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mercredi 23 novembre 2016

La versatilité des marchés par Dov ZERAH



LA VERSATILITÉ DES MARCHÉS


Le point économique de Dov ZERAH


Sacrés marchés ! Sacrées bourses ! Sacrés boursiers ! Début novembre, à la faveur d’un sondage donnant Donald Trump gagnant, les marchés ont dévissé. Cette perspective avait effrayé les Bourses qui ont plongé durant cinq jours comme cela ne s’était pas vu depuis 36 ans ! Le week-end passé, lundi 7, veille du scrutin, les marchés rattrapaient le terrain précédemment perdu.



Dans la nuit de mardi à mercredi, alors que la perspective de la victoire de Donald Trump se renforçait, les marchés asiatiques ouvraient avec une baisse de 5 %...Et, nouveau retournement, la journée de mercredi se terminait dans le vert ! Depuis, les marchés continuent à monter. Après avoir choisi Hilary Clinton, pourquoi les marchés ont-ils opéré un tel retournement ?
Après des mouvements irrationnels, les marchés ont découvert ou redécouvert les promesses économiques du candidat :
- Le programme économique est favorable aux entreprises, aux favorisés avec de substantielles réductions d’impôts.
Au-delà de ces perspectives positives, les marchés tablent sur un nouveau cycle de croissance, avec le lancement d’un grand programme d’infrastructures publiques de 1.000 millions$ dans le cadre notamment de partenariats publics-privés. Bien évidemment, les actions des entreprises du secteur des travaux publics sont orientées à la hausse.
- Après avoir dit que le salaire minimum fédéral était trop élevé, Donald Trump s’est dit prêt à l’augmenter sans citer de chiffre, et sans probablement aller jusqu’au 12$ promis par Hillary Clinton.
- La probable remise en cause de l’Obama care a poussé à la hausse les cours boursiers des pharmaceutiques.
- Enfin, les opérateurs s’attendent à un assouplissement des règles pour les banques et les compagnies d’assurance. Ce serait un retour en arrière après les mesures prises à la suite de la crise de 2008-2009. Les valeurs bancaires et financières en profitent.

          Mais, les marchés font l’impasse sur :
- Les limites d’une augmentation substantielle de la croissance. Les États-Unis connaissent depuis six ans un important mouvement de croissance qui a atteint, au troisième trimestre, 2,9 % l’an. Existe-t-il encore des marges dans le potentiel de croissance ?
Avec un taux de chômage de moins de 5 %, le pays connaît le plein emploi. Certains n’hésitent pas à mettre en évidence que ce chiffre masque le fait que certains ne s’inscrivent pas, ou que cela n’est possible qu’avec une généralisation des «petits jobs» ;
Néanmoins, dans ce contexte, il est vraisemblable qu’une telle relance économique de type keynésien classique se traduise par un retour de l’inflation.
- Cette perspective risque de favoriser la remontée des taux d’intérêt longs qui sont déjà passés de 1,80% à 2,40% pour les États-Unis. Elle devrait s’accélérer. En effet, nous attendons depuis longtemps une décision de la FED ; sans cesse repoussée, elle est prévue pour décembre. Il est grand temps que cette politique d’assouplissement monétaire, dénommée Quantitative Easing, cesse.
- Entre les baisses d’impôt et l’augmentation des dépenses publiques d’investissement, le déficit public va s’accentuer, ce qui va rendre encore plus difficile son financement. Achetant une bonne partie des emprunts de l’État fédéral, la Chine va négocier la poursuite de ses achats. Par ailleurs, les agences de notation vont revoir leur appréciation de la situation nord-américaine, ce qui va renforcer le mouvement de remontée des taux d’intérêt, et par voie de ricochet de l’inflation.
Les risques de guerre commerciale, avec l’opposition aux traités Trans pacifique et transatlantique, et avec une augmentation de certains droits de douane. En ouvrant une telle boîte de Pandore, la perspective d’une guerre commerciale peut aussi s’accompagner d’une guerre des monnaies.

     Il est possible de constater que les risques sont nombreux et importants, que cela devrait tempérer l’euphorie soudaine des marchés. Mais leur versatilité est telle qu’ils ont besoin d’anticiper et de spéculer. Mais la fébrilité et la volatilité qui en résulte est préjudiciable au bon fonctionnement des marchés.

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Qu'importent l'effondrement des économies, les déficits publics, la guerre commerciale, la guerre monétaire ou même la guerre tout court, pourvu que les spéculateurs puissent continuer à spéculer !

zeev a dit…

Business as usual..