ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

vendredi 5 août 2016

De l'utilité d'un Calife par Jean SMIA



DE L'UTILITÉ D'UN CALIFE

Le billet d'humeur de Jean SMIA


           
          Un milliard six cent millions de musulmans dans le monde sans aucun guide, ni conseil théologique reconnu et respecté par tous les musulmans du monde. Aucune institution de sages et de cultivés pour valoriser un éventuel dénominateur commun à toutes leurs différentes sensibilités. Aucune autorité pour hiérarchiser leurs obligations religieuses ni pour vulgariser la signification métaphysique des rites.

          
          Imaginons les dérives et les dévoiements d'une chrétienté sans papes ni conciles, d'une judaïté sans grands rabbins, ou d'un bouddhisme sans lama : elles seraient identiques à celles de la musulmanité d'aujourd'hui. Car, l'absence de dépositaires du dogme ouvre l'opportunité à n'importe quel chamane, marabout ou autre Raspoutine de se prétendre soit le messager d'un Suprême, soit le gardien d'un culte, et d'édicter à ses ouailles des comportements aberrants.
          Déiste, en dépit de mon rejet de tout rite religieux, je dois reconnaître aux institutions religieuses «structurées» le bienfait d'avoir purifié leur environnement de la concurrence, à savoir : tous les sorciers, guérisseurs, envouteurs, druides, et autres métiers qui sont grassement payés sans obligation de résultat. Et, tout bien pesé, jusqu'à présent, cette «exclusivité» a été bénéfique. Le seul métier grassement payé sans obligation de résultats qu'ils n'ont pas encore éliminé est «homme politique». Mais, concernant la fonction de politique, ils n'ont pas dit leur dernier mot : la sape de la laïcité reste le ciment commun de toutes les institutions religieuses.
Califat turc

          Malgré l'ironie aigre du chapitre précédent, il y a quelque chose de bien plus sérieux. L'inconvénient de la suppression du Califat par Atatürk a été masquée par le fait que tous les pays qui en avaient besoin étaient alors colonisés. Que les colonisateurs ne se sont jamais préoccupés du niveau éducatif de la transmission de cette religion. À leur indépendance, chacun de ces pays, pointilleux sur l'ingérence, a compensé l'absence de califat par une religion d'État. Mais, tous, restaient sous dépendance économique des anciens colonisateurs.
          Le désengagement des États-Unis de la région donne à l’absence de la fonction de calife une dimension particulière. Car c'est ce vide qui fait qu'il est impossible à toutes les sensibilités issues du Coran de cohabiter et qu'ils n'ont d'autres options que de s'étriper. Et lorsque qu'on vous parle de Daesh, de Erdogan, de Al-Qaeda, de l'Iran, et autres Boko Haram : il ne s'agit que d'une lutte entre des prétendants au titre de calife.
          L'Organisation des Nations Unies serait bien avisée si elle ébauchait une dynamique en vue de créer et éventuellement superviser l’avènement d'une autorité musulmane suprême. Autorité qui serait en conformité avec les droits, obligations et devoirs de toute organisation onusienne. Et en particulier : les droits de l'homme.

Aucun commentaire: