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mercredi 27 juillet 2016

Élections aux États-Unis : La peste ou le choléra



ÉLECTIONS AUX ÉTATS-UNIS : LA PESTE OU LE CHOLÉRA

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps 



Ceux qui auront à se prononcer entre Clinton et Trump, choisiront entre la peste et le choléra. Il est étonnant que le plus puissant pays du monde, qui donne des leçons au monde dans tous les domaines, soit incapable de trouver deux candidats de valeur face aux défis qui attendent le futur président. Le système est ainsi fait que les meilleurs sont éliminés au profit des moins vertueux, des populistes, des démagogues et des arrivistes. Les meilleurs s’en vont naviguer vers des chemins moins tortueux que les chemins politiques. Il est vrai que pour le pays le plus libéral du monde, les meilleurs éléments sont aspirés par la finance qui régente tout. 




Face à un vide sidéral, il est donc facile pour les populistes de prospérer quand l’élite égoïste n’est pas capable de gérer et de traiter les questions concernant les gens ordinaires, la majorité du peuple en quelque sorte. À présent ils s’appuient sur la crainte et sur un racisme à peine camouflé en prétendant que les gouvernements ne sont pas capables d’assurer à leurs concitoyens la sécurité au moment où prospèrent les terrorismes en tout genre.
Donald Trump est l’exemple type d’un candidat à la Maison-Blanche qui n’a pas été pris au sérieux au départ. On l’a identifié à un clown à l’image d’un Coluche qui avait réussi à déstabiliser la classe politique. Mais lui est allé au bout de ses extravagances. Son populisme s’exprime par des propos outranciers qui séduisent l’électorat blanc déboussolé. Les Républicains, dont il fait partie, sont désarmés face à ce phénomène. 

         D’esprit reaganien, le magnat de l’immobilier incruste partout son slogan «Make America Great Again», pour rendre à nouveau l’Amérique grande. Ses déclarations choquent Washington quand il qualifie les hommes politiques de corrompus ou d’incompétents. Diplômé de la prestigieuse Wharton School of Finance de Philadelphie, le candidat républicain vante sa fortune de plusieurs milliards de dollars pour montrer son indépendance vis-à-vis des lobbies.
Trump à l'AIPAC

Sa technique oratoire est éprouvée puisqu’il ne se sert pas d’un téléprompteur pour ses discours improvisés, avec l’exception du discours prononcé devant l’AIPAC, rédigé par ses deux conseillers juifs orthodoxes. Il reste imprévisible dans ses propos, surprenants ou choquants : «je serai le plus grand président que Dieu ait créé quand il est question de créer des emplois». Véritable tribun, populiste et démagogue, il ne choque personne par ses excentricités consistant à étaler ses richesses. Il insulte l’électorat féminin à travers une présentatrice de Fox News ou minimise les mérites du héros de la guerre du Vietnam, John McCain. 
            Tout est à l’excès lorsqu’il promet d’ériger un mur de 3.200 kilomètres entre le Mexique et les États-Unis et d’en faire payer la construction aux Mexicains, décrits comme «des criminels et des violeurs». Il envisage d’expulser les 11 millions de clandestins qui vivent en Amérique. Son discours anti-immigration avait choqué au départ mais il reste à la base de sa stratégie qui déstabilise ses concurrents ne trouvant rien de mieux que de lui emboîter le pas. Il vise cet électorat spécifique de Blancs sans formation universitaire, qui ne croient plus en l’État et à ses institutions, qui exècrent les élites et qui voient dans son discours un élan de type poujadiste, voire lepéniste.
            Trump sait marquer les esprits lorsqu’il s’appuie sur les statistiques précisant qu’en 2044, les Blancs ne seront plus majoritaires et que les États-Unis se préparent à un «génocide culturel». Il ne connaît rien à la politique étrangère puisqu’il confond les Kurdes et la force iranienne Al-Qods, le Hezbollah et le Hamas. Mais les Américains sont portés à croire que ce candidat loufoque est capable de gagner l’élection présidentielle. Sa politique populiste semble ainsi marquer des points. 
         Il a vite réorienté sa campagne en s’appuyant sur des conseillers juifs orthodoxes pour mettre un terme à l’accusation de ses adversaires le traitant d’antisémite et d’anti-israélien. Il lui fallait d'autre part muscler sa stratégie internationale. D’ailleurs les sondages montrent un certain frémissement à son égard de la communauté juive qui votait à 70% pour les Démocrates et qui rejoint le clan Trump, en particulier lorsqu’il s’agit de grands donateurs ou de grands experts politiques.

            Mais à l’autre bout de l’échiquier politique, Hillary Clinton rame et perd du terrain car les Américains n’apprécient pas ses changements de position politique qui finissent par lui enlever toute crédibilité et toute sincérité. Le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump a rattrapé voire légèrement dépassé sa rivale démocrate dans deux sondages. Elle donne l’impression d’agir par opportunisme, au coup par coup, en pillant dans le programme de ses adversaires comme si le sien était peu élaboré. Son comportement au sein de son propre parti est critiquable car ses méthodes ne sont pas très «catholiques».
Debbie Wasserman

Wikileaks a dévoilé près de 20.000 mails, échangés par les hauts responsables du parti démocrate, qui prêtent à polémique et qui pointent en particulier la partialité du parti dans la campagne électorale. La présidente du Comité national démocrate (CND), Debbie Wasserman Schultz, vient d’ailleurs de démissionner à la veille de la convention d’investiture de Hillary Clinton à Philadelphie. Ces courriels semblent confirmer les accusations de Bernie Sanders selon lesquelles le CND avait une préférence pour Hillary Clinton et a cherché à saborder la campagne du sénateur du Vermont.
Sanders vote Clinton

            D'ailleurs le 5 mai, pour mettre en difficulté le candidat Sanders, le directeur financier Brad Marshall avait demandé à ses collaborateurs de lui poser une question indiscrète sur «ses croyances» : «Croît-il en un Dieu. Il s'est cantonné à dire qu'il a un héritage juif. Je pense avoir lu qu'il est athée. Cela pourrait faire plusieurs points de différence avec mes gens. Mes personnes de l'Église baptiste feraient une grosse différence entre un juif et un athée». Trump, choqué par les accusations contre son adversaire, avait même pris sa défense : «les emails du parti démocrate qui ont fuité montrent les intentions de détruire Bernie Sanders. Se moquer de son héritage est vraiment brutal, voire truqué».
            Hillary Clinton a tout fait pour fausser le débat à la primaire démocrate par un comportement indigne. Elle était absente lorsque le modérateur avait posé une question à Bernie Sanders. Elle a planifié son retour à ce moment précis pour que les applaudissements de la foule rendent inaudible la question. C’était pour le moins peu délicat. En fait, les chefs du parti démocrate se sont acharnés à minimiser les débats pour neutraliser les avis négatifs contre elle. Alors elle n’a rien trouvé de mieux que de piller le programme de Sanders pour prendre à son compte ses revendications les plus populaires.

            Ses hésitations et ses revirements de stratégie ont choqué même ses amis. Elle était opposée au mariage gay mais elle s’est ensuite ravisée. Elle était virulente contre les immigrés illégaux jusqu’à vouloir les priver de permis de conduire mais à présent elle est favorable à une amnistie générale. Elle avait défendu le programme TARP et les plans de sauvetage de Wall Street, et à présent elle prône de laisser les banques faire faillite. Elle tente de gommer de sa carrière la période où elle officiait en tant que Secrétaire d’État d’Obama alors qu’elle appliquait une politique interventionniste en faisant croire que c’était celle Barack Obama.
            En fait, durant ses fonctions, elle était favorable à la stratégie des Bush qui souhaitaient que les États-Unis soient les gendarmes du monde et elle l'a dit : «Si les États-Unis ne dirigent pas, personne n’est là pour s’en charger. C’est un vide sidéral». En fait elle veut masquer sa responsabilités dans les échecs de la politique étrangère suivie sous l’ère d’Obama, durant le premier mandat.
            Elle a cherché à prendre à son compte les propositions populistes de Bernie Sanders. Bien que Clinton ait une large avance sur Trump, le doute s’installe à présent alors que les Américains étaient persuadés que l’élection était pliée. Or 60% des électeurs estiment à présent qu’Hillary Clinton n’est pas «honnête et de confiance», et que ses changements d’avis des derniers mois en direction de Bernie Sanders ne vont pas l’aider sur ce plan.
            En réalité elle faisait illusion car elle a toujours soutenu les banques de Wall Street au lieu de laisser le marché décider. Elle a fait preuve de timidité quand il fallait défendre les libertés individuelles allant jusqu’à proposer la surveillance étatique des citoyens et justifier l’excès de pouvoir dans la guerre contre le terrorisme et contre la drogue.
Tim Kaine

            Dernière décision ratée de Clinton qui fera fuir certains électeurs juifs : la nomination de Tim Kaine comme vice-président de la candidate démocrate. Quand il était gouverneur, il avait nommé un leader musulman anti-Israël, favorable au terrorisme, à la tête de la Commission de l’immigration. Par ailleurs le sénateur de la Virginie était favorable au boycott à l’égard de Benyamin Netanyahou au Congrès en 2015, et il ne fait pas mystère de ses liens avec les ONG d’extrême-gauche. Les électeurs juifs apprécieront au moment de leur vote le drapeau palestinien déployé à la Convention démocrate. D'erreur en erreur.

            Bref, les Américains devront choisir entre le moins pire des deux candidats pour occuper le bureau ovale et cela ne sera pas facile pour eux.

3 commentaires:

Maher BEN GHACHEM a dit…

Pour un si grand pays à la tradition démocratique bien établie, ne pas trouver des candidats plus jeunes, ce n'est pas rassurant pour l'avenir du monde. Ils n'ont aucune crédibilité internationale. Comme quoi c'est une fausse démocratie ou l'argent est le maître du jeu. Bonne journée

Herve23 a dit…

Le Monde est en feu. Feux allumés exprès par les extrémistes pour avoir un rigide de droite en face deux (et de justifier ainsi leurs massacres futurs).

Churchill Churchill où es tu ? On va souffrir collectivement pour 5 ans, mais nous vaincrons à la fin.

Messieurs les dirigeants, formez nous à rester résiliant, à subir sans haïr , à procréer en confiance pour l'avenir de nos enfants/petits enfants.

Aidez nous à croire en des institutions solides et pérennes (La Religion etant , Elle, une conviction personnelle, choisie).

Trump (qui n'a pas à se compromettre vu sa fortune) pourrait montrer au Monde que les USA sont toujours là (malgré ses dires).

Il ne faut pas croire à l'isolement américain. Vive l'Amérique ! Vive l'Europe (à naître d'urgence) ! Vive les individus fous d'amour !... Seul l'amour sauvera ce Monde carié.

Aaron a dit…

Bonne chance Mr.Trump.