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mercredi 27 juillet 2016

Un texte émouvant de Marie-Armelle BEAULIEU



UN TEXTE ÉMOUVANT DE MARIE-ARMELLE BEAULIEU

Rédactrice en chef, La Terre Sainte à Jérusalem
Custodia Terræ Sanctæ


Jacques HAMEL

Adel... donc c’est toi - avec un comparse - qui a égorgé comme un agneau le père Jacques Hamel. Là où tu es maintenant, je ne sais pas si tu peux m’entendre. M’est avis que pour les 72 vierges tu l’as eu dans l’os. Un des noms de ton Dieu c’est le Miséricordieux, mon Dieu - qui est le même - est miséricorde, mais même lui, là... dans sa grandeur et dans sa bonté, il doit en avoir soupé de voir des petits cons comme toi arriver. Bon, il fera ses choix, c’est lui le boss.



Pour moi, je prends la peine de t’écrire parce que j’ai tout de même envie de te remercier. Ah, ça t’en bouche un coin !
Il y a le cadeau au père Hamel. Celui du martyre, le vrai, celui qui donne sa vie par amour, témoigne de sa foi jusqu’à en mourir. Techniquement, il n’y a pas de plus belle mort pour un prêtre que de mourir quand, pour nous et au nom du Christ, il donne sa vie pour le salut du monde. Tu as fait un saint de plus. Celui-là, il est entré direct au ciel et est dans la vision béatifique pour l’éternité. C’est probablement ce que 58 ans de sacerdoce lui avait déjà mérité. Et s’il n’avait pas été parfait, tu as parachevé pour lui le chemin vers la sainteté. Merci.
Marie-Armelle BEAULIEU

Tu as certainement rendu un service à un paquet de Français. Ils sont sous le choc là, mais à la prière du père Hamel, un certain nombre vont bien finir par comprendre que le traumatisme d’hier tient au fait qu’il y a encore bel et bien des racines chrétiennes vivaces dans ce pays. Tous ceux qui veulent le nier - et quelle qu’en soit la raison - feraient bien de le comprendre. Il y a quelques choix que cela pourrait inspirer. De mon point de vue, spécialement en matière d’éducation et de programme scolaire. Pour les choix de société, mon pays ne t’en déplaise est laïc et la séparation de l’Église et de l’État moi je suis absolument fan tant que ce n’est pas une opposition.
Je pense qu’il n’y a pas que des racines chrétiennes dans ce pays et je me réjouis de cette diversité, mais la propension de certains à s’acharner à mettre du désherbant sur celles-là me gave depuis quelques années. Touche pas à la biodiversité de mes racines ! Nous devrions tous réapprendre notre histoire au lieu de la fantasmer.
Et puis tu as secoué quelques Chrétiens, et cela ne nous fait jamais de mal. Comme je vis à l’étranger, il y a plein de gens qui ont la gentillesse de me saluer comme si j’étais en deuil puisque mon pays morfle sévère en ce moment. Cela fait drôle de les voir me regarder avec une tête d’enterrement alors que moi je suis heureuse.
Tu vois, je suis à quelques encablures d’un tombeau vide. Je vis à côté du point GPS de la mort et de la résurrection de Dieu unique fait homme. Dieu qui a accepté la mort et la descente aux enfers pour le salut de l’humanité. C’est un mystère d’amour qui me scotche. Qui me bouleverse.
Cela m’arrive souvent ces dernières années, devant ce tombeau vide, de méditer sur l’absence apparente des effets de la résurrection. Et plus ce monde tourne mal, plus grandit en moi une idée saugrenue. Saint Paul dans Colossiens 1, 24 prétend compléter en sa chair ce qui manque à la Passion du Christ, et bien devant le tombeau vide et la situation de la région où j’habite, je crois que nous sommes appelés à venir compléter en notre chair ce qui «manque» à la résurrection.
«Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix, là où est la haine, que je mette l’amour» ; c’est un extrait de la prière de saint François. Cela aussi tu pouvais pas comprendre. Tu vois François n’invoque pas Dieu pour lui demander d’agir avec une baguette magique. Il lui demande sa force pour faire ce que lui Jésus a fait.
Adel Kermiche


Eh ben Adel Kermiche, pour ce que ça vaut, moi je te pardonne et je te remercie de me faire entrer plus loin dans l’exigence de ma vie chrétienne. 
Maintenant tu as une éternité pour découvrir ce que tu n’as su que vociférer quand il faut le murmurer : Allahou akbar, Dieu est le plus grand. Et moi je ne le crains pas, je l’aime.

2 commentaires:

Elizabeth GARREAULT a dit…

Merci pour ce texte mais perso, j'avoue que je n'arrive pas à pardonner. Entre la persécution et le martyre, il y a peut-être un juste milieu et comme dit la torah, le sang des autres n'est pas plus rouge que le mien alors face à ces salopards, je me défends donc je suis.

Pascale CHATELUS a dit…

Bon, tu as réussi à me faire pleurer..
Bises à toi.