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lundi 12 septembre 2016

Signes religieux : Jusqu'où ? Par Évelyne GOUGENHEIM



SIGNES RELIGIEUX : JUSQU’OÙ ?

Par Évelyne Gougenheim

Ancienne candidate au Consistoire Central


         
Bas relief représentant l’Arche d’Alliance (surmontée de la menorah) portée fièrement par le Peuple Juif comme signe de son entente éternelle avec le dieu unique
          Le vacarme médiatique sur le burkini a relancé la question récurrente des signes religieux et de la nécessaire neutralité de l’espace public. Refuser d’admettre qu’il y a différents types de signes religieux, c’est accepter d’être manipulé par ceux qui les instrumentalisent. Je précise. Les signes religieux sont aussi nombreux et variables que ceux qui les portent. 





          De la petite kippa discrète à la grande croix ou au Maguen David, aux pantalons raccourcis qui ne doivent pas toucher les chaussures, à la barbe plus ou moins longue, taillée ou non, sans compter les tenues des femmes, chapeaux, voiles, perruques etc…Mais il y aussi les cloches des églises : rappelons l’imam qui, très récemment, s’est étonné de ne pouvoir lancer les cinq appels à la prière, alors que les cloches… - Noël, 15 août et le sacro-saint dimanche ne sont-ils pas, eux aussi, des signes religieux.

Enjeu majeur et confusion


         
          Nous sommes face à deux approches très différentes qui n’ont pas le même objectif : d’une part se conformer à des règles de pudeur et de modestie, la tsniout, qui marquent bien sûr l’appartenance à une communauté religieuse, avec le port de la kippa ou d’un chapeau pour les hommes et de tenues plutôt couvrantes pour les femmes. Chez les Musulmans, il s’agit de cacher le corps de la femme dont l’exposition est illicite, awra. Cela s’accompagne d’implications directes, car d’office, les femmes «non couvertes» s’exposent aux agressions «légitimées» par ce diktat religieux. D’autant plus, si elles ne sont pas musulmanes. Exit Liberté, Egalite, Fraternité pour les femmes et donc pour tous. 
          Généralement la question de l’interdiction du voile (burqa, burkini et autres) amène à dire qu’il faudrait également interdire la kippa. N’est-ce pas vouloir considérer tous les couteaux comme des armes, pour tous les interdire ? Un raccourci grossier. Peut-être, mais qui illustre la confusion ambiante et surtout la volonté de ne pas vouloir porter ce sujet sur la place publique. Ne pas vouloir affronter ce sujet, par crainte de ses conséquences, c’est s’exposer à le voir surgir tel un burkini sur la plage de Nice, quelques jours après l’attentat islamiste, comme «une provocation dégoûtante» (Élisabeth Badinter). 


Un grignotage fatal




          Enfin, la question de ce qui fait signe, si elle n’est pas débattue à froid, dans la raison, pourrait mener lors d’un nouvel épisode médiatique à une règlementation de plus en plus liberticide. Un chapeau serait-il un signe religieux offensant ? Quel chapeau ? Les Juifs seraient interdits de chapeau mais pas les non-Juifs ? Un tee-shirt avec des motifs divers pourrait passer pour affichage de signes religieux. Où seraient les limites, qui les fixerait ? Le débat est sans issue si ce n’est un grignotage fatal dans le tissu national déjà bien détricoté.
          Qui prendra la responsabilité de dire que ces vêtements, ayant pour objectif premier de marquer la soumission de la femme et par voie de conséquence de désigner les autres femmes comme des proies, que ces vêtements ne sont pas des signes religieux. Et que ces vêtements, avec le côté dérisoire du débat provoqué, font partie d’une panoplie qui vise la destruction des sociétés occidentales, telles que nous les connaissions, car, déjà, certains contours s’estompent. Lorsque les «prédicateurs» inciteront au respect des femmes et des non-musulmans, comme une valeur première, alors sans problème nous respecterons les burkinis, mais il n’y en aura plus. Celui ou celle qui portera ce débat, permettra à la France de retrouver une part de son identité, de ses valeurs, de son art de vivre. Il en est encore temps. L’été prochain il sera trop tard.

1 commentaire:

Véronique ALLOUCHE a dit…

Les signes "ostensibles" chrétiens ou juifs n'ont jamais posés de problème dans une France laïque. Par contre à travers voiles, burqas et burkinis il y a une manipulation destinée à imposer un mode de vie au plus grand nombre au prétexte de liberté, de tolérance et de libre-choix. Ce qu'a trouvé ridicule monsieur Benillouche dans l'un de ces articles concernant la polémique du burkini en France, d'autres l'ont vu avec inquiétude et l'ont ressenti comme une provocation doublé d'un asservissement de la femme. Je vous rejoins madame dans l'idée que ces panoplies, nouvelles ou anciennes, servent à l'expansion toujours grandissante "d'un islam en France". Mais quel homme politique osera affronter ce problème sans faire d'amalgame avec les deux autres religions monothéistes.
Bien cordialement
Véronique Allouche