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mercredi 30 novembre 2016

Fidel Castro : la fin d'un mythe par Dov ZERAH



FIDEL CASTRO : LA FIN D’UN MYTHE ?

Le point de Dov ZERAH


Le décès d’une personne, à plus forte raison d’un chef d’État, constitue toujours le moment idéal de dresser un bilan. Qu’en est-il de celui de Fidel Castro ? La vie du «Lider Maximo» est ponctuée par plusieurs étapes ou faits marquants.
Fidel Castro est en 1926 dans une famille aisée. Son père est propriétaire d’une plantation de canne à sucre. Durant ses études chez les Jésuites, il se distingue plus par ses capacités athlétiques que par ses succès scolaires. Plus tard, à l’université de droit, le jeune étudiant s’engage en politique et démontre une véritable prédisposition à s’imposer comme chef.



Le guérillero ou la conquête du pouvoir

Pendant ses études de droit, Fidel Castro participe à un coup d’État contre le général Trujillo, en République dominicaine. Un an plus tard, il organise une insurrection dans la capitale colombienne, Bogota. Malgré ces péripéties, il devient avocat en 1950. En 1952, il est candidat aux élections législatives. Mais, le processus électoral est interrompu avec le coup d’État du général Batista.
Le 26 juillet 1953, Fidel Castro et quelques hommes s’attaquent à la caserne de la Moncada. C’est un nouvel échec. Dix-huit mois de prison. Amnistié par le général Batista, il crée le mouvement du 26 juillet, M26. En 1958, avec un millier d’hommes dont son frère Raul et le Che Guevara, il accumule les victoires jusqu’à la prise de la Havane le 1er janvier 1959.

Commence alors la légende du Commandante, avec son treillis, sa barbe, sa casquette, son compagnon le Che, l’aventure, la réussite d’avoir abattu une dictature corrompue, l’idéal d’un monde meilleur…Les deux figures emblématiques de Fidel et du Che deviennent pendant quinze ans les idoles d’une jeunesse occidentale en quête d’aventures et d’idéal.

L’engrenage de l’opposition aux États-Unis

S’ouvre une période de dix-huit mois au cours de laquelle Fidel Castro laisse entendre qu’il ne veut pas rompre avec les États-Unis, n’envisage de remettre en cause ni la base américaine de Guantanamo, ni les propriétés privées étrangères…Parallèlement, les ennemis de la révolution sont arrêtés, les compagnies minières détenus par les Américains nationalisées, une réforme agraire engagée… L’engrenage est enclenché.

En septembre 1960, à l’occasion de l’assemblée générale des Nations-Unies, Fidel Castro tombe dans les bras de Nikita Khrouchtchev. 7 mois plus tard, John Kennedy lance la désastreuse opération de la baie des cochons. On ne pourra jamais savoir ce qui se serait passé si les États-Unis avaient temporisé, calmé le jeu, attendu…
Six mois plus tard, Cuba fait appel à Moscou pour installer des missiles sur l’île. C’est la crise. Le monde frôle la confrontation nucléaire. Les Américains et les Soviétiques finissent par s’entendre sans associer les Cubains. Les Américains décrètent un embargo total de l’île.

L’exercice du pouvoir

À Cuba se met progressivement en place un pouvoir autoritaire avec :
- la constitution d’un maillage de contrôle de la population avec les comités de défense de la révolution (CDR)
- l’élimination de toute opposition et l’incarcération des opposants politiques
- la suppression de la liberté de la presse
- la mise en place des camps de travail forcé, les granjas…
Tout cela conduit à un exode massif malgré les nombreux progrès des services publics éducatifs et sanitaires, et une certaine prospérité grâce à l’aide soviétique. De 1959 à 1989, l’URSS aurait versé 100 milliards$ à Cuba.
Cuba devient progressivement le bras séculier de l’URSS dans de nombreux conflits dans lesquels sont impliquées les troupes cubaines : Angola, Congo, Éthiopie, Guinée-Bissau, Libye, Nicaragua, Surinam, Yémen…Autant de tentatives de propagation internationale de la révolution et d’initiatives qui alimentent la guerre froide.
Mais la chute du mur de Berlin en 1989, et la fin de l’aide russe va créer des difficultés économiques à l’île, et entraîner des pénuries et un renchérissement du coût de la vie. Le flot des candidats à l’émigration s’est alors accéléré, alimenté par les autorités…
Avec son frère Raul et Saddam Hussein

Le 31 juillet 2006, malade, Fidel Castro laisse sa place à son frère Raul, 85 ans. C’est l’instauration de la dictature héréditaire. La réalité du régime est en grande partie révélée par une de ses filles, Alina. Comme la fille de Staline, Svetlana, elle s’est exilée aux États-Unis et a raconté, tout raconté sur les pratiques et habitudes de son père, le chef cubain.

Le rapprochement américano-cubain

Le souci des autorités cubaines d’atténuer la crise économique et la volonté de Barack Obama de sortir d’une situation non couronnée de succès ont conduit à un rapprochement historique. La stratégie des Américains s’inspire de ce qui a été fait dans les années soixante-dix. Alors, les Occidentaux engagent le dialogue avec l’Est considérant que le commerce et la liberté sont les armes de la paix, sont plus efficaces que la guerre, qu’elle soit froide ou chaude. Vingt ans après le mur de Berlin est tombé.
C’est le même pari qui est fait avec Cuba. La fin de l’enfermement de l’île, son ouverture est susceptible de faire lever le vent de la liberté sur Cuba…Il est peu probable que Donald Trump prenne le risque de remette en cause cette démarche.

Épilogue ?

Lors de son procès consécutif à son échec face à la caserne Moncada, Fidel Castro déclare «l’histoire m’acquittera». Est-ce si sûr ? Qu’a fait Fidel Castro pour rendre son peuple plus heureux ? Le peuple vit-il mieux depuis l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir ? A ces deux questions, la réponse est négative.
Le chômage, les faibles salaires, les conditions de vie, le manque de logements, les immeubles délabrés, des infrastructures insuffisantes, la généralisation de la petite corruption avec le regalito, le petit cadeau…la liste des échecs de la révolution cubaine est longue. Sont régulièrement avancés l’accès de tous les enfants à l’éducation et le système de santé, ou les succès sportifs… Et pourtant…


Par milliers, les Cubains défilent devant la dépouille mortelle pour rendre un dernier hommage au père de la Révolution. Le mythe a la vie longue et, peut-être encore de beaux jours devant lui…

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Vous croyez vraiment que c'est avec ce genre d'article qu'on va en finir avec le "mythe Castro" ?
Vous croyez que les baby-boomers vont laisser aussi facilement escamoter les idoles de leur jeunesse, Castro et le Che, alors que les révélations de leurs crimes contre le peuple cubain depuis cinquante ans, n'y ont pas suffi ?
"Le mythe a la vie longue", dites-vous, il durera autant que dureront ses admirateurs des années 60 !

david a dit…

Et oui. Le mythe de Castro n'a pas encore atteint sa fin. On verra bientot les jeunes s'habiller et faire pousser la barbe a la Castro comme on le fait actuellement avec le Che. Les nouvelles generations adorent ce "monstre" legendaire et le future depend de ses "heritiers"...