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mercredi 7 septembre 2016

Pour les Etats-Unis, la Russie est la menace


POUR LES ÉTATS-UNIS, LA RUSSIE EST LA MENACE
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
            
         Depuis la chute de Saddam Hussein, qui devait apporter plus de démocratie au Moyen-Orient, la donne a complètement changé avec l’entrée en lice de la Russie et de l’État islamique qui ont chamboulé toutes les prévisions et qui ont recomposé les alliances, au fur et à mesure de l’évolution des conflits. Les États-Unis envisagent une nouvelle guerre froide face à la Russie, devenue la principale menace dans la région après Daesh et Al-Qaeda. Ils se rendent compte tardivement qu’ils ont laissé trop d’espace aux Russes, dans les zones qu’ils ont abandonnées.


Après l’échec de l’Irak, un nouvel échec se dessine à présent. La guerre en Syrie a conduit à une catastrophe humanitaire qui n’a pas d’égale depuis la dernière guerre mondiale. Toutes les puissances mondiales se sont trouvées confrontées à des groupes de rebelles islamistes qui, pour compliquer la situation, sont antagonistes. Chacun des grands pays s’est trouvé contraint d’adouber une association de malfaiteurs non pas par affinité politique mais parce qu’ils se retrouvent face au même ennemi. Ainsi l’Arabie saoudite et Al-Qaeda, qui ciblent le régime de Bachar Al-Assad, se retrouvent alliés. Les États-Unis et la Turquie sont de faux amis même s’ils cohabitent au sein de l’OTAN. En effet les Américains montrent ouvertement leur préférence pour les Kurdes qui sont en conflit avec les Turcs.
Jeff Davis
L’attitude des États-Unis est elle-même très ambiguë. Ils ont constitué une coalition avec les Kurdes et des groupes arabes regroupés sous l’appellation FDS (Forces démocratiques syriennes) mais n’ont pas accepté de coordonner leurs actions militaires avec les Russes par opportunisme.  La coopération commune contre les djihadistes est au point mort parce que l’administration américaine voit d’un mauvais œil l’implication de la Russie. Jeff Davis, porte-parole du Pentagone a été clair à ce sujet : «Nous ne collaborons pas et nous ne nous coordonnons pas avec les Russes. Pourquoi ? Parce que les opérations russes consistent à soutenir et appuyer le régime d’Assad et nous nous concentrons uniquement sur la défaite du groupe État islamique». Donc pas d’objectif commun, pas de vision unique.
Ashton Carter

En fait, les raisons sont plus profondes et elles ont été énoncées par le secrétaire à la Défense, Ashton Carter, qui a pointé du doigt les cinq dangers immédiats pour les États-Unis, «la Russie, la Chine, la Corée du Nord, l’Iran et les militants extrémistes de l’État islamique».  Ce n’est pas un hasard si Daesh se retrouve en dernière position et que la Russie occupe la première place. Cela a d’ailleurs été confirmé, le 6 août, par Deborah Lee James, secrétaire à l’US Air Force : «Je pense que la menace numéro un est la Russie. La Russie est l’un des rares acteurs susceptibles de représenter en réalité une menace existentielle pour les États-Unis».

Les termes utilisés sont forts mais elle n’a fait que souligner les sentiments de l’OTAN puisque le général américain Philip Breedlove, commandant suprême de l’OTAN, a confirmé que la Russie représentait une «menace existentielle» pour les États-Unis et leurs alliés. Ainsi, le rôle des États-Unis en Syrie n’est plus de neutraliser les groupes djihadistes les plus dangereux mais de bloquer l’hégémonie russe au Moyen-Orient pour les empêcher qu’ils s’installent durablement dans la région. Daesh est devenu une cible secondaire pour les Américains de même que le Front al-Nosra, au point de laisser soupçonner une certaine complicité.
Philip Breedlove

Mais l’administration américaine est elle-même divisée et tous les dirigeants politiques américains ne sont pas sur la même longueur d’onde, en particulier les diplomates. Le secrétaire d’État John Kerry semble préparer avec les Russes un front commun contre Al-Nosra et Daesh. Un document publié par le Washington Post évoque de manière détaillée la stratégie commune envisagée avec les Russes.
Les Américains et les Russes agiraient ensemble depuis un quartier général situé à Amman pour coordonner les frappes aériennes. Mais la Maison-Blanche refuse de confirmer ces informations. Son porte-parole Josh Earnest, laisse planer un doute comme si Obama montrait des réticences : «Je sais qu’il y a des spéculations selon lesquelles un accord pourrait être trouvé à ce sujet, mais on ne sait pas si cela se produira». Certains responsables du département d’État sont effectivement pour une intensification des frappes militaires contre le gouvernement syrien ce qui risque d’entrainer une confrontation directe entre Russes et Américains. En fait les États-Unis refusent l’hégémonie russe. 

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Banillouche,

Vous pourriez ajouter un paragraphe sur le rôle joué par les media, dans toutes les guerres menées par les Etats-Unis :
https://www.youtube.com/watch?v=hJh_7Xjq1ek

Très cordialement.