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mercredi 22 juin 2016

Yaalon la colombe du cabinet israélien



YAALON LA COLOMBE DU CABINET ISRAÉLIEN

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



La démocratie israélienne fonctionne avec des règles strictes qui empêchent le premier ministre de prendre seul les décisions engageant l’avenir sécuritaire d’Israël. Le Cabinet de Sécurité des principaux ministres, organe suprême du gouvernement, est souverain en matière d’actions sécuritaires et, bien sûr, en matière de guerre. Le rapport de force était au profit des partisans de méthodes dures, voire dissuasives, et en ce qui concerne l’Iran d’une attaque contre les usines nucléaires iraniennes.




Mais il est paradoxal de constater que les «faucons» du gouvernement n’ont jamais été ceux auxquels on s’attendait. Moshé Yaalon, ancien chef d’État-Major, a été fermement opposé à toute action militaire. Après les postes militaires qu’il a occupés, on estime qu'il sait de quoi il parle. Il doit détenir des informations militaires confidentielles qui justifient sa position mitigée. Pour lui il ne s’agit pas de savoir si Israël devrait attaquer l’Iran mais quand : «Mon expérience avec la guerre est qu’elle ne devrait se produire qu’en tant que dernier recours». De ce point de vue, il était sur la même ligne que l’ancien chef du Mossad, Méir Dagan, qui estimait que l’attaque devait être menée en dernière extrémité, s’il n’y avait pas d’autre choix. Il est difficile de penser que ces deux monstres sécuritaires s'exprimaient à la légère.
Shaoul Mofaz

Shaoul Mofaz, qui était le chef de file de l’opposition au sein du Parlement israélien, avait aussi  emboîté le pas à son ancien collègue au gouvernement. Il avait jugé que des frappes préventives contre l’Iran engageraient Israël dans une «guerre catastrophique». Le chef de file du parti centriste Kadima avait ainsi affirmé que la pays était en train de «préparer une action hâtive et irresponsable».
Moshé Yaalon n’avait pas apprécié la volonté de dramatisation de Benjamin Netanyahou qui, dans une comparaison douteuse pour parvenir à ses fins, voulait assimiler certains aspects de la Shoah à la menace nucléaire iranienne : «Il y a beaucoup de sensibilité implicite dans la comparaison entre 1938 et nos jours. Cette sensibilité est compréhensible. Mais il n’y a rien qui puisse être comparé à la Shoah sauf certains comportements typiques de l’Ouest que nous avons vu à la veille de la Seconde Guerre mondiale».
Yaalon n’est pas un pacifiste et il l’avait démontré dans son opposition à Ariel Sharon lorsqu’il avait refusé le désengagement de Gaza et avait demandé à être relevé de son poste. Il fonde sa thèse sur deux stratégies : la dissuasion et la guerre soft. Selon lui, l'Iran renoncera à son programme nucléaire s'il doit choisir entre cette option ou survivre. Il est convaincu que l’Iran mettra un terme à son programme lorsque les Occidentaux et les États-Unis afficheront une fermeté en menaçant de détruire le régime s’il persistait dans son entêtement. Mais il n’était pas dupe sur les négociations car il avait appelé l'Occident à ne pas «tomber dans le panneau une nouvelle fois» lors des discussions sur le nucléaire iranien.
Mais l’ancien ministre préfèrait, en deuxième voie, la guerre cybernétique. Il préconisait de contrer la menace nucléaire iranienne par le recours à de puissants virus informatiques, comme la cyber-arme Flame : «Il est justifié, pour quiconque considère la menace iranienne comme une menace significative, de prendre différentes mesures, y compris celle-là, pour la stopper». Cette déclaration à la radio militaire avait été jugée osée car elle alimentait les spéculations sur une possible implication d'Israël dans le programme informatique de destruction des systèmes de contrôle des centrifugeuses nucléaires.  Il estimait que «Israël est en pointe dans les nouvelles technologies et ces outils nous offrent toutes sortes de possibilités».
Cabinet de sécurité

Ses prises de position prudentes au sein du cabinet de sécurité ne peuvent pas être assimilées à une lâcheté face au danger car ses états de service sont éloquents. Ils estiment d’une part que l’Iran n’a pas encore atteint la côte d’alerte et, d’autre part, qu’il existe des armes redoutables cybernétiques qu’il faut d’abord utiliser avant de prendre le risque d’envoyer à la mort nos soldats.
Israël a toujours fait confiance à son armée et à ses chefs parce qu'elle est une armée populaire de conscrits. Il ne revient à aucun civil de mesurer à leur place les risques encourus par le pays. L’armée propose et le gouvernement dispose. Le jour où la population se mettra à douter de Tsahal, alors Israël sera véritablement en danger et ressemblera à tous ses voisins. 
Moshé Yaalon a été de ceux qui ont demandé à la population de lui faire confiance dans ses choix sécuritaires. Aujourd’hui, plus que jamais, alors qu’il a quitté le gouvernement, il veut conduire le mouvement qui s’est donné pour objectif de mettre hors jeu Benjamin Netanyahou.  


1 commentaire:

Eric LEBAHR a dit…

On peut etre du likoud, mais etre épris de paix malgré tout. On peut s interroger à juste titre sur la faisabilité d une telle paix sur le terrain. On peut être réaliste, constater le manque d empressement des ennemis irréductibles de l etat juif , à favoriser l avénement d une telle paix. ( doux euphémisme)... A l inverse, on peut être une " colombe" du parti travailliste... Mais être aussi un pigeon , qui lui meme " prêche dans le désert"...dans tous les cas, il convient de ne pas sombrer dans les caricatures faciles...