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mercredi 12 octobre 2016

Hard or Soft Brexit par Dov ZERAH


HARD OR SOFT BREXIT

Le point économique de Dov ZERAH

Congrès conservateur
   Le congrès du parti conservateur qui s’est tenu les mardi 4 et mercredi 5 octobre à Birmingham, a permis à la nouvelle premier ministre, Mme Teresa May de présenter sa feuille de route pour la sortie de son pays de l’Union européenne.
   Mme Teresa May a annoncé l’ouverture de la procédure de sortie de l’Union européenne avant la fin de mars 2017. Elle cherche à positiver la situation, présentant le Brexit comme une opportunité historique pour le pays.




Philip Hammond

   De nombreux intervenants ont fait des commentaires positifs sur les perspectives économiques offertes par le Brexit, malgré les propos du chancelier de l’échiquier, Philip Hammond. Il n’a pas hésité à rappeler certaines réalités, comme la perspective d’une récession, même étalée dans le temps. Il a d’ailleurs anticipé cette perspective en repoussant à fin 2020 le retour à l’équilibre budgétaire, et en lançant des programmes d’investissements publics. En atteignant les 10 % du PIB, «le déficit budgétaire est le plus élevé de notre histoire», a déclaré le ministre. Combien de temps, le Royaume Uni pourra-t-il continuer avec un tel niveau de déficit ?

   Le congrès conservateur a aussi offert à de nombreux ministres des occasions pour annoncer des mesures nationalistes, voire xénophobes :
- des emplois britanniques pour les seuls travailleurs britanniques
- le service national de santé ne doit pas dépendre de médecins étrangers qui constituent le quart des effectifs
- les entreprises devraient rendre publique la proportion d’étrangers dans leurs effectifs
- l’embauche de non-britanniques serait rendue plus difficile…cela concernerait dans un premier temps les non–Européens, avant que ce soit le tour des Européens…L’attribution du visa permettrait de vérifier que les étrangers viennent combler des manques et non prendre des postes susceptibles d’être occupés par des Britanniques…
   La perspective de la fin de la libre circulation des travailleurs européens, et la priorité aux Britanniques pour l’embauche sont les signes d’un «hard Brexit».
   Le gouvernement britannique pourra-t-il maintenir longtemps cette position ? En effet, les dirigeants européens, au premier rang desquels Mme Angela Merkel, ont clairement rappelé que la liberté de circulation des travailleurs est indissociable de celle des biens, services et capitaux. S’agit-il d’une position de début de négociation ou d’une orientation de fond ? L’avenir nous le dira.
   Par ailleurs, cette orientation britannique ne parait pas réaliste. En 2015, le Royaume Uni a accepté 375.000 immigrants alors que le premier ministre David Cameron et de son ministre de l’intérieur, Mme Teresa May avait annoncé un objectif plafond de  100.000. Mme Teresa May pouvait-elle adopter une autre orientation ? Probablement pas !
Nigel Farage

   S’agit-il d’une posture politique pour profiter des difficultés politiques du parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) :
- Après la démission  de Nigel Farage au lendemain même de la victoire, c’est au tour de sa successeure, Mme. Diane James de rendre son tablier, seulement dix-huit jours après son élection.
- Le jeudi 6 octobre, les 24 députés européens souverainistes, qui continuent de siéger à Strasbourg, en sont arrivés aux mains, et le parlementaire Steven Woolfe a dû être hospitalisé…Peut être !
  Fallait-il pour autant apparaître aussi optimiste, au point d’être en discordance avec son chancelier de l’échiquier, voire dans le déni de réalité ? L’avenir nous le dira !
   En tout état de cause, la perspective d’un «hard Brexit» a entrainé l’hostilité des universitaires et des patrons. Ces derniers ont même écrit au premier ministre pour exprimer leurs inquiétudes.
   Même si le Royaume Uni n’est ni dans la zone euro, ni dans Schengen, l’enjeu de la négociation est le maintien dans l’Union douanière, et surtout la conservation de l’accès au marché unique bancaire et financier.
   Comment le Royaume Uni en est-il arrivé à cette situation ? Et pourtant, depuis la fin du XVIIIème siècle, ce sont des économistes britanniques qui ont promu le libre-échange : Adam Smith, David Riccardo, John Stuart Mill…
   Mme Teresa May a promis une grande loi d’abrogation des «lois européennes», pour permettre à Westminster de recouvrer sa souveraineté. Great Repeal act, la transposition systématique des textes européens dans le droit britannique, pour continuer à avoir accès au marché unique européen…ce qui constitue une reconnaissance de facto de la capacité législative de Bruxelles, si décriée par ailleurs On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre, et certains rajouteraient le sourire de la crémière…
   La perspective d’un «hard Brexit» a, vendredi, fait plonger la livre britannique à son plus bas niveau face à l’euro depuis 3 ans, et depuis 31 ans face au dollar. Au-delà de ce «flash-crash», la devise britannique a perdu le quart de sa valeur depuis le résultat du référendum, et certains envisagent une baisse continue et régulière pour passer d’environ 1,2 $ pour 1 £ à 1,1 $ pour 1 £.
   Certains saluent cette évolution car cela est susceptible de favoriser les exportations. Mais, n’oublions pas
- qu’une dévaluation est un appauvrissement : les Britanniques vendront moins cher leur travail.
- Et que le chancelier de l’échiquier répète «Saviez-vous que notre productivité est plus faible que celle de la France et même de l’Italie»

   L’amélioration de la productivité britannique, avec le maîtrise des finances publiques constitue un des principaux enjeux de l’avenir économique du Royaume Uni.

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