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mercredi 17 août 2016

15 août et burkinis par Evelyne Gougenheim



15 AOÛT ET BURKINIS

Par Evelyne GOUGENHEIM

Ancienne candidate au Consistoire central




Ce lundi les cloches de France ont sonné dans un beau ciel bleu, comme au temps jadis. Qui s’en offusquerait ? La France a plongé dans sa grande sieste estivale dont le 15 août est l’apogée. Le 15 août, la montée au ciel de Marie. Cloches, parfois processions, et cette année une Prière spéciale pour la France meurtrie. L’Église a retrouvé sa place au milieu du village, la Fille aînée de l’Église s’est drapée dans ses plus beaux atours ou presque. L’horrible tuerie du Prêtre Jacques Hamel, durant la messe dans la petite église de St Etienne du Rouvray, a créé une zone de recueillement ouverte au respect de chacun.




Penserait-on que la laïcité a été violentée par cette journée d’origine religieuse qui rythme, depuis 1638, le temps national ? Quelques grandes enseignes ont fait fi de cette pause sacrée, mais sans modifier véritablement l’arrêt imposé à tous par une longue tradition religieuse de la France laïque. Paradoxe ? Non, mais une belle illustration de la laïcité à la française où le religieux et le laïc ont trouvé un modus vivendi et si l’on devait revenir sur ce jour férié, ceux qui s’y opposeraient le plus ne seraient peut-être pas les catholiques !
Burkinis


Burkini dans les piscines

C’est dans ce contexte largement traumatisé par la mort du Prêtre Jacques, qu’une polémique a alimenté l’Hexagone. Burkinis, interdictions par arrêtés municipaux des burkinis, recours contre les interdictions, rixes. Le burkini s’est invité sur nos plages et dans les médias, suscitant quelques remarques ironiques de pays voisins.
Des questions sont posées, certaines auraient pu être réglées en amont. En effet, dans les piscines où les shorts sont interdits par mesure d’hygiène, la mesure n’aurait-elle pas pu être étendue aux burkinis par simple modification des règlements intérieurs des bassins aquatiques. Trop audacieux ? Les piscines étant bien souvent municipales, il est vrai que cela aurait pu contrarier nombre d’électeurs. Alors soyons cohérents et au moins autorisons, shorts, bermudas, pantalons et toutes tenues quelles qu’elles soient dans les bassins. Sinon que les «shortistes» se manifestent. Quant à l’entretien des piscines, les budgets inépuisables des collectivités y pourvoiront. Ou pas. Ou rajoutons une ligne dans les règlements intérieurs.
Burkini dans les plages

Quant aux plages avec la transposition du débat urbain sur la burqa, qui déjà agite la sphère citoyenne depuis plusieurs années, ne laissons pas une nouvelle fois ce débat nous enliser dans les sables mouvants du renoncement à des valeurs pour lesquelles tant d’hommes et de femmes ont donné leur vie. La France, pays de l’élégance et la haute-couture, secteur économique non négligeable, accueille sur son sol toutes sortes de costumes ne relevant pas nécessairement des boutiques de la rue St Honoré. Boubous africains, tenues des Hare Krishna, kaftans, jeans troués et finalement toutes nos tenues quotidiennes soignées ou pas, couvrantes ou non. Tout cela fait le paysage français qui suscite l’émerveillement des touristes, heureux de voir se côtoyer tant de diversités. N’est-ce pas que ces tenues expriment une «humeur du jour» qui fait que l’on décide de s’habiller en bleu ou rose, court ou long, robes, jupes ou pantalons, car bien sûr comme d’habitude, c’est autour des femmes que se situe le combat.
Hare Krishna


Pasdamalgame

Le problème avec ces tenues qui ont surgi dans nos rues et maintenant sur nos plages - l’an dernier le burkini n’était pas encore une prescription ? – c’est qu’elles expriment non pas un choix individuel, mais l’appartenance à une collectivité dont nous avons pu constater l’extrême violence. Au nom du Pasdamalgame, cette remarque est mal venue. Au nom du Pasdamalgame, et de son cousin Vivre ensemble, il ne serait pas légitime d’analyser de façon aussi globale ceux qui, bien sûr, condamnent ces actes de violence. 

Le problème est que, à ce jour, nous n’avons toujours vu les manifestations de ceux qui revendiquent le vivre ensemble au nom du Pasdamalgame. Non pas 100 ou 300 personnes sous des dizaines de caméras mais des centaines de milliers de personnes pour témoigner de leur condamnation sans ambiguïté de ceux qui tuent comme ils respirent. Ce jour-là, burqas, hidjabs et burkinis ne poseront plus problème. Les femmes ne seront plus des porte-drapeaux. De drapeaux trop noirs. Mais ce jour-là, peut-être que ces vêtements politiques n’auront plus lieu d’être, on peut même espérer que la haute couture les revisitera.

Marianne

Il n’est pas surprenant que ce débat vestimentaire occupe une telle place en France, car il s’agit bien de la place des femmes qui est en cause et au-delà de l’art de vivre à la française. A l’instar de ce qui se passe sous d’autres cieux, où femmes et enfants servent de boucliers, ici ce sont les femmes qui sont envoyées en première ligne de la guerre contre la laïcité.  Ne plus tolérer un corps de femme légèrement vêtu en France, c’est attenter à une histoire qui va de l’amour courtois et ses preux chevaliers à Coco Chanel et Simone de Beauvoir, ce qu’on appelle l’identité et l’histoire de France, petite ou grande, qui se lit dans tant de livres, se récite en poèmes, se chante et a tissé lentement et fermement le génie de la France. Et son charme. Marianne, dont le buste orne les salons de tous les établissements publics, devra-t-elle être voilée ?




Voilées, violées, manifestement trop proches

Car il n’est pas possible de ne pas faire le lien entre ces tenues pour les femmes musulmanes qui disparaissent en tant qu’individus pour ne plus exister que comme éléments d’une collectivité, et les viols qui se produisent ici, puis là en Europe, dans les gares, les trains, les piscines. Avec des messages qui circulent disant que les femmes non-musulmanes peuvent être violées. Les femmes, les enfants, les fillettes, pas de limite à l’abomination. Des femmes musulmanes considérées comme toujours mineures, toujours soumises, toujours invisibles. Des femmes non-musulmanes considérées comme des choses sans vie, sans valeur tout aussi invisibles que les premières. Dans les deux cas, il n’y a pas de femmes du tout, comme si les femmes n’étaient pas des êtres humains.
Aussi, il semble que tant que des centaines de milliers de musulmans ne seront pas allés crier leur amour de la vie, et non plus de la mort, il ne faudra céder sur rien. Tant que les droits des femmes ne seront pas admis et les femmes respectées, il ne faudra céder sur rien. A moins d’être prêt à céder sur tout.

Aux «oubliés» de la parution du JDD

            Z’l, que leur souvenir soit béni.
·         Jonathan Sandler et ses deux fils Gabriel et Arié, ainsi que la petite Myriam Monsonego Yohan Cohen, Yohav Hattab, Philippe Braham, François-Michel Saada.


3 commentaires:

Georges KABI a dit…

Bien qu'athee, j'ai toujours eu un faible pour les apocalypses. Seulement cela n'existe que dans la litterature. Pour que la France devienne un pays musulman, il faudrait que ces gens la puissent controler une bonne partie du systeme politique et administratif de ce pays. Or, on est tres tres loin de cela.

Véronique ALLOUCHE a dit…

Nouvelle attaque contre la laïcité: le burkini. Après ces odieux attentats qui prirent pour première cible les juifs, puis les caricaturistes, puis les français de tout bord et enfin un prêtre catholique, nous voici dans une attaque plus soft, moins meurtrière bien sûr mais très pernicieuse avec le port du burkini. Comment croire en la volonté des français musulmans qui prétendent vouloir et devoir s'intégrer? Le burkini n'est qu'une provocation de plus qui exacerbe les tensions déjà si fortes dans ce pays.

Manuel Valls marque nettement son opposition à cette tenue vestimentaire, mais pour autant ne légifère pas sur la question. Certains maires interdisent cette outrance faite à la laïcité et par delà à la femme, quand d'autres se taisent.... Élections prochaines oblige?
Cette nouvelle provocation est un pas de plus vers des dérives communautaires. L'islamophobie fera la une des médias pendant longtemps. Rien d'étonnant dans le climat actuel.
En France chaque citoyen doit se conformer à l'idée de laïcité, que cela plaise à certains ou non!
Que chacun le clame haut et fort! Si nous ne savons pas trancher, c'est la guerre civile qui le fera.
Bien cordialement
Véronique Allouche

Le Veilleur a dit…

A Georges Kabi : le probleme c'est qu'avec leur taux de fécondité, dans 2 générations (50 ans) ils pourront contrôler le système politique. C'est nos petits enfants qui en souffriront, à moins qu'ils se soient convertis ou qu'ils aient émigré...