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vendredi 9 septembre 2016

De Jackson Hole à Hangzhou par Dov ZERAH



DE JACKSON HOLE À HANGZHOU


Le point économique de Dov ZERAH

         
          Comme chaque année, les banquiers centraux se sont retrouvés fin août à Jackson Hole, situé dans l’État du Wyoming dans le nord-ouest américain. Les débats ont porté sur les politiques monétaires caractérisées notamment par :
- Les politiques de rachat d’actifs, principalement de titres d’État, dénommées «Quantitative Easing»
La diminution des taux d’intérêt jusqu’à devenir négatifs



Mario Draghi, président de la BCE, et Janet Yellen, présidente de la Fed

        Ces politiques posent au moins trois problèmes :
- L’abondance de liquidités est susceptible de développer l’inflation. Il est étonnant de voir les banques centrales favoriser la hausse des prix alors qu’elles sont chargées de préserver la valeur intrinsèque de la monnaie
-  Des taux d’intérêt faibles ou négatifs poussent les investisseurs à prendre des risques inconsidérés qui peuvent conduire à la constitution de bulles financières ou immobilières. Elles finissent par exploser, et peuvent remettre en cause, comme en 1929 ou en 2008-2009, la stabilité financière de l’ensemble de la planète
Le taux d’intérêt a pour objectif de rémunérer l’effort que l’épargnant fait en se séparant de son pécule. L’effort dépend de la durée et du risque de la mise à disposition ; plus l’effort est important, plus le taux d’intérêt est élevé. Remettre en cause le niveau et la hiérarchie des taux finit par contrarier les comportements
- Que ce soit l’inflation ou la faible rémunération de l’épargne, ce sont les classes moyennes qui s’appauvrissent ou ne voient pas le fruit de leur travail rémunéré et protégé…ce qui n’est pas sans conséquences politiques…
François Cœuré

D’ailleurs, François Cœuré, membre du conseil d’administration de la Banque centrale européenne n’a pas hésité à déclarer à Jackson Hole : «l’usage intensif de mesures non conventionnelles pourraient s’accompagner d’effets secondaires d’importance croissante».
A Jackson Hole, vendredi 26 août, la Présidente de la FED a laissé entendre une poursuite du resserrement monétaire américain. Depuis plus d’un an, la banque centrale américaine a progressivement diminué les mises de liquidités dans le circuit économique par le biais des rachats d’obligations et légèrement augmenté les taux d’intérêt.
Mais depuis décembre 2015, la FED hésite et reporte la remontée des taux d’intérêt. À cause du Brexit, de la volatilité des marchés, d’une croissance atone…Les récentes statistiques du marché de l’emploi qui sont en deçà des attentes, devraient conduire à un nouveau report. Cela démontre toute la difficulté d’atterrir après une politique de facilité monétaire.
L’abondance de liquidités et les faibles taux facilitent l’endettement des États. Malgré la crise des dettes souveraines en Europe en 2009-2010, les États européens continuent de s’endetter. Que se passerait-il si dans 12, 18 ou 24 mois, cette politique venait à être remise en cause ? Une remontée des taux pourrait poser de sérieuses difficultés à des pays déjà endettés. Cela finira bien par arriver d’autant que de plus en plus de voix s’élèvent en Allemagne pour critiquer la BCE.
Les crises monétaires de 1923-1924 et de 1948-1949 ont tellement marqué les Allemands qu’ils ne transigent pas avec pas avec la monnaie. Le risque est d’autant plus élevé qu’une des principales conclusions du G20 est que les États doivent faire des efforts supplémentaires pour soutenir l’activité économique, notamment par le financement d’investissements publics. Hier et avant-hier, le président chinois, Xi Jinping, a reçu les chefs d’État et de gouvernement des pays membres du G20.à Hangzhou, capitale de la province du Zhejiang, située au Sud-Est de la Chine.
Les sujets du G20 ne manquaient pas : le renforcement de la transparence fiscale, la constitution d’une liste noire des pays non coopératifs, la lutte contre le réchauffement climatique, la lutte contre le terrorisme et son financement. Les Chinois ont refusé que soit abordé le sujet de la sécurité maritime en mer de Chine méridionale.
On retiendra la demande du FMI aux États de prendre des mesures de soutien de l’activité économique pour accélérer une croissance prévue pour un peu plus de 3 % en 2016.
      La réponse a été positive. Aussi, après les politiques monétaires accommodantes, les observateurs s’attendent à des plans de relance par l’investissement. Dans ces conditions, certains se posent la question si la combinaison des politiques monétaires et des mesures budgétaires attendues ne va pas encore entrainer un nouveau cycle d’endettement.
Face au risque d’engrenage, de nombreux commentateurs mettent en avant l’exemple japonais. Malgré une dette de près de 250 % du PIB, un déficit budgétaire d’un peu moins de 10 % du PIB, le pays ne connait pas encore une croissance élevée et durable. Le pays peut se permettre une telle politique car la dette publique est souscrite pour près des deux-tiers par les Japonais, ce qui met l’État un peu à l’abri des marchés.

Mais l’investissement public ne peut, à lui tout seul, assurer une croissance durable. Celle-ci dépend également de la consommation et surtout de l’investissement privé dont les déterminants sont beaucoup plus complexes que ceux de l’investissement public. Pour combattre le chômage et assurer la croissance, les responsables économiques n’ont pas encore trouvé la solution miracle sans rigueur évitant endettement et effets collatéraux des excès de liquidités et de faibles taux d’intérêt.

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Il est tout de même étonnant que dans un article où on nous explique que les politiques bancaires pourraient entraîner l'explosion de bulles financières comme pendant la crise bancaire de 2008-2009, il n'est pas fait mention de la directive européenne BRRD, appliquée en France depuis le 1er janvier 2016, qui autorise les banques en difficulté à ponctionner les comptes de leurs clients.