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samedi 10 septembre 2016

Poutine endosse l'habit de médiateur par Gérard AKOUN


POUTINE ENDOSSE L’HABIT DE MÉDIATEUR

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM

Après avoir dominé le sommet du G2O, aux-côtés des Chinois, Vladimir Poutine veut s’atteler à une tâche bien plus rude, il veut tenter une médiation entre les Israéliens et les Palestiniens. Il propose donc d’accueillir à Moscou, une rencontre en tête à tête entre Mahmoud Abbas et Benyamin Netanyahou.




Cette proposition s’inscrit dans l’offensive politique que la Russie mène dans la région pour y confirmer son rôle de grande puissance et contrebalancer l’influence américaine. C’est d’autant plus prometteur, que les Américains ont donné l’impression de déserter le terrain et de lui en laisser le leadership. On ne dira jamais assez, combien les atermoiements d’Obama et de son administration dans la gestion de la guerre en Syrie et des crises politiques qui ont traversé les pays arabes ont été néfastes pour l’image de l’Amérique. Ses alliés les plus fidèles, ont eu à tort ou à raison l’impression d’être trahis : l’Arabie Saoudite a reproché aux Américains l’accord conclu avec l’Iran sur le nucléaire, bien qu’il ne l’ait pas été du seul fait des Etats Unis mais du groupe des Cinq plus un mandaté par l’ONU, et qui comprenait la Russie, la Chine, la France, l’Angleterre et l’Allemagne.

Les despotes au pouvoir n’ont pas apprécié le lâchage par Obama de Moubarak et son pas de deux avec les Frères musulmans.  Ils constatent que les Russes continuent d’apporter un soutien politique, militaire et diplomatique sans réserve à Bachar el Assad alors qu’il est responsable de la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes et de la destruction de son pays. Ils en concluent que l’alliance avec la Russie est bien plus solide et qu’ils ne peuvent plus faire totalement confiance aux Américains pour assurer leur protection. Cela ne signifie pas, pour autant, que nous pourrions assister à un renversement d’alliance, mais il ne faut pas oublier que cette alliance avait un fondement idéologique, la lutte contre le communisme athée qui a disparu.
La Russie et l’Arabie Saoudite se sont rapprochées l’une de l’autre, bien que leurs positions sur le conflit syrien soient diamétralement opposées. La première est l’alliée de l’Iran, la seconde son ennemi juré. Cela ne les a pas empêchés de signer un accord sur la production de pétrole. Le président égyptien Abdelfattah Al-Sissi s’était déjà rapproché de la Russie de Poutine, suite aux admonestations que lui avait faites Obama après le coup d’État qui avait chassé les Frères musulmans du pouvoir et la répression qui s’en suivit. Vladimir Poutine sait aussi que ce sont les Saoudiens qui ont payé les sous-marins Mistral que l’Égypte a rachetés à la France après la rupture du contrat avec les Russes pour cause d’embargo et qu’ils l’ont ainsi débarrassé d’un problème épineux.
Mistral

Les pays arabes ne sont pas les seuls à lorgner vers la Russie ; les relations entre le président russe et Benyamin Netanyahou sont au beau fixe, ils se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises et le courant passe très bien entre les deux hommes, bien mieux qu’entre Netanyahou et Obama qui ne peuvent pas se supporter. La proposition émise par le président Sissi d’une médiation russe dans le conflit israélo palestinien en organisant une rencontre à Moscou du premier ministre israélien et du président de l’Autorité Palestinienne, a été aussitôt acceptée par Vladimir Poutine, peut être lui-même l’a t’il suscitée ?  
Elle a aussi été acceptée mais «sans pré- conditions» par Benyamin Netanyahou, ravi sans doute de faire un nouvel affront à Barak Obama mais aussi de torpiller la Conférence internationale pour la relance du processus de paix proposée par la France et dont la première partie s’était déroulée à Paris le trois juin 2016 et dont la seconde partie, celle des propositions devait se tenir, toujours à Paris, cet automne.
Je ne connais toujours pas la position de Mahmoud Abbas mais il me semblerait étonnant, qu’il puisse renoncer, à quelques semaines des élections municipales qui doivent se tenir en Cisjordanie et à Gaza à ces préalables, à ces gestes qu’il réclame avant toute rencontre, la libération de prisonniers politiques et le gel de la colonisation. Ce que Netanyahou ne peut lui accorder compte tenu de la configuration nationale religieuse de son gouvernement.
Amos Oz


Sauf miracle, la médiation russe échouera, comme ont échoué les nombreuses médiations américaines, l’appel d’Amos Oz «Aidez-nous à divorcer Israël Palestine deux États  maintenant» reste d’une actualité plus brulante que jamais. 

2 commentaires:

V. Jabeau a dit…

Pour divorcer il faut être deux, et médiation du juge doit être neutre. La France est-elle neutre ? La Russie ? Les US ? Comme les parties ne reconnaissent pas de médiateur neutre et ne sont pas capables de se parler pour régler le différend, le mécanisme de négociation sera compliqué à trouver.

Marianne ARNAUD a dit…

V. Jabeau a sans doute raison et "le mécanisme de négociation sera compliqué à trouver", cependant il ne peut être que positif que Poutine qui aspire à redonner à la Russie son rang parmi des plus grandes puissances, ait décidé de jouer les médiateurs dans le conflit israélo-palestinien au moment où, après toutes les erreurs de la diplomatie française dans cette région du monde, la France n'était plus en mesure de tenir le rôle de médiation qui aurait dû être le sien de par son histoire.