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lundi 7 novembre 2016

Les femmes d'Alain Juppé



LES FEMMES D’ALAIN JUPPÉ

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


            
          Ne vous méprenez pas. L'article n'a pas la prétention de révéler d'éventuelles frasques sulfureuses sur la vie privée d’Alain Juppé. Il s'agit d'essayer de gommer l’image désastreuse qu’il a laissée au cours de son premier gouvernement qui n’a duré que du 17 mai 1995 au 7 novembre 1995. 
          Les «jupettes», au nombre de douze, avaient été qualifiées ainsi au moyen d’un terme sexiste et condescendant. Elles s’étaient distinguées par leur nombre inhabituel dans l’histoire politique française mais avaient été vite évincées alors qu’elles occupaient des postes de secrétaires d'État ou des ministères de second ordre. Elles avaient été considérées, dès le départ, comme un alibi pour la parité et elles n’avaient jamais été prises au sérieux, juste une péripétie folklorique.



Élisabeth Hubert (ministre de la Santé publique et de l'Assurance maladie), Colette Codaccioni (ministre de la Solidarité entre les générations), Corinne Lepage (ministre de l'Environnement), Françoise de Panafieu (ministre du Tourisme), Anne-Marie Couderc (Secrétaire d'État chargée de l'Emploi), Élisabeth Dufourcq (secrétaire d'État chargée de la Recherche), Françoise Hostalier (secrétaire d'État chargée de l'Enseignement scolaire), Anne-Marie Idrac (secrétaire d'État chargée des Transports), Margie Sudre (secrétaire d'État chargée de la Francophonie), Nicole Ameline (secrétaire d'État chargée de la Décentralisation), Françoise de Veyrinas (secrétaire d'État chargée des quartiers en difficulté) et Christine Chauvet (secrétaire d'État chargée du Commerce extérieur) ont payé parce qu’elles étaient trop en avance sur leur temps.

La donne a complétement changé à présent puisque les femmes participent en grand nombre à la vie politique française, en dehors de toute obligation de parité. Elles ne sont plus des alibis ni des potiches mais elles sont devenues au contraire incontournables au sein de certains partis et à la tête de grandes structures politiques. Aujourd’hui Alain Juppé est entouré par de nombreuses femmes auxquelles on prédit un avenir politique de premier ordre, s’il était élu à la présidence. Ainsi, nous affichons par ordre alphabétique une liste non exhaustive de femmes ministrables qui le soutiennent alors qu'Alain Juppé trouve par ailleurs «l'idée d'une femme à Matignon tout à fait pertinente».

Christine Marie Albanel, née le 25 juin 1955 à Toulouse, a suivi des études de lettres à la Sorbonne à Paris puis a obtenu l’agrégation en lettres modernes. Présentée par son cousin, Jean-Bernard Mérimée, alors chef du protocole au Palais de l’Élysée, elle devint de 1979 à 1981, l’attachée de presse d’Anne-Aymone Giscard d’Estaing, en tant que chargée de mission au secrétariat général de l’Élysée. Après mai 1981, elle intégra les effectifs de l’enseignement secondaire mais Denis Baudouin la fit venir à l’Hôtel de ville de Paris, où elle fut chargée d’écrire les discours de Jacques Chirac, comme Alain Juppé avant elle. Elle fit partie du cabinet de Jacques Chirac, nommé premier ministre en 1986 pour continuer à écrire ses discours. C’est elle en particulier qui rédigea le discours du Vel’ d’Hiv de juillet 1995 par lequel Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs, ainsi que l’hommage à François Mitterrand prononcé au soir de sa mort le 8 janvier 1996. De mai 2007 à juin 2009, elle fut ministre de la Culture et de la Communication dans les gouvernements Fillon I et Fillon II. Elle intégra France Télécom (devenu ensuite Orange) le 1er avril 2010 en tant que chargée de la communication du groupe. Le maire de Bordeaux pourra compter sur l'expérience et le réseau de cette plume de Jacques Chirac quand la campagne battra son plein.

Aurore Bergé, 30 ans, est diplômée de l’Institut d'Études politiques de Paris et titulaire d’un master en affaires publiques. Elle occupe le poste de directrice conseil chez Hopscotch. Élue des Yvelines, conseillère nationale de l’UMP, elle a été charge des enjeux numériques dans la refonte des statuts du parti. Malgré son jeune âge, elle fait preuve d’une étonnante maturité. Elle voue une admiration à Etienne Pinte, «homme d’une grande humanité, très proche de Philippe Seguin», qui a su voter en faveur de l’IVG et de l’abolition de la peine de mort, contre son parti. Elle s’est levée contre «sa famille» pour défendre ce qu’elle croyait juste. C’est véritablement sa prise de position en faveur du mariage gay qui va la propulser sous le feu des projecteurs. Elle brandit son métier de communicante comme «porte-étendard de son indépendance». La primaire ouverte suppose la clarté, et un un choix. Le sien est fait : il s’appelle Alain Juppé. Elle est en effet «trop européenne pour accepter que l’on accuse Bruxelles, trop amoureuse de son pays pour tomber dans le déclinisme et le french bashing, trop libérale pour se retrouver dans la défense de rentes de situation et de privilèges». Il lui était difficile de soutenir un candidat qui balaie d’un revers de main des milliers de familles en leur déniant le droit d’exister et d’être reconnues. Elle est par ailleurs trop attachée à l’identité heureuse de la France pour refuser le communautarisme complice et la stigmatisation coupable.

Virginie Calmels, née le 11 février 1971 à Talence (Gironde), chef d'entreprise, ancienne dirigeante des groupes de médias Canal+ et Endemol, est actuellement première adjointe au maire de Bordeaux. Elle est diplômée de l'École supérieure de commerce de Toulouse (promo 93), d'études supérieures comptables et financières (DESCF) en 1994, d'expertise comptable et de commissariat aux comptes en 1998 ainsi que de l'Advanced Management Program (AMP) de l'Institut européen d'administration des affaires (Insead promo 2002).



          Claude Chirac, est née le 6 décembre 1962 à Paris. Elle est la fille cadette de Jacques Chirac et de Bernadette Chirac. Après avoir intégré Sciences Po Paris, elle a fait des études d'économie à l'Université Panthéon-Assas. En 1988, sous la houlette de Jean-Michel Goudard, elle entama chez Euro RSCG une carrière de chef de publicité. En 1989, elle a rejoint son père à sa permanence politique pour le conseiller dans sa fonction de maire de Paris. À partir de mai 1995, elle devient la conseillère en «communication-opinion» de son père, devenu président de la République. Elle était présente dans toutes les manifestations ainsi que dans les déplacements officiels ou privés. Elle a eu une influence importante sur le président de la République dans certains choix politiques. Elle serait à l’origine du slogan sur la «fracture sociale», qui joua un rôle déterminant dans la victoire de son père en mai 1995 auprès de qui elle a toujours défendu des positions progressistes. En 2007, elle s'est éloignée de Nicolas Sarkozy pour retourner au privé comme directrice de la communication de Kering, fondé par François Pinault, un ami proche de Jacques Chirac. En 2011, elle a épousé Frédéric Salat-Baroux, ancien secrétaire général de la présidence de la République sous Chirac. Ce couple a une grande expérience de la vie politique et de l'Elysée. 





Marie Guévenoux, née en 1976, titulaire d'un master en communication, est une ancienne attachée parlementaire d'Alain Madelin (président du parti Démocratie libérale). Bien que libérale, elle reste classée parmi les fidèles d'Alain Juppé et son remplacement avait posé un problème à la nouvelle direction du parti incarnée par Nicolas Sarkozy. C'est en 2003 que le chemin de Marie Guévenoux a croisé celui d'Alain Juppé. A 26 ans, elle fut choisie pour animer le mouvement des Jeunes populaires de l'UMP. Celle qui a commencé comme attachée parlementaire d'Alain Madelin puis est passée par les cabinets de Jean-Louis Borloo et de Xavier Darcos, a désormais une mission stratégique auprès du candidat à la présidentielle : organiser la conquête des dons financiers, véritable nerf de la guerre dans la mesure où le parti est sans le sous.

Marie-Laure Harel, 32 ans, plus jeune conseillère de Paris, avait pris position en faveur du mariage homosexuel, en désaccord avec la ligne de son parti. Elle a commencé la politique extrêmement jeune, à 22 ans, en intégrant le cabinet de Nicolas Sarkozy, alors qu’elle n'avait pas bouclé ses études de droit public. Après avoir fait la campagne de 2007 aux côtés de Nicolas Sarkozy, elle intégra le cabinet présidentiel de 2007 à 2012 où elle fut chargée de mission sur l'industrie. En 2008, à 24 ans, elle a été élue au Conseil de Paris. C’est une proche de Nicolas Sarkozy, mais elle avait d'abord fait le choix de rejoindre Alain Juppé. Cependant à la primaire, elle a préféré soutenir la candidature de NKM au premier tour. Son soutien est un choix de cœur car, selon elle, la candidate se bat et prend des risques et dispose d'une équipe dynamique qui lui a redonné de l’espoir. Au deuxième tour elle reviendra à son premier choix en soutenant Alain Juppé.

Fabienne Keller, née le 20 octobre 1959 à Sélestat (Bas-Rhin), est sénatrice depuis 2004 après avoir été maire de Strasbourg de 2001 à 2008. Ancienne élève de l'École polytechnique (X 1979) et de l'École nationale du génie rural, des eaux et des forêts, elle est également diplômée d'un master en économie de Berkeley. Elle a effectué son service militaire dans la marine nationale, à la préfecture maritime de la Méditerranée de Toulon (PREMAR III). Capitaine de corvette de réserve, elle a passé le brevet d'initiation parachutiste militaire (B.I.P.M.). Elle est pratiquement toujours vue aux côtés d’Alain Juppé lors de ses déplacements, faisant d’elle une conseillère de premier plan dans la campagne.

Nathalie Kosciusko-Morizet (souvent désignée par ses initiales NKM), née le 14 mai 1973 dans le 15e arrondissement de Paris, est diplômée de l’École polytechnique (X1992), puis devint membre du Corps des ingénieurs du génie rural et des eaux et forêts au sein de l’AgroParisTech. Elle a obtenu une maîtrise en administration des affaires (MBA). Elle est députée de la quatrième circonscription de l'Essonne et présidente du groupe Les Républicains au conseil de Paris. Elle exerça auparavant les fonctions de conseillère régionale d’Île-de-France, maire de Longjumeau, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, puis chargée de la Prospective et du Développement de l’Économie numérique et enfin ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. Elle fut aussi secrétaire générale adjointe de l’UMP et porte-parole de Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2012. Elle est chef de l'opposition au conseil de Paris et fut, de décembre 2014 à décembre 2015, vice-présidente de l'UMP puis de Les Républicains. Bien qu’elle participe à la primaire de la Droite, en concurrence avec Alain Juppé, elle n’a jamais caché sa proximité avec lui et une certaine complicité. Certains l’accusent de se présenter uniquement pour enlever 2 à 4% de voix à Sarkozy. Ce n'est pas faux; c'est une stratégie de primaire.

Valérie Pécresse, née le 14 juillet 1967 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), a été élève de HEC Paris, dont elle a été diplômée en 1988. Elle intégra ensuite l'ÉNA (promotion Condorcet, 1990-1992), d'où elle est sortie deuxième. De 1992 à 1998, elle fut en parallèle professeur de droit constitutionnel à Sciences Po Paris et à HEC Paris. Elle fut nommée, en juillet 1998, conseillère chargée des études et de la prospective auprès du président de la République française, Jacques Chirac. À l'occasion des élections législatives de 2002, elle fut élue députée des Yvelines, puis réélue en 2007, mais quitta ses fonctions après son entrée au gouvernement. Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de 2007 à 2011, elle mèna la réforme de l'autonomie des universités. Elle fut ensuite ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'État et porte-parole du gouvernement de 2011 à 2012. Le 18 décembre 2015, elle a été élue présidente du conseil régional d'Île-de-France, la plus grande région d’Europe.


5 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Bel effort pour sortir toutes ces dames de l'anonymat ! Gageons que Alain Juppé et les Chiennes de garde vous en sauront gré !
Mais ôtez-moi d'un doute : pas le moindre "Juif de Juppé" qui vaille la peine d'en parler ?

Très cordialement.

Eric LEBAHR a dit…

La donne à effectivement changé... Les jupettes ont pris du galon... C'est une tres bonne chose que nombre de femmes soient désormais ministrables sur le fondement de leurs compétences reelles, non pour satisfaire un alibi de parité de pacotille. La donne à changé à tel point... Que désormais c'est à Juppé lui meme que colle parfois à la peau l'épithéte un brin caustique de " jupette"... À cause de sa supposée mollesse et de la crainte avérée qu'une fois élu, il nous fasse du Hollande bis... Dieu, préservez nous de cette synthése molle version couilles molles! Certains problèmes gravissimes de la France d'aujourd'hui exigent une approche frontale... Ét une réelle capacité à décider et trancher...

V. Jabeau a dit…

Juppé à Bourdin sur RMC en 2014 : "la France doit reconnaître l'Etat Palestinien " et "je suis fier d'avoir fait rentrer la Palestine à l'UNESCO".
Juppé en France veut attirer les voix musulmanes avec l'identité heureuse. Il aura une dette. Pas avec les Juifs de France. Enfin beaucoup des profils présentés - en fonction de leur talent et pas seulement en fonction de leur sexe - sont des grandes bourgeoises de droite assez réactionnaires, ça n'a jamais profité aux Juifs de France.

Véronique ALLOUCHE a dit…

Les petits arrangements d'une Valérie Pécresse ou d'une NKM reniant ce que Sarkozy avaient fait d'elles ne me paraît pas très glorieux.
N'est pas Simone Veil qui veut!
Bien cordialement
Véronique Allouche

andre a dit…

Bonne idée cet article sur " les femmes de Juppé " ! Intellligence, culture et grâce !
Il sera bien entouré s'il parvient à franchir en tête Primaire et Présidentielle . Mais il ne faut pas qu'il ait la main qui tremble pour réformer : 35 heures, retraites, ISF, déficit, etc..François Fillon a écrit le programme . Il faudra l'appliquer et ne pas faire de l'identité heureuse l'identité peureuse .
Andre Tribune juive