un plan militaire et non pas politique. Le Goush Katif était une poche située complètement à l’écart du reste des villes de Gaza et, en tant que militaire, j’affirme que le fait de sortir de cette poche n’a entrainé aucune conséquence sécuritaire sur le reste de la région.  On avait peut-être une réactivité plus rapide lorsque nous étions à côté mais sans plus. En revanche il faut avouer que le seul changement depuis notre départ est la perméabilité de la frontière avec l’Egypte. Mais nous continuons à faire des opérations dans cette région limitrophe pour notre sécurité.

JB : Revenons à votre région. J’ai été étonné de voir peu de civils armés dans les territoires. 
        Dès que j’ai pris mon commandement, j’ai réuni les civils et je leur ai demandé de déposer leurs armes. Je leur ai garanti que Tsahal se chargerait en permanence de leur sécurité. Je ne voulais pas que se crée en quelque sorte des milices à la libanaise qui auraient surtout un rôle de déstabilisation et de fauteurs de trouble. Je ne voulais pas que l’on vive une situation de western où les armes tiennent lieu d’argument de discussion. Nos concitoyens m’ont fait confiance ou plutôt ils ont fait confiance à Tsahal.

J.B : De nombreux articles de presse insinuent que le Hamas voudrait constituer en Judée Samarie une milice de 10.000 hommes à l’égale de celle qu’ils ont à Gaza sur le modèle du Hezbollah. 
          Nous agissons de manière très intense pour éviter la création d’une milice du Hamas. Il y a certes constitution de groupes de jeunes sous le prétexte d’une action sociale mais ils ne sont pas armés. Il est vrai qu’il y a une volonté du Hamas de montrer sa présence mais, grâce au travail du Shabak (n.d.r.l : renseignements intérieurs) et aussi des militaires, nous arrivons à contrer toute velléité de création d’une milice. J’ai en revanche constaté une rupture importante dans un autre domaine. Les coups de buttoir que nous assenons en permanence sur les groupes terroristes ont modifié la donne en ce qui concerne l’âge des chefs. Les responsables étaient auparavant âgés de plus de 40 ans, pères de famille, plus réfléchis et donc plus soucieux de leur sécurité.

J.B : Cela veut entraîne quoi ? 
          A force de capturer les chefs, nous leur laissons moins de temps pour la formation et le renouvellement des cadres dont l’âge aujourd’hui avoisine les 20 ans. Il nous est arrivé d’arrêter quatre fois de suite le chef nouvellement désigné dans une ville. Il n’avait même pas eu le temps de se former à son nouveau commandement. Mais ces jeunes chefs diffèrent des autres car ils ont le sentiment de n’avoir rien à perdre et, en étant moins réfléchis donc plus imprévisibles, ils sont plus dangereux et plus extrémistes. Nous avons appris à réagir autrement et à modifier notre stratégie devant des actes de désespoir non planifiés.

J.B : Tsahal a bénéficié à l’Etranger du mythe de son invulnérabilité et il semble qu’à présent ce mythe soit entaché. 
          Nous faisons actuellement de gros efforts de communication et parfois même nous acceptons de dévoiler des secrets militaires pour montrer nos réussites. La chaine 10 par exemple a diffusé le détail de certaines opérations ultra secrètes. Vous ne pouvez imaginer le nombre d’opérations que nous menons sur informations du Shabak et les nombreuses réussites que nous obtenons ; la seule preuve en est la réduction des attentats et des Kamikazes. Il est souvent nécessaire de ne pas divulguer les résultats de nos opérations tant que nous n’avons pas mis la main sur les commanditaires et sur le réseau complet mais c’est vrai nous ne gaspillons pas beaucoup de temps à la communication.

J.B : Ce qui transpire essentiellement dans les média étrangers ce sont les malheurs des femmes, des enfants et des civils palestiniens.
          L’armée d’Israël ne s’attaque jamais aux civils. Nous avons arrêté des centaines de Palestiniens dans ma région mais ils nous combattaient les armes à la main et cela n’est pas écrit par les journalistes. J’avoue que les Palestiniens font un travail remarquable en ce qui concerne la communication. Mais nous avons changé nous aussi et nous faisons des efforts, pour preuve, vous êtes là. Je vous signale aussi que dans ma jeep de commandement je suis souvent accompagné par un représentant du porte-parole de Tsahal. Nous avons enfin compris   que la bataille des media est aussi fondamentale que la bataille militaire.

J.B : Revenons à la deuxième intifada ; Au début ce fut difficile et nous avons eu beaucoup de pertes. Depuis, pouvez-vous dire que vous avez appris à combattre le terrorisme ?
          Le point le plus important à souligner est l’aspect sécuritaire. C’est pour cela que nous devons occuper le terrain en permanence. Ainsi je suis à même de m’introduire avec mes hommes dans toutes les zones ; il n’y a pas de sanctuaire qui nous soit ni interdit et ni inaccessible, de jour comme de nuit ; nous circulons dans toutes les Kasbah, tous les camps de réfugiés et tous les villages. Nous nous manifestons toutes les nuits pour ne donner aucun répit aux hommes que nous combattons. Nous les empêchons ainsi d’agir et nous les dérangeons dans leur activité de réorganisation. Ils ont peur de moi et parce qu’ils sont en situation de crainte, ils ont moins de temps pour organiser leurs attentats et ils savent qu’ils ne sont pas en sécurité la nuit. Mais la situation évolue continuellement et nous sommes amenés à modifier notre tactique tous les jours pour l’adapter aux évènements. Eux-aussi deviennent de plus en plus malins mais c’est à nous de l’être plus qu’eux.

J.B : On dit à l’étranger que, parce que vous vous spécialisez dans la lutte contre la guérilla, vous êtes en train de perdre votre technique et votre expertise de combat contre une armée régulière.
          Je vois cela autrement. L’Etat d’Israël n’a jamais vécu sans guerre et il y en a une chaque dix ans. Le fait que je combatte actuellement dans un camp de réfugiés ne me déconnecte pas d’une guerre traditionnelle. Et par exemple, en combattant au Liban, nous avons dû entrer dans des zones habitées et il est vrai que nous étions des experts en combats de rues. Mais il est vrai aussi que l’armée est amenée à se désintéresser d’autres facteurs. Nous n’avons pas le privilège, comme l’armée suisse, de nous préparer à un seul type de guerre ; alors nous devons nous adapter constamment. Mes soldats sont fort occupés. Quand je donne l’ordre de mettre la main sur un terroriste en Judée-Samarie, ils ont le sentiment d’être en guerre. Ils ne dorment pas pendant plusieurs nuits, volent de temps en temps une ou deux heures de sommeil pour se reposer et ils savent que dès que les informations nous parviennent ils doivent à nouveau aller sur le terrain.

J.B : Mais contre la Syrie ou l’Iran, cela risque d’être un autre type de guerre !
          Dans mon régiment nous avons des compagnies du génie, des compagnies de tanks et d’artillerie et elles n’ont pas perdu de leur efficacité. Certes nous devons consolider nos manœuvres et donner plus de temps à nos exercices. Mais tous mes soldats, qui agissent au centre des villes, sont amenés à s’exercer sur des champs de bataille d’envergure, ailleurs dans notre territoire.

J.B: On dit les soldats ne sont plus motivés et qu’ils ne savent plus pourquoi ils combattent.
          Mes soldats et moi savons que nous nous battons nuit et jour pour le pays, pour la sécurité des civils. Et aujourd’hui nous combattons encore pour notre guerre d’indépendance qui ne s’est pas terminée.

J.B : On se pose la question de votre sollicitude vis à vis de terroristes qui ont du sang sur les mains.
          Tout terroriste, qui tient en face de nous une arme à la main, est abattu sans sommation car nous ne pouvons pas prendre le risque de nous faire tirer dessus. Et ils le savent. C’est pourquoi on constate peu de bravoure parmi eux. Dès qu’ils nous voient, leur première réaction est de jeter les armes à terre et de lever les bras. Nous ne sommes pas des sanguinaires ; nous nous défendons et nous ne sommes pas de ceux qui acceptent de tirer froidement sur un homme désarmé, même si l’on sait pertinemment qu’il a assassiné des femmes et des enfants. Et c’est ce qui nous distingue d’eux ; nous avons plus d’humanité. Mais en aucun cas nous leur laisserons la chance de mettre en danger quelqu’un des nôtres. Il est vrai que nous laissons en vie ces hommes et qu’ensuite le problème ne nous regarde plus puisqu’il devient celui de notre Justice. Même les éliminations ciblées sont des décisions qui ne nous appartiennent pas et qui sont prises par la Justice ou le pouvoir politique lesquels s’assurent auparavant de leur réelle culpabilité. Tsahal ne peut pas se comporter, malgré ce qu’on dit d’elle, comme des barbares dans la jungle. Nous avons notre éthique.

J.B : Que pouvons nous faire pour améliorer à l’étranger le système d’informations ?
       Invitez-nous et nous viendrons vous parler comme je l’ai fait quand j’étais l’adjoint du conseiller militaire à Washington.       

3 commentaires:

AMMONRUSQ a dit…

Merci, c'était très intéressant !

Eric LEBAHR a dit…

Article tres interessant . Les questions sont très bien posées.. Les réponses très pertinentes. Ce qui transparaît est l'activité inlassable des soldats, dans un rôle préventif de premier ordre, pour éviter des attentats de civils en Israel, tel Aviv ou ailleurs... L'on sent un hyper professionnalisme, avec une extrême capacité d'adaptation aux situations multiformes et changeantes. Transparaît aussi le souci de l éthique de l'armée, de la pureté des armes, une haute exigence dans la morale... À rebours des clichés nauséeux que véhicule parfois une certaine presse mal intentionnée... Une exigence dont se fichent éperdument les ennemis compulsifs , qui n'affichent aucune limite dans la barbarie, notamment envers des civils . cela ne ressort jamais , bien au contraire, des commentaires de journalistes.

Janie Cheraki a dit…

Tsahal est la meilleure ARmée au Monde
Pour combattre ALFATAR!